Clermont Ferrand m’offre un joli bouquet final en guise de pot de départ. Des larmes, du sexe, des ex, du drame passionnel, des gros cons du CAPES… Un beau florilège des quatres années passées en son sein.
Tu l’auras compris : c’était aujourd’hui mon déménagement. Cela explique que ma chambre d’enfant, celle chez mes parents, ressemble à une boutique de dépôt vente. Avec toute ma vie en carton et sur les étalages. Je pourrais facilement me créer une petite cabane, et m’y cacher pour me masturber ou pour lire.
J’ai toujours aimé les cabanes. Cela fait quatre ans que je cherche quelqu’un pour bâtir une cabane avec moi sur ma terrasse et s’y cacher pour la nuit. Tous ont refusé. Je les ai tous plaqué, ces pleutres. Hier, en balançant tout par le balcon, la forme particulière qu’a prise mon matelas de clic clac m’a ramené à ces fantasmes casaniers. Dans l’antre de mousse que formait l’attirail, j’ai glissé la tête puis le reste de mon corps, J’ai placé de chaque côté de ma tête un matelas pour que mes voisins ne me voient pas. Et je me suis isolé. Pour rêver. Au chaud, mais à l’ombre.
Sais-tu que mes voisins sont gays ? C’est hallucinant pour un pédé de découvrir que le couple qu’il mate depuis un an n’est pas composé que de proprets colocataires. Cela explique le regard complaisant et complice que l’un d’eux t’avait lancé quand nous prenions le petit déj’ en slip. Les gens sont d’un sans gêne… C’est un des cadeaux de Clermont Ferrand, une façon de me dire : “tu vois il reste pleins de trucs marrants “.
C’est comme les rues. J’ai l’impression qu’elles se sont mises en fouillis et qu’elles ont amené quelques copines pour que je m’y perde. J’ai encore découvert lors de ma dernière vadrouille du vendredi après-midi (Wax Taylor dans les oreilles, lunettes de soleil et apparail photo dans le sac) des magasins dont je ne connaissais pas l’existence, retrouvé ces lieus que je t’ai dit connaître mais que j’ai été incapable de retrouver. Toute la ville clignait de ses deux yeux, m’envoyant en flashes rupestres de rugueux souvenirs. Sur les pierres noires s’étalaient des instants de joie, où nous nous empruntions des bisous, où il me tenait par la main, où nous nous sommes engueulés, où je lui ai dit que je l’aimai, où il s’est envolé, où je l’ai attendu. La pathétique énumération. J’ai même failli inhumer un ex-petit copain. Mais celui-là avait un cerveau.
Parce que ce sont les éternelles questions qui me font fuir la ville. Celles qui commencent par “C’est quoi l’amour” et se terminent par “sinon le besoin naturel d’assurer une descendance et la rente d’une maison de retraite quand j’aurai Al Zeimer” ?
Adieu Clermont Ferrand, ville de mes études.
Bonsoir Paris.
Adieu anciens problèmes.
Bonsoir les nouveaux !