J’ai vu Volver.

Le Samedi 9 juin 2007,
A Saint Léger des Vignes.

Cher Troy,

Je viens de terminer Volver, le film de Pedro Almodovar que tu m’as envoyé. Le générique défile en ce moment même. C’est un film populaire, sans que ce terme n’ait ici une connotation péjorative.
Par quelques aspects, j’y ai vu mes tantes, mes cousines, quand le dimanche ou les jours de fêtes, elles racontaient les histoires de famille en faisant la vaisselle dans la cuisine, chez ma grand-mère.
J’ai regardé le film comme un livre d’images: du rouge, du vert, du bleu. C’est très agréable, et bien que cela se passe à côté de Madrid, le vent qui souffle sur le petit village est très rafraîchissant. Le choix délibéré de filmer en couleurs est plaisant. J’entends par là que les tons des lieux, des accessoires et des costumes sont vifs et éclatants, ce qui rappelle un 8 femmes (François Ozon).
Je ne sais pas si le terme est bien choisi, mais cette oeuvre respire d’un certain réalisme. Il n’y a pas que les couleurs qui soient primaires, les moeurs de ces nanas sont simples, basiques, naturels si je puis dire. C’est assez effrayant par certains égards.
Néanmoins, ce n’est pas mon Almodovar préféré. Volver est loin de l’émotion de « La mauvaise éducation ». Le scénario est faible, l’issue peu surprenante. Peut-être suis-je moins sensible aux thèmes abordés (inceste, viol, deuil) ?
Mais il est plus drôle, plus cynique, parce que les femmes qui sont filmées ont un charisme tel qu’elles épatent à tout instant, si bien qu’elles passeraient presque pour des Desperate Housewives avant l’heure. Avec, dans les yeux, une verve ibérique que le talent d’imageur d’Almodovar sait saisir à la perfection. Ma scène préférée est l’ouverture : dans un cimetière venteux, des veuves entretiennent en choeur les tombes de leur défunt mari.

Merci d’avoir partager cela avec moi.

Parapluie.

Publicités