hôpital

Mon petit fils est venu voir sa grand-mère aujourd’hui et j’ai vu dans son regard la curiosité de celui qui se demande comment, lui, il va mourir. Il est là en éclaireur de la vie sienne, comme pour choisir l’heure et la date de son suicide, et ne pas finir comme moi, dans des couches et une odeur de septivon. Il a pris quelques images de l’hôpital, ça finira sur Facebook, me dis-je. Une nouvelle façon de faire passer mon temps : le regarder dans ces endroits d’ennui profond exprimer sa vanité insatiable.

Ce ne sont pas des téléviseurs qu’ils devraient louer à l’hôpital, mais des smartphones avec des comptes Instagram. On m’apporte une tisane au tilleul, suivie de choses solides qu’il faudra avaler pour reprendre des forces, me dit ma fille. J’avale un peu mais boulimique d’une vie qui s’étiole,  je vomis intérieurement ces restes qu’on m’offre pour finir la mienne.

A demain mémé, me dit-il quant il part, les yeux rivés sur son téléphone.

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