Tu écris à un mec tu y mets tout ton coeur ton âme et te rends compte qu’il y a 150 000 aussi débiles  sur facebook tu lis tout. Tu remplis en dur ta coupe d orgueil,  vanité fossilisée que tu avales : ça coince dans l’oesophage. Frottements déchirants dans le tube qui relie ta bouche à ton anus. Au lieu de declarations d’amour absconses et naïves – ça te rassurerait – certaines encore mieux que la tienne du genre mysterieuse – pourtant toi fort pour le mystère à la petite semaine – que le fanatisme qui n’apporte rien putain. Il n’est pas dans ta classe gustave alors quoi dire quoi faire ce mot écrit derrière un ticket de métro ça t’aurait rendu spécial mais non. Tu es juste une voiture qui cherche une place dans un parking de centre commercial, une veille de Noël, et ton mystère aussi affreux que la métaphore qui précède.
Il joue de l’accordéon, le long du couloir qui relie ligne 4 et ligne 1, à Châtelet. Il porte une sorte de masque d’ornithorynque pour qu’on ne le reconnaisse pas. C’est son mystère, le mystère vaniteux des perruques en soirée déguisée : je sais qui tu es. Bien sûr je le reconnais, je le regarde, je suis fasciné par la petite trompe raide en plastique qui remplace son nez. Ce n’est pas vraiment un ornithorynque, plus un éléphant d’eau qui jouerait de l’accordéon le samedi après midi au lieu de faire ses devoirs de maths. Je fais quelques pas pour écrire dans ma main qui tient le ticket un mot de mystère, lui dépose dans la casquette qui fait la manche pour lui.
Gustave a posé les yeux sur moi. Je lui ferais bien un  bisou.

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