suspendu

 

Ces quelques dizaines de tickets de cinéma qui encombrent l’étagère.
Pourquoi donc les garder ? Vanité de dire à ses invités oh regardez tous les tickets.
Sûrement.
Preuve tangible que i was there. Oui, aussi.
Pour l’exemple je vais les jeter.
C’est fait.
Que restera-t-il de moi après ma mort ?
Son grand-père s’est suicidé. Un matin, le deuxième jour du nouvel an chinois – Hsing avait dix ans – le grand-père s’est levé, plus tard qu’à son habitude. Il n’est pas allé dans les champs de thé apprécier le travail des cueuilleuses. Il s’est levé comme un adolescent, à onze heure du matin. Il a erré dans la grande maison.
Le lendemain, il s’est suspendu au coin de la maison. Suspendu, on dit bien suspendu, en français ?, me demande-t-il. Non, on dit pendu quand c’est par le cou.

Je me dis que les quelques objets dont je suis fier sont ces électrons dans des état de spin particuliers et qui permettent de garder ces mots, que j’écris, ceux-là, là, ci-dessus dit-on, quelque-part.
Vanité, certainement.
Peur de la suspension définitive.

 

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