Parapluie

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Jimmy.

In Infundibuloïde on octobre 20, 2008 at 6:15

J’écoute Jmmy de Moriarty.

Je me dis que les bon amis se cachent dans les chansons qu’on aime bien. Ceux qui sont morts aussi.

L’éclipse, c’est le remix.

La ligne 14, toujours. Ai été témoin de choses en forme d’agression, d’un garçon noir à casquette sur une jeune dame en noir et tailleur. Il y a une dame qui fait la manche, tous les jours, arrêt Saint Lazare. Parfois, elle change de côté, en bas de l’escalier.

Lit Arrabal, entre Pyramides et Censier Daubenton, sur la ligne 7. En 5 jours de travail, ça fait 123 pages.

Pense à Mrs B., qui oublia son câble d’ordinateur à côté de chez moi. On aurait pu boire un café, me-dis-je, mais ma grande bouche. Ne suis pas de ceux avec qui on boit un café. Propension trop grande à la refonte du monde sous une soucoupe de bistrot. Ou autre chose. J’irai chercher son câble.

En écoutant. Jimmy.

Dent pour oeil.

In Darianism on août 14, 2008 at 8:43

Dans la matinée du 28 janvier, José Laboureur, professeur de technologie au collège Gilles-de-Chin de Berlaimont (Nord), avait jeté à terre les affaires de son élève de 6e, avant de le plaquer contre un mur. Le garçon avait alors traité de “connard” le professeur, qui l’avait giflé et à nouveau plaqué contre un mur. Après une plainte du père de l’adolescent, gendarme, l’enseignant avait été interpellé à son domicile et placé en garde à vue pendant 24 heures. Au cours de son audition, il avait reconnu et regretté les faits, et admis une dépendance” à l’alcool. L’affaire avait suscité l’émoi dans le corps enseignant. Poursuivi pour “violences aggravées sur mineur”, José Laboureur encourait cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le parquet avait requis une amende de 800 euros à son encontre.

J’ai lu ça sur lemonde.fr.

J’ai eu dix ans. J’ai traité de connard la personne qui me plaquait au mur, qui me plaquait la tête au sol.

J’ai lu les commentaires, sous l’article. J’ai quelques nausées.

Bravo, à la rentrée tous les élèves de france et de navarre pourront enfin insulter leurs profs à volonté et en toute impunité, il était temps! j’espère que le père de cet élève martyre va bientôt avoir une promotion et qu’on élèvera une statue à ce pauvre enfant pour les souffrances qu’il à enduré… La justice française est une HONTE!

Un bon prof,ca devrait etre ca!Il devrait avoir la passion d’enseigner!

(…) je suis un papi adore par ses deux petits enfants mais il m’arrive de donner une claque quand ils manquent de respect et nous n’en faisons pas une affaire!

Je suis “soixante-huitard” et d’extrême gauche; quand j’étais gosse et que mon prof ou mon instit me flanquait une gifle ou un coup de pied dans le c.., mon père en faisait autant. je trouvais ça normal et je continue à le penser. l’autorité des enseignants loit être acceptée et non discutée.

Sont invoquées des questions de respect mutuel, des questions d’autorité à assouvir, des choses aussi sur la société et son déclin. Sombre décadence que celle d’une société dont la renommée s’est notamment construite sur du papier, paraphé par des Lumières au sujet de Certains Droits de l’homme. Que le coupable ait été alcoolique, que l’assaillant adulte fasse cinq fois le poids de sa victime, qu’il y ait, en plus, une relation hiérarchique entre les deux reconnue par la majorité de l’assemblée témoin de la scène, tout ceci se retrouve sous le tapis tissé d’airain du sens commun.

J’use de cette logique quand je coupe une ligne blanche parce que la route est désespéremnt vide. Pourtant, je paye mes 90 euros d’amende, en bronchant un peu. Mais c’est la loi. Malgré le fait que je sois stressé par les autres usagers de la route, pas de clémence.

De la même manière, si ce professeur avait frappé non l’enfant, mais le parent, qui plus est, gendarme, l’issue aurait-elle été la même ? Allons, les professeurs sont des gens tout autant stressés par la hiérarchie parentale, d’une attitude ô combien présomptueuse vis-à-vis de l’éducation de leur enfants, que par la progéniture qui finalement, ne reproduit que discours entendus au foyer.

Mais comme on dit dans les cour de récré, dans les tribunal et dans le PMU du coin de la rue : une bonne baffe n’a jamais fait de mal à personne. Parlez-en à mon psy, mes pauvres gens !

Trop c’est trop! Déjà qu’on ne pouvait plus battre sa femme sans risquer le tribunal, que les flics ne peuvent plus cogner sans risquer des emmerdements, que les adjudants ne peuvent plus brimer les bidasses, voilà que les profs ne peuvent plus mettre de torgnoles aux sales gamins qu’ils s’évertuent à éduquer. Ah la tendre violence des familles! Ah la douce violence des écoles! On ne peut repenser qu’avec nostalgie à tous les coups qu’on a reçus étant gosse. Si on ne peut plus cogner, merdre!

Racism on the rocks

In Non classé on juillet 1, 2007 at 9:09
Mardi 26 juin 2007
A Clermont Ferrand
Cher Troy,
Tu me demandais si j’écrirais au sujet de ce qu’il se passa samedi soir. Je ne sais pas quoi en dire. Je ne sais pas quoi quoi en penser. Mon cerveau n’a pas réponse à tout. Mon idéal de société non plus. Sarkozy encore moins.
Nous étions sur le quai de la voie de tramway, à acheter deux billets pour aller au théâtre. Des glaçons tombèrent. Aucun danger, je suis Parapluie, mais néanmoins je regardai c’était du ciel que l’eau solide avait chu. Non. Beau soleil de début d’été, 20h00. Le monde souriait. Pas les hommes.Pas ces trois hommes qui tenaient des bouteilles à la main, et qui nous jetaient des glaçons. L’un d’eux souriaient. Un sourire d’enfant, le regard serein. Cela ne pouvait venir d’eux. On s’est retournés, et l’un des glaçons te toucha. J’ eus peur. Tu réagis violemment, et ils arrêtèrent. Moi, tétanisé. La violence me tétanise. Ce sont des images de mon enfance qui reviennent. Je contrôle pas ça. D’autres auraient retroussé leur manches pour leur passer un savon. Moi je tremble comme une feuille sèche. Je pourrais les tuer si je voulais. Je l’ai déjà fait. Ma nature qui frôle ma philosophie. Comme ces sources d’eau bouillante qui affleurent en Islande dans de magnifiques panaches de vapeur, des doutes malsains embuent mon esprit critique que je croyais sage. Aphasique, la bouche bée. La sentinelle au repos.
Leur violence est gratuite. C’est un fait. Qui sont-ils ? Pourquoi prennent-ils la peine de consommer quelques calories pour actionner leurs muscles et catapulter des glaçons vers deux garçons qu’ils ne connaissent pas ? Sont-ce des poètes pragmatiques, désirant faire rimer garçons et glaçons dans l’acte ?Ils sont d’origine africaine, du genre Afrique du Nord, celle qu’on fustige, celle qu’on a cloitré dans les immeubles aux abords des villes, celle qui construit nos bureaux dans le centre de ces mêmes villes. Dans ma tête les amalgammes cristallisent. On s’assoit. Je crois reconnaître le “patois du chantier” dans leur phrasée. Quelques expressions typiques des travailleurs du batîment. Pourquoi nous avoir choisis ? Tu m’avais dit peu de temps avant que je faisais PD. Tu es assez asiatique dans ton genre. Serait-ce le simple racisme, la fameuse homophobie, celles dont on parle dans les livres ? Je ne comprends pas.ALors je pense, je projette, je fais les terribles amalgammes. Comment ne pas en faire ? Je ne suis pas ataraxique, et même si j’aspire vers la sagesse, voilà de belles illusions remises en cause par une petite agression de rien du tout.
Je vais donc me taire. Oublier que je vais certainement enseigner aux enfants de ces pleutres l’année prochaine. J’ai manqué de courage, celui qui m’aurait fait traverser la voie de tramway pour leur demander : Pourquoi?
Parapluie.