The one who left

Le Samedi 18 Août,
A Nevers.

Cher T.,

Dans la ville de mon lycée, de mon premier baiser, de ma première clope.

Nevers n’est pas Sans Francisco. Quoique je ne connaise pas Francisco, mais à ce qu’on dit, il est de bon parti.

Je remplis des formulaires. A longueur de journées. Je trie, je compare et j’analyse.
Mon collège d’affectation de l’année prochaine ? Et bien le choix est fait en fonction de son taux de population défavorisée. Statistique très cynique sur un site d’IUFM. Mais rassurante.
Une colocation. Hétéro ou homo. Fumeur, ou contrarié ? Je serais votre voisin de pallier, si tu coches les bonnes cases.
Des formulaires pour une voiture. La marque, l’année mini, le prix maxi, diesel ou essence.
Des formulaires pour un mec. Actif, passif. Parisien, ou non. Désespéré, ou philosophe. Rêveur tel un balai à chiottes, il exprime ma mélancolie dans un profil, en 160 caractères.

Je vis entouré de petites cases. Je coche et décoche, j’achète du sulfurisé, de l’analysé, du triphasé. Du prêt à enfiler. C’est très pratique.

Sauf que je fuis. De celui qui reste, je suis devenu celui qui part.

Barry Malheur au pays des pédés. Le premier chapitre sera The one who left.

I miss you, je crois.

Anyway…

On s’en fout.

Parapluie

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4 réflexions sur “The one who left

  1. L'Elephant says:

    Bon alors, on va reprendre depuis le début. 1: c’est « the one who left » pour être exact et 2: si tu pars de quelque part, c’est que tu arrives ailleurs (si si regarde-z-y de plus près, c’est logique) et, dans mon expérience, si tu arrives quelque part, c’est que quelqu’un t’attend là, même si tu ne le sais pas et lui (eux?) non plus. Alors, pas de crainte, que des opportunités!!

  2. Parapluie says:

    Soit. Je suis pas encore « The one who arrives ». Quand je serai celui qui arrive,je pourrais arriver de quelque part d’où je suis parti. Ce n’est pas simple, je vous l’accorde.
    🙂
    Sinon, je me suis auto flagellé une bonne demie heure hier soir pour cette faute !
    La beauté toute relative du jeu de mots me fit perdre mon anglais.

  3. L'Elephant says:

    La flagellation n’est pas nécessaire, sauf si elle vous apporte quelque plaisir bien entendu… Et puis qu’on le veuille ou non, que vous le désiriez ou le redoutiez, vous arriverez toujours quelque part, fut-ce purement par l’esprit, mais j’espère pas uniquement en tant qu’esprit pur, ce serait dommage qu’une telle subtilité se vaporise avant d’être arrivé.

  4. Asuka says:

    Je n’ai pas compris la plupart de votre écriture, mais la ligne « De celui qui reste, je suis devenu celui qui part » est très poétique. Je l’aime beaucoup.

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