Vous reprendrez bien un petit peu de mauvaise foi transgénique ?

A Clermont Ferrand,
Le Lundi 4 juin 2007.

Cher Christophe,

Je repensais à cette discussion que nous eûmes au sujet de l’innocuité des OGM. Je suis parfaitement opposé à la culture des OGM pour la consommation humaine. Tu me rétorquais, à juste titre, que mes arguments n’étaient fondés que sur la propagande GREENPEACienne que je subis assez aisément. Tu m’expliquais que la technologie OGM, qui repose sur le contrôle de certaines mutations intéressantes, étaient inoffensives : nous-mêmes, dignes représentants d’une espèce humaine, sommes des rejetons de mutants qui ont réussi, dont la nature s’est faite grâce aux mutations (voir le darwinisme génétique). En argument d’autorité, tu m’indiquais que tu avais assisté à une conférence dans ton laboratoire de génétique, confirmant cette thèse rassurante.
A cela, je ne trouvais que des

 » Euh, je te jure, j’ai entendu un truc sur un podcast de futura-sciences, au sujet de rats qui auraient bouffé de l’OGM et que ça a rendu malade… « 

Imprécision fatale, qui fait perdre toute autorité dans un débat. Mes compétences en génétique sont lycéennes. Quelques semaines sont passées, et voici l’article dont je te parlais. La source est sûre. Cela s’appelle un uppercut, mon cher Christophe, pour utiliser si tu le permets un terme de rhétorique de comptoir. Les OGM ne sont pas inertes. Ce qu’un enfant de cinq ans pourrait prévoir, j’entends par là le fait qu’un organisme qui synthétise de l’insecticide est dangereux, a été confirmé pour la première fois sur des rats. Le lot nourri au bon OGM de MONSANTO a vu une augmentation significative du taux de sucre et de graisse dans le sang, une prise de poids pour les femelles, un dérèglement du fonctionnement rénal, et un amincissement des mâles.

Je passerai bien sûr sur le silence des médias, trop occupés à composer autour de la couleur de veste de Ségolène, parce que je m’en fous et que je ne m’informe pas par ces réseaux ovins. Je passerai aussi sur cette loi qui ne vient pas qui ferait la publicité de l’utilisation d’OGM dans la nourriture des bêtes à beefsteack. Je n’évoquerai pas non plus le beau cynisme de la multinationale qui se dit résoudre les problèmes de malnutritions sur la planète à coup de modification de la nature.
Seulement, c’est un fait. Il y a une expérience qui révèle un danger. C’est peut être rien. Cela me fait penser à ces publicités pour les matières radioactives au début du siècle dernier, peu après la découverte et la purification de matière radioactive par Marie Curie. Bien sûr c’était une découverte du siècle, alors nos bons publicitaires s’en donnèrent à coeur joie :

Les premiers succès de la Curiethérapie enthousiasment les foules. On assimile l’action des substances radioactives à celle de certains médicaments. (…) En dépit de l’exaspération impuissante de Marie Curie et de Claudius Regaud, on boit du thé additionné de radon, on incorpore des sels de thorium ou de radium dans les crèmes de beauté ou le rouge à lèvres, on crée même un système de circulation de radon pour l’eau du bain (Source : Pour la Science, Trimestriel Nov. 2001 – Fév. 2002)

Hallucinant, non ? En décalage parfait avec l’attitude « post-68arde EcoloHulot buveur de tisane équitable le soir devant mon plasma » qui fait fureur en ce moment (un jour, je ferais cet article sur les deux supermarché bio qui cernent ma rue…).

J’avais envie d’être de mauvaise foi, c’est réussi, n’est-ce pas ?

Ajoute à cela un pouvoir décuplé des multinationales, qui par un lobbying aggressif ralentissent les prises de décision quant au principe de précaution, et nous voici en 2007, à bouffer des l’OGM sans le savoir, avec l’aval citoyen de cette planète qu’on va nourrir avec notre bricolage génétique. Il y a bien quelques laboratoires indépendants qui lèvent le bras : Eh ! Eh ! Nous on n’est pas d’accord ! Tu sais, le genre d’institution qui laissent à leurs employés la liberté de considérer un problème. Je suis mal placé pour critiquer cette attitude, parce qu’en tant qu’étudiant en physique, ancien élève d’une école de Génie Civil, j’ai tout entendu, que le nucléaire était la seule solution énergétique, et que le béton était un matériau de développement durable.

Bien-sûr, on m’expliquera que ces méthodes agroalimentaires limitent l’utilisation de pesticides. C’est la fausse bonne idée. Ou comment remplacer du caca en aérosol par du caca en hélice peptidique. Cela me débecte.

Bref, revenons-en au sujet… Dis, j’ai gagné, t’es d’accord avec moi ?

Parapluie

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2 réflexions sur “Vous reprendrez bien un petit peu de mauvaise foi transgénique ?

  1. Personne n’a vraiment envie de se faire transgeniquer…

    Et bien je pense que les OGM, ça peut certes faire peur, mais tant qu’on fait un contrôle très strict et de très nombreux tests, je pense qu’on peut avoir un peu de confiance tout de même. Puis je crois qu’à la base, ils sont utiles pour éviter d’autres traitements sur le plante qui pourraient être bien pire pour la santé… À voir.
    Mais ton analogie sur le nucléaire à l’époque des Curie est intéressant.

    Mais de toute façon on ne vivra pas assez longtemps pour voir si les OGM ont des effets sur les gens parce qu’on va tous crever d’ici quelques semaines : le climat est tellement malade que vu les tempètes auxquelles on assiste, on va soit se prendre un déluge, soit une pluie de météorites. Bref… Bloggons de bonne humeur en attendant la mort.

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