Dans la brume électrique, de Bertrand Tavernier.

Film de genre, qu’on dirait Américain mais fait par un Français, avec une star à l’affiche. Je n’aime pas les films avec des titres en américain mais dont les mots sont français.

Pourtant, j’ai bien aimé, malgré cette appréhension.

L’un des plans « gagnants » du film est ce long travelling sur la GMC du héros, roulant sur une route surplombant une plaine inondée, où les arbres forment de petites îles de verdure. Un plan presque documentaire, la caméra passant doucement de la plaine inondée au pick-up.

Comme Gran Torino, c’est un film sur la nouvelle Amérique, la décadente, celle qui perd, ou qui commence à perdre et ne plus savoir user de gâchettes et de poudre comme exutoire artistique. Les armes sont bien là, mais lasses et qui ne protègent plus que de ce mec qui sort des chiottes préfabriquées, le caleçon sous les genoux. Oui, un peu too much.

Là où Gran Torino pêchait par la linéarité de son intrigue, on s’amuse ici à visiter plusieurs stratagèmes scénaristiques, assez ludiques : le coup du papy fantôme qui revient, c’est  marrant.

J’ai aimé oui, mais en ayant la certitude que ce plaisir ne tient qu’à la performance de ces comédiens.  Tavernier n’est pas loin de faire un fim de Français – qui regarde Arte – sur les Etats-Unis, avec des grosses voitures, des gros messieurs, des femmes flics rondelettes et hispaniques du FBI qui se permettent de fouiller dans les affaires du lieutenant shérif.

Parfois, je l’avoue, j’ai pensé à Pamela Rose.

Publicités