Le livre blanc, de Jean Cocteau. Bandant.

Dans Tétu de cet été sont présentés quelques extraits d’auteurs qui ont écrit sur le sexe gay. Je ne connaissais pas Le Livre Blanc, de Jean Cocteau. Dans cet ouvrage, protéiforme dans son édition de poche puisque qu’il lui est associé d’autres textes (poèmes…) et dessins, Cocteau raconte la découverte de sa sexualité différente, dans le cadre du début du siècle dernier.Qu’il est facile pour les pédés du 21ème siècle, d’oublier avec quelles difficultés les rencontres entre garçons se faisaient, avant le PACS, le FHAR et la GAY pride. Chose amusante, il y avait même des FAP (filles à PD) !

Le pédéraste reconnaît le pédéraste comme le juif le juif. Il le devine sous le masque, et je me charge de le découvrir entre les lignes des livres les plus innocents. Cette passion est moins simple que les moralistes ne le supposent. Car, de même qu’il existe des femmes pédérastes, femmes à l’aspect de lesbiennes, mais recherchant les hommes de la manière spéciale dont les hommes les recherchent, de même il existe des pédérastes qui s’ignorent et vivent jusqu’à la fin dans un malaise qu’ils mettent sur le compte d’une santé débile ou d’un caractère ombrageux.

Entre autres amants réguliers, Cocteau évoque le vrai Dargelos (l’un des personnages de Les Enfants Terribles), en tout cas présenté comme tel : leur rencontre, leur bref flirt à la sortie d’un cours, et la mort de l’un des « amants ». Si l’homosexualité, dans le monde des grands, est répudiée, rien n’est moins sûr, si on lit Le Livre BLanc, concernant les jeunes pré-pubères. En tout cas jusqu’en classe de seconde…

Le livre se termine brusquement, comme s’il avait été avorté avant d’avoir été créé. Cocteau ne le signa pas, même une fois l’avoir illustré.

Je comprends fort bien qu’un idéal de termites comme l’idéal russe, qui vise au pluriel, condamne le singulier sous une des ses formes les plus hautes. Mais on n’empêchera pas certaines fleurs et certains fruits de n’être respirés et mangés que par les riches.

Advertisements