Le Président, d’Yves Jeuland

Au MK2 Beaubourg est diffusé cette semaine une sorte de reportage amélioré, disons de la télé réalité violée (tout dépend du point de vue) : il y a des gros mots et du bon Français.

Le bon Français est celui qui parle de la vraie vie, au vrai peuple. Le bon français, politicard, de gauche et qui s’appelle George Frêche, est celui qui bavasse, qui potine, qui s’acharne comme un chien édenté sur un os sans moelle. C’est celui qui dénonce le politicard de droite ou de gauche aubriste parce qu’il ne fait de vraies propositions, de vraie politique de celle de la place publique. Loin des mocassins cirés du VIème arrondissement de Paris.

Il dénonce en criant fort qu’il dénonce, en insultant et en roulant dans la merde verbale ses adversaires. Sans jamais argumenter, sinon par un « il ne serait rien sans moi ».

C’est celui qui sait discourir en mangeant avec les doigts de la charcuterie. C’est celui qui envoie chier, et qui le fait savoir.

Un flm à couper le souffle sur la politique de cour, celle qui s’assume. Un film sur la real-politic, donc, parce que s’assumer dans le langage publicitaire, ça veut dire faire du real.

Cela fait vingt ans que je fais de la politique à gauche. Soit celui qui s’interroge sur mon orientation politique est un conard, soit c’est moi qui suis vraiment malin. Et je choisis la deuxième solution.

Extraordinairement banal, laid et mesquin, le personnage est jeté en pâture aux rires du public. On reconnaît les techniques d’intimidation par le rire de Sarkozy et le culte de la personne de Mitterrand. On rit beaucoup. On oublie vite qu’en 1h20 de film, il n’est question à aucun moment de questions politiques.

A voir, à diffuser, pour ne pas oublier.

– (quelqu’un du staff de G.F.) :  C’est plus simple de bien vendre un bon produit, non ?

– (le « pubard » de G.F.) : Oh, tu sais, il nous a fallu dix ans pour vendre du Yop. Tout est possible.

Publicités