Hétérophilie, sport familial.

Aux mêmes causes, les mêmes effets.

Hier soir, petit détour avec ma sœur au z’accros d’ma rue. Nous habitons à trente minutes en voiture de Nevers, alors c’est moi qui conduit petite sœur. Chacun des deux rejoint son amoureux neversois, bonne soirée.

Retour le soir. Je demande à ma sœur où je ramène son mec.
Et bien, chez nous, évidemment !

Evidemment. Et le mien ? Le mien rentre chez ses parents, car mon coming-out a mal été apprécié par mes parents. Parce qu’il n’y a pas pire tabou que les choses qu’on a dites et oubliées de répéter.

Alors je les ramène, mes hétéros de sœur et beau-frère, et je découche. Aller-retour.

Le lendemain, retour dans la cellule familiale. Il y a le déjeuner, dans la salle dédiée, la télévision est éteinte. Johan, le copain de ma sœur, à ma place habituelle. Moi, à la place de ma mère. Mon père, toujours en place centrale, en bout de table, comme un symbole. Je parle boulot avec ma mère. Mon père me reproche de trop parler.

« Mon » J. est absent. Quelle place aurai-t-il occupé ? J’imagine le futur, les repas familiaux dominicaux, le fils pédé, sa sœur avec les enfants. Cette maison est décidément trop petite. J’ai tellement envie de l’animer. Que ça ressemble à une famille, que ça courre, que ça braille, que ça rit et que ça sente l’alcool dans l’air. Mais là rien. Je finis mon verre, que cher père a finalement daigné remplir. Je pense à Paris. Je pense au blog, à J., à Matoo, aux pédés en général, à ce rite passage qu’est la foirade familiale.

2008, je suis Parisien.

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Une réflexion sur “Hétérophilie, sport familial.

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