L’épilation n’est pas un truc de pédés

A Clermont Ferrand,
Le dimanche 13 Mai 2007

Ma chère Liane,

Promets-moi que ces trois jours de souffrance sont les derniers que mes mollets subiront. Que si cela m’a fait aussi mal, c’est seulement parce que mes poils de jambes se prenaient pour des cheveux. J’ai sué à grosses larmes, j’ai prié, crié le nom de mon petit copain, j’ai repassé dans ma tête ce passage dans la petite sirène où Ariel fait ses premiers pas d’humaine, et tordue de douleur, on lui rappelle :

Il faut souffrir pour être belle.

Pour souffrir, jai souffert, quant à être belle ?
D’un point de vue purement politique, ne me manque que l’accouchement pour définitivement demander ma carte d’adhésion à « Ni putes ni soumises ». Vraiment, j’hallucine. Personne n’en parle, mais mesdames, et vous êtes des milliards, sur Terre, au XXI ème siècle, à souffrir en silence au fond d’une baignoire en vous arrachant les bulbes. Personne n’en parle.
Et puis, quel résultat: le point de vue esthétique est navrant. Hier, satisfait, c’était enfin fini, les deux jambes en trois jours, c’était tout doux, parfait, j’allais impressionner le petit malaisien. J’allais faire dodo très fier de moi. Ce matin, le petit déjeuner en plein soleil sur la terrasse manqua de m’achever définitivement. Je suis passé à deux doigts de l’apoplexie tellement ces ilôts de poils qui se baladaient me firent mal au coeur. Sans parler de l’hématome en haut de la cuisse gauche. Douces, mes jambes l’étaient, mais aussi bleues et piquées de poireaux résistants.
Bilan du week-end, deux pots de cire et un évier bouché plus loin :

Mon avenir dans ce pays sera poilu ou ne sera pas.

J’attends maintenant les remarques désobligeantes de mes amis mâles, et je leur balance 50 ans de féminisme et de parité dans leur petit machisme d’anancéphale. Ces poils que j’ai jetés dans l’évier (puis à la poubelle, l’évier bouché me rappelant que le lutin qui mangeait tout ce qu’on lui jetait et qui vivait dans le pied en céramique de l’évier était une invention de mon cerval) sont, plaisanterie mise à part, l’expression de cette fâcheuse habitude que j’ai à me dire, les soirs de solitude : « Et ça fait quoi si je fais ça ».
C’est de cette façon que j’ai commencé la divination (tarot de Marseille), le théâtre, le dessin, la masturbation et mon blog. Mais ça, c’est une autre histoire.
Sinon, j’ai beaucoup pensé à toi. J’ai vu cette image de Sarkozy en jean, et en prime celle magnifique en t-shirt NYPD pendant qu’il faisait son footing sur l’île de Malte.

Une idée de cadeau plus tard, je tape « Sarkozy t-shirt » sur google, et je tombe sur :

A bientôt.
Et n’oublie pas, JUMP ! (Jeunesse de l’UMP, ça ne s’invente pas).

Parapluie.

PS : Cette histoire tombe à poil pour inaugurer le libellé épilation, et ce post scriptum pour placer un dernier jeu de mots foireux.

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3 réflexions sur “L’épilation n’est pas un truc de pédés

  1. MOua je dis que sa sent plus que l’expérience vécue, encore un ptit loup échaudé, le terme même d’épilation est intrinsèque, tout est contenu dans son seul nom.

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