Louise Bourgeois en Vélib

Cynthia,

Ton cher frère, petit à petit, se transforme en Parisien. Je m’affuble de jean’s qui moulent vraiment trop, de chaussures vraiment trop pointues, et d’une carte UGC vraiment illimitée. Parfaitement détestable, je m’aime.
Ah, et je fais du vélib, oui. D’ailleurs, tout ce qui a été dit à ce sujet est vrai (sur des blogs fréquentables, et d’autres à éviter pour leur mauvaise foi). Pourquoi en rajouter ?

J’ai pu affronter hier quelques-unes de mes dernières couardises : ma hantise des musées d’art contemporain. La dernière fois, c’était à Beaubourg (toujours), lors de l’exposition sur Samuel B. Après quelques heures en compagnie de l’auteur dramatique, la fatigue avait entraîné quelques nausées dès que j’avais pénétré dans les galeries consacrées au Contemporains.
Hier, bien accompagné, je retentais une percée chez les dingues. En ce moment, rétrospective Louise Bourgeois (une dame très vieille qui porte une fillette dans ses bras). La première oeuvre est une allégorie de la cellule familiale, thème cher à la dame. En effet, le père Bourgeois, bourgeois pour de vrai vue sa baraque de Choisy-Le-Roi, ramenait ses maîtresses à la maison. Elle traduit cette ambiance par une sculpture de le maison familliale en marbre blanc, enfermée dans une cage en grillage métallique, le tout surmonté d’une guillotine. Quel accueil.
Bref, le reste est assez excellent, fait d’araignées qui dévorent le créateur, qui le subliment, qui s’en enfuit… De sculptures phalliques flippantes, de sortes de monstres hermaphrodites sensés représenter le père. Bref, le cauchemar sidérurgique, le cauchemar corrosif plutôt, le cauchemar du créateur enfermé ou suspendu, mais qui n’en finit pas de s’élever…
C’est ça que je retiens. S’il y a à retenir. Car Jérémy me dira, plus tard, que l’art est beau dans son inutilité.
Le reste du musée est très beau. J’ai pu y pénétrer, enfin, plus de dix minutes, grâce à mon garde du corps cultivant ton pauvre frère (et captivant et…). Et bien, c’est vrai. Au Centre Georges Pompidou, il y a bien une oeuvre d’art composée de pièces métalliques qui servent à faire des faux plafond posées contre un mur… D’invraisemblables artistes, aussi, qui peignent des monochromes blancs. Inutiles ? N’est-ce pas là un avant-gardisme génial, de l’art participatif, dont le sens apparaît que s’il est vu, oeuvres incomplètes sans le regard de l’observateur. De l’art quantique en quelque sorte, qui devient tangible qu’à la condition qu’il soit vu. Cela crée chez le petit prolo gay qui se prend pour un Parisien des réfexions infernales. Je comprends cette expression monochrome, je ne la comprends plus, je la comprends parce que je ne peux pas la comprendre, et si j’oublie que je ne la comprends plus alors elle m’apparait. Et ça m’abysme.
Bref, à suivre, ce que je dis.
Cela me permit de gribouiller un peu (voire ci-dessous pour les dits gribouillages)

Donc, la prochaine fois, c’est accompagner de ma styliste de soeur ? Tu seras la touche finale de mon déguisement. Je m’entends déjà déblatérer, au comptoir du Reflet : « Mais tu sais, ma soeur, la styliste ! »

A bientôt.

Parapluie

Thème éculé par :
[Matoo][Bernard Alapetite]

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