Comment faisaient-ils, Duras, Joyce, Cocteau, Beckett pour draguer ?
Je veux dire ils utilisaient leur verbe ? Ils faisaient lire leurs épreuves ? Envoyaient une édition limitée numérotée ?

nous avons été ridicules.

Je t’ai comme sali, t’avoir un peu séduit.

La chose formidable de la vie d’hier, le soleil. Ah non c’était de lire que Beckett avait écrit sur le bonheur. Je relis Beckett pour ça.

Le dernier mot de Mal Vu Mal Dit.

Il a fait beau hier. Un soleil d’hiver, un soleil de mois d’août, un soleil froid comme la mer en été, qui solidifie ma conscience et tente d’expurger ma vanité. on peut tout écrire, tu vois, il y a des latitudes inexplorées où ça fera sens. j’aimerais te haïr comme je t’aime, pour la même raison que t’aimer c’est m’aimer, vol aller simple, on fait nos valises pour toujours on part. on peut tout écrire mais c’est comme une insulte se savoir lu par toi, une insulte de moi à toi. être amoureux c’est confronter son orgueil malsain à une vanité plus grande et plus belle que soi même, qu’on croit belle et salutaire pour sa petite personne mal faite. j’aimerais m’ouvrir et me donner à un garçon comme toi, un jour, ne plus jamais penser par soi pour soi de soi. attendre la mort à deux, allongés dans un coin, sous le porche d’un grand magasin, on aurait mis des cartons par terre et la couverture pour nous protéger. tu serais collé à moi, je serais collé à toi, c’est symétrique, il y aurait le monde alentour et l’espace sous la couverture, infranchissable, cocon affectif qui protège le monde alentour de nos peurs de nos mots aussi mal écrits mal placés. Mal dits.

on mourrait dans l’indifférence. Une indifférence décidée de nous, oeuvre mortelle de notre orgueil mis en commun, et dire au monde entier sans qu’il le sache. qu’on peut le faire si on est deux. vivre.

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