Parapluie

Articles reli´s: «:racisme»

In Darianism on novembre 26, 2008 at 8:00

Je me rends compte à quel point j’aime les commentaires racistes, et à quel point, ils m’effraient. Les limites du second degré se trouvent, selon moi, dans la capacité qu’ont les non-racistes à se savoir naturellement un peu raciste, à en jouer, à tirer sur ce trait nauséabond, et à s’en libérer, par le jeu de la raison, et surtout, à ne jamais proclamer qu’il ne le sont pas (racistes).

Pour le reste, je commence à regretter la frontière commune avec l’Espagne, surtout après trois versions de Besame Mucho différentes pour trois changements de métro.

[site russe sur Besame Mucho]

In Darianism on novembre 5, 2008 at 4:33

culturisme.

nous rentrons d’A'dam. premières agressions dès le quai de la gare, sur lequel il faut s’excuser pour se déplacer. deuxième agression, vocale, des jeunes filles qui gloussent sur l’escalator, dans un français impeccable. troisième agression, on me pousse et on le pousse sur les marcheurs de Chatelet. quatrième, quand il marche dans un gateau pourri parterre, cinquième concernant la vitesse et le nombre de voitures, et ce RAP qui sort d’un haut parleur qui s’égosille. pourtant, c’est le Cinquième. je paye 900 euros par mois pour ne pas à subir les échecs de la France en terme d’immigration.

Amsterdam n’a rien à voir. Et même si c’est sûrement dangereux d’endormir les consciences avec des drogues douces, les immigrés sont comme ces péniches  qui s’étirent, lascives, le long du Singel : fondus dans le paysage.

hier soir, au couchant, je pensais à ce slogan : tu l’aimes ou tu la quittes. je ne vais pas tarder à le prendre pour moi. dommage, la france d’en bas ne voyage pas. il lui serait si facile de considérer séparément la toxicité de la “culture” française (celle qui est censée “élever” les êtres, celle qui fait de ceux-là des gens bien “élevés”) et la couleur de peau de certains.

Ces gens-là.

In Darianism on juillet 12, 2008 at 3:59

La particule adverbiale ci est une forme réduite de ici qui marque la proximité de quelque chose dans l’espace ou dans le temps par rapport à la personne qui parle.

Je n’ai rien contre ces gens-là, mais enfin, quand-même, ils sont sans-gène.


La bourgeoise blonde et blanche s’adresse à ma voisine et moi-même qui, difficilement, gardons porte ouverte à la poste bondée de Combs-La-Ville. Ces gens-là, que la blonde éloigne de moi en m’en parlant, ce sont les noirs. Une, en particulier, cheveux bouclés, très grande dame au boubou peut-être trop coloré pour que la blanche la considère comme son égale.

Pourtant, ce sont deux bourgeoises. L’odeur de leur portefeuille eût pu les ramener à la raison, et éviter la prise de bec, parce que l’une serait passée devant l’autre.

Scène de racisme primaire, désespérément classique. J’ai honte. J’ai vu ce regard au fond de la dame blonde, un regard condescendant, le regard qui cherche le consentement, qui exprime… Le sens commun, je crois, le bon entendement, de ceux qui se disent “On se comprend” et qui ne savent pas parler, s’exprimer.

Pendant ces quelques instants, je voulais être noir. Etre noir, pour être anonyme, pour être non de ces gens-là mais de ceux-ci, tout près. Près de la dame en blond, trop près pour qu’elle me rentrer dans une particule adverbiale, et ma couleur l’aurait cloîtrée dans son marasme dont elle ne m’aurait aspergé.

Decize : Le Noir et La Loire

In Non classé on février 29, 2008 at 12:36
A Saint Léger des Vignes,
Le vendredi 29 Février 2008.

Cher Monsieur VALLET,


Je suis Decizois depuis 24 ans et jamais je n’ai été aussi déçu par la ville qui m’a vu naître. Homosexuel, je pourrais être habitué aux quolibets de mes concitoyens, mais l’orientation sexuelle ne se juge pas à une frisure de chevelure ou à une couleur de peau.

Je suis rentré en la campagne nivernaise ce week-end, accompagné de mon réunionnais de petit ami. Je n’ai pu calmer ma fougue exaltée et l’envie de lui faire affronter ces remparts, ces deux Loire, ces pierres qui pavaient mes promenades collégiennes. Mais d’un affront imaginé notre escapade qui se voulait mélancolique et amoureuse n’a été que source d’un constat stupéfiant. Et pesant. Car pesants sont certains regards indigènes sur la peau sombre de mon copain. L’attitude de vos concitoyens, de vos administrés, est détestable.

Demain, nous rentrons en région parisienne, avec l’idée que la campagne nivernaise est emplie de ces électeurs de gauche racistes et incultes. La proximité d’élections municipales sera, j’espère, l’occasion de rappeler quelques valeurs fondatrices de notre République.

De là, je compatis au marasme et plains les derniers Nivernais sensés qui sont soumis à la fréquentation de cette France d’en bas. Celle qui juge, qui pense tout haut, celle qui regarde.

Parapluie

Racism on the rocks

In Non classé on juillet 1, 2007 at 9:09
Mardi 26 juin 2007
A Clermont Ferrand
Cher Troy,
Tu me demandais si j’écrirais au sujet de ce qu’il se passa samedi soir. Je ne sais pas quoi en dire. Je ne sais pas quoi quoi en penser. Mon cerveau n’a pas réponse à tout. Mon idéal de société non plus. Sarkozy encore moins.
Nous étions sur le quai de la voie de tramway, à acheter deux billets pour aller au théâtre. Des glaçons tombèrent. Aucun danger, je suis Parapluie, mais néanmoins je regardai c’était du ciel que l’eau solide avait chu. Non. Beau soleil de début d’été, 20h00. Le monde souriait. Pas les hommes.Pas ces trois hommes qui tenaient des bouteilles à la main, et qui nous jetaient des glaçons. L’un d’eux souriaient. Un sourire d’enfant, le regard serein. Cela ne pouvait venir d’eux. On s’est retournés, et l’un des glaçons te toucha. J’ eus peur. Tu réagis violemment, et ils arrêtèrent. Moi, tétanisé. La violence me tétanise. Ce sont des images de mon enfance qui reviennent. Je contrôle pas ça. D’autres auraient retroussé leur manches pour leur passer un savon. Moi je tremble comme une feuille sèche. Je pourrais les tuer si je voulais. Je l’ai déjà fait. Ma nature qui frôle ma philosophie. Comme ces sources d’eau bouillante qui affleurent en Islande dans de magnifiques panaches de vapeur, des doutes malsains embuent mon esprit critique que je croyais sage. Aphasique, la bouche bée. La sentinelle au repos.
Leur violence est gratuite. C’est un fait. Qui sont-ils ? Pourquoi prennent-ils la peine de consommer quelques calories pour actionner leurs muscles et catapulter des glaçons vers deux garçons qu’ils ne connaissent pas ? Sont-ce des poètes pragmatiques, désirant faire rimer garçons et glaçons dans l’acte ?Ils sont d’origine africaine, du genre Afrique du Nord, celle qu’on fustige, celle qu’on a cloitré dans les immeubles aux abords des villes, celle qui construit nos bureaux dans le centre de ces mêmes villes. Dans ma tête les amalgammes cristallisent. On s’assoit. Je crois reconnaître le “patois du chantier” dans leur phrasée. Quelques expressions typiques des travailleurs du batîment. Pourquoi nous avoir choisis ? Tu m’avais dit peu de temps avant que je faisais PD. Tu es assez asiatique dans ton genre. Serait-ce le simple racisme, la fameuse homophobie, celles dont on parle dans les livres ? Je ne comprends pas.ALors je pense, je projette, je fais les terribles amalgammes. Comment ne pas en faire ? Je ne suis pas ataraxique, et même si j’aspire vers la sagesse, voilà de belles illusions remises en cause par une petite agression de rien du tout.
Je vais donc me taire. Oublier que je vais certainement enseigner aux enfants de ces pleutres l’année prochaine. J’ai manqué de courage, celui qui m’aurait fait traverser la voie de tramway pour leur demander : Pourquoi?
Parapluie.