Parapluie

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Siné hebdo, Siné (c)-anar-(d)-s

In Uncategorized on septembre 10, 2008 at 8:17

Siné hebdo.

Siné, c’est le garçon qui a tenu des propos antisémites dans un journal de gauche, qui s’est fait virer, et qui s’est fait défendre par toute l’intellingentsia bloguesque 2.0 de mes couilles. Leur argument : Siné n’ést pas antisémite. Sans doute avaient-ils oublié queVal a juste viré un dessinateur vieillisant qui avait tenu des propos antisémites, sans jamais invoquer l’idée qu’il le fût. Moi-même ne suis pas raciste, mais je sais que j’ai des pensées racistes, parfois même des propos racistes. Je sais et j’apprends jour après jour à les réprimer, et à combattre ce foutu déterminisme que 20 ans de province, loin de tout noir, juif ou mosquée, et proche de mon raciste de père avaient mis en moi.

Siné hebdo, qui se dit subversif et indiscipliné, sort un canard aux plumes semblables à celles de Charlie hebdo : même format, même couleur, même odeur, même propension à l’humour sur les juifs, les femmes enceintes, les PD et les arabes. L’odeur du papier n’est finalement pas si différente. Je comprends le reproche qu’on a pu faire à Val, son intellectualisme et sa bien-pensance, et surtout son besoin vaniteux de piloter sa ligne éditoriale pour qu’elle colle à la bien-pensance de la pensée subversive. Faire du subversif, mais du subversif qui colle à l’idée du subversif, faire du subversif attendu. C’est aussi la critique principale que j’ai à faire de S.H. Car si on oublie le personnage Val, son canard à lui est plutôt bon, pleins d’articles plutôt documentés (parfois très « hard »), sur des sujets qui ne font pas la une, et qui ne s’en targuent pas. Val, vaniteux, certainement, mais il ne s’en vante pas.

Avec Siné hebdo, c’est autre chose. On est subversif, et on en fait la publicité, comme on vanterait les effets anti-caries d’un dentifrice. Passé la couche superficielle de guerre des boutons journalistique, que reste-t-il de Siné hebdo ? Pas grand chose.

Le journal a été réalisé sur un coin de comptoir, entre deux hôtels. Tous les chroniqueurs le disent, parlent de leur vacances, de leur fierté d’écrire dans un journal vraiment subversif, vraiment qu’est pas comme les autres. Mais, euh, les gars, c’est vous le journal subversif ! Alors faites-le ! Le dire c’est bien, le faire , c’est mieux non ? (me voici moi-même subversif, peut-être une place de pigiste dans S.H.). Quelques-uns tentent le coup, des commentateurs influents et fins de la vie politique française, des gens de confiance et de culture : Didier Porte, Isabelle Alonzo, Noël Godin, Christophe Alévêque. Ne manque que Steevy et on se serait cru chez Ruquier. Mauvaise langue ! Il y a Onfray : il nous parle crétins utiles, un billet d’humeur presque anachronique qui a certainement été écrit en juillet, qu’on pourrait résumer par « attention, il y a des cons, et ils le cachent ! ». Il y a Bedos, qui a l’obligeance de ne pas jouer au chroniqueur, et nous raconte ses vacances (au moins, il ne ment pas, l’article est daté : août 2008).

Quant aux thèmes abordés, on frôle la chronique politique de VSD : Dati enceinte à chaque page ! Le terme « anars » est redondant, accompagnée de la chronique « réac de gauche » et ex-soixante-huitards alcoolique, des dessins avec du dégueulis et de la merde à chaque étage, de la critique du pouvoir non argumentée (et surtout, non documentée, vu qu’il fallait sortir l’hebdo à la va vite), de la promo anars en veux-tu?-en-voilà (ATAC, mai 68…). Tout ça, dans le but, j’imagine, de justifier l’étiquette « subversif » qu’ils ont collée sur la couverture.

Imbéciles présomptueux ! Combattre un intellectualisme primaire par un primarisme de primates n’est peut-être pas la solution , surtout quand il faut vendre du papier et écrire des articles, et non casser la gueule à des CRS. Un canard de comptoir, sur des discussions de comptoir.

Siné n’est pas plus antisémite que directeur de publication. Qu’il ait des propos dans ce sens n’y change rien.

C’est quoi, le lobbying ?

In Non classé on octobre 3, 2007 at 8:24
envoyé par lilalilou

A Combs La Ville,
Le 03 octobre 2007.

Mon cher Nicolas,

Plus de nouvelle, bonne nouvelle.

Mais peu importe. Télespectateur du dimanche, tu as remarqué que Paul Amar squatte désormais la tranche horaire encore salutaire l’an dernier. Mais ils ont supprimé Arrêt Sur Images, ces “ILS” qu’on aimerait indéfinis, mais qui sont les patrons de chaînes publiques.

Plutôt que de revenir sur la polémique, je te propose de visiter ce nouveau site alterjournaliste. Il y a de grandes chances pour que tu aies déjà visionné la vidéo jointe. Je te précise que je suis au bord de m’indigner. C’est dire.

Et puis, on me vola mon antenne de Clio. Cela se passa à Nevers… Loin des banlieues malfamées que j’eus l’occasion de croiser sur la route. Bref, loin de la radio, loin de Sarkozy ! Je n’étais même pas au courant qu’il avait chapeauté sa succession à Neuilly. Cela valut bien un reportage sur l’édition de FRANCE 3 nationale. A quand un reportage sur la mairie de Nevers ? Ah ok, il y a moins de riches, moins d’anciens présidents dans les anciens notables locaux et c’est tellement plus loin des caméras centralisées des médias français ! Nous avons tout de même un ancien premier ministre dans la manche (ou plutôt dans la botte) !
Ah mince, il est suicidé…

Bref, tout cela m’inspire l’Islande. Les cervaux. Un chalet dans la neige. Et le silence.

Je t’embrasse.

Parapluie.

Sandrine Bonnaire aime sa soeur.

In Non classé on septembre 14, 2007 at 9:08

Le Vendredi 14 Septembre,
A Saint Léger des Vignes.

Cher Jeremie,

A deux doigts de m’indigner. Je viens de rentrer de Combs, et redécouvre la joie de la télévision en l’antre familière.

Celui qui alluma France Inter cette semaine sait que la Sandrine nationale – celle qui fait des films avec des gens tristes dedans et même que ça se finit mal à la fin, ou ça se finit pas, du genre Charles-Rémy ouvre la porte, et là le facteur passe, le sourire aux lèvres puis Générique de fin – Sandrine Bonnaire donc, dont je parlais avant la plus infâme des appositions de toutes nos correspondances réunies, a réalisé un téléfilm sur sa soeur autiste.
Tu le sais bien, je fais partie de ces gens branchés sur France Inter (je travaille pour l’Education Nationale, ce n’est pas pour rien). Alors quand je suis rentré ce soir et ai trouvé la mater larmoyante devant la déconfite Sandrine, cela me fendit le coeur. Puis j’entr’apreçus Mireille Dumas, et fus rassuré : elle lui demande si, selon elle, l’état de sa sœur est due à sa maladie ou à son enfermement en HP.
Cette pauvre dame, celle avec la sœur autiste (pas celle avec la même coiffure que Polnaref), lui répondit sans hésiter que ce sont les médicaments qui, plutôt que de canaliser la violence que l’autisme avait figé en sa sœur, l’avaient piégé dans le jeu des effets secondaires. Que si celle-ci n’avait plus conscience de son corps, c’était entièrement à cause des médicament qui se finissent en -ique qui, selon Docteur ès psycho, Sandrine Bobo, lui faisait passer sa tension de 12 à 8.
Du larmoyant à souhait. Cela me faisait penser à ces premiers physiciens, du temps d’Aristote, qui faisaient de la physique avec le cerveau plutôt qu’avec les mains. Selon eux, les choses fonctionnaient selon le sens commun. Ils ne pouvaient considérer qu’un phénomène dérogent à ce sacré sens commun. Pour exemple, les objets tombent tout simplement parce que toute chose tend à retourner d’où elle vient.
Sandrine s’affaira en direct à réaliser une jolie masturbation du sens commun. La ménagère de moins de cinquante ans, remuée par l’heure de reportage qui précédait, ne pouvait qu’adhérer à la thèse conspiratrice : les psys s’amusent à enfermer les dingues en HP pour les gonfler de médocs à s’en taper contre les murs.
Un psychiâtre était sur le plateau, représentant tout un corps de métier hyper-qualifié et diplômé, mais personne pour l’entendre. Les arguments scientifiques sont de piètres contrepoids face au levier des consciences bien pensantes.

Parce que c’est tellement mieux de se faire pisser les yeux devant une malade que c’est même notre faute si elle comme ça. Plutôt que d’imaginer que si ces gens sont “enfermés” dans des HP (qui ont le mérite d’exister, malgré parfois leurs allures carcérales), c’est que comme nos vieux dans les hospices, personne n’est à la hauteur de leur regard de personnes différentes.

Tu me rétorquerais que je n’ai pas vu le reportage. On y voit certainement Sandrine faire des mamours à soeurette qui, si le moment est bien choisi, bâve un peu. Je crois que la dernière image du reportage, qui a été rediffusée, résume toute l’horreur de la situation médiatique et aculturé de la société. On y voit une fille malade, qui, tout en regardant des images d’elle plus jeune en maillot de bain, pleure. Elle précise alors “Je pleure de joie”. C’était sans compter sur Mme Dumas de rétorquer que certainement ces larmes étaient l’expression d’une intense tristesse. Une autiste qui pleure de joie, ça n’existe pas, en tout cas dans les émissions de Dumas.

Le jour où mes chers concitoyens assumeront leur intelligence, apprenant que le bon sens n’est pas philosophique, que le sens commun n’est pas la voie de la raison, alors peut être laissera-t’on les malades se faire soigner, et les régimes spéciaux de retraite se réformer.

D’ici là, il y a dimanche, et Brigitte Fontaine à la Balle au Bond.

A dans deux jours, donc.

Parapluie.

La fascination du pire

In Non classé on août 21, 2007 at 9:43
Le Mardi 21 Août 2007,
A Saint Léger des Vignes.

Ma chère Liane,

Te souviens-tu de ce livre qui traînait sur le bureau,à l’heure de nos débats CAPESiens ? La fascination du pire, de Florian Zeller. C’est un roman : l’histoire d’un voyage en Egypte. S’y suivent des situations plus inintéressantes et banales les unes que les autres, sur fond d’islamisation en marche de l’Egypte.
Je ne sais pas critiquer une oeuvre, et si l’idée me venait, ce serait inutile. Lis le titre. Lis le dernier chapitre. Et tu as, en cinq minutes: lu les meilleurs passages et lu la meilleure critique.
C’était un roman réaliste, très contemporain, donnant des gages insensés à la modernité, sans détour poétique ni réelle écriture – exactement ce que je n’aimais pas en littérature

indique le narrateur au sujet d’un roman dans le roman.

C’est la cynique et sinistre mise en abyme. Pour dénoncer le tabou intellectuel et journalistique autour de la religion musulmane, Florian Zeller produit un roman… qui parle d’un écrivain maniaquo-dépressif en manque de sexe qui critique de façon ouverte et souvent malheureuse la religion musulmane dans un roman intitulé “La fascination du pire”. Etrange, fascinant, magique, comme toute mise en abîme. Et surtout parfaitement insolent à l’encontre des médias qui font le “Buzz” et prêche les bonnes paroles.

La fin macabre n’est-elle pas une anticipation du fanatisme religieux grandissant ? Peut-on, en 2007, fournir un écrit de fiction dans lequel un personnage fustige la religion de Mahomet ?
Rien que pour le léger frisson que procure le livre, le cynisme et l’humour à froid délayé dans le dernier chapitre, lis-le les yeux grands ouverts. La douce impertinence de ce jeune auteur est un délice à consommer avec grâce dans ce monde asseptisé par une pensée téléchaînée.
Et puis, j’admets que les quelques extraits du Coran remettent quelques unes de mes pendules à l’heure…

Les pages que j’ai cornées :

Au début du livre, l’avertissement :

Ce livre est une fiction : la plupart de ce qui y est dit est faux ; le reste, par définition, ne l’est pas non plus.

Dans le chapitre 4

Je me suis dit que ceux qui prétendent que le Coran n’invite qu’à l’amour et que seule une certaine interpétation du texte pousse parfois au mépris des femmes et à la violence, ceux-là, me suis-je dit, n’ont tout simplement jamais lu le Coran ou ont peur de dire des choses incorrectes. DE toute façon, me suis-je encore dit, il est désormais impossible de dire quoi que ce soit à ce sujet. Seul le silence règne. J’ai quand même relu à voix haute : Admonestez celles dont vous craignez l’infidélite ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les – Coran, sourate 4, verset 34.

Dans le dernier chapitre

Sur le plateau, une femme sortie d’on ne sait où expliqua, les larmes aux yeux, que le Coran était un très beau livre et qu’elle ne comprenait pas comment on pouvait tolérer que s’ajoutent à l’horreur de la situation internationale des récits si répugnants. Dans la salle, le public l’applaudit avec enthousiasme. J’ai alors pensé à cette phrase que j’avais lue, quelques jours auparavant, dans un essai formidable : Les maudits du XIXème l’étaient par l’ombre et le silence. Ceux d’aujourd’hui le seraient-ils par la lummière et le bruit ?

Tu as donc ma réponse, moi qui suis réticent envers les best-sellers, j’ai pris un plaisir certain à lire les quelques dernières pages de ce Florian Zeller. Quant au reste, c’est ennuyant. Un livre est une promenade : un but est décidé à l’avance, mais il importe peu. L’important est le voyage intellectuel qui est proposé. Ici, les neurones restent à l’arrêt. Au mieux,on a affaire à un reportage du Monde. Au pire, des discussions de comptoir.

Parapluie.

PS : J’en suis p326 de Harry Potter and the Deathly Hallows… Vive Hermyyyoneee !

In Non classé on juillet 2, 2007 at 10:06
*source : RSF

Le tsunami qui cachait l’iceberg

In Non classé on juin 17, 2007 at 9:14

Le Dimanche 7 juin 2007
A Saint Léger des Vignes

Cher Nicolas,

La ségo quitte le lardon, et c’est dans cette soirée électorale l’information principale.

Malgré l’hypocrisie ambiante sur le plateau de France 2, quelques responsables de partis expliquant que l’information était d’ordre privé, la rupture publique de l’union non officielle de l’ex-futur couple présidentiel ressemble à la cloche de la vigie qui annonce un iceberg. Tel un Leonardo Di Caprio qui décèderait avant le naufrage, François Hollande sort de la vie politique, la queue entre les jambes, le soir d’une nouvelle défaite souriante de son parti.

Quelqu’un a défloré l’omerta journalistique et l’info a été lancée, en plein milieu du débat : elle se casse. L’intervenant de Poitou Charente explique plus tard qu’ici, on apprend la nouvelle, et que même si les journalistes savaient, personne n’avait diffusé l’info. Pourtant, la deuxième info capitale est tombée : à nouveau les médias officiels, ceux qui sont payés avec les impôts du peuple de France, ont gardé sous le coude une nouvelle d’importance. Au nom de quoi ?

Un certain malaise rêgne sur le plateau. On sent qu’une boulette a été faire, mais par qui ? La présentatrice a stipulé que c’était Ségolène qui avait fait l’annonce, pourtant l’intervenant l’a assuré : les journalistes devaient garder l’info jusqu’à mercredi. Car Mercredi sortira un livre d’entretiens avec Ségolène, dans lequel elle explique sa rupture avec François, nous indique Elise Lucet, présentatrice avec Pujadas de la soirée électorale. C’est très flou. Personne, à gauche comme à droite, ne réagit vraiment, sinon en des banalités affligeantes. Quelle est la fin de cette révélation de mi-soirée, qui fait passer le bon score du PS au second plan ? Est-ce une immonde stratégie marketing des éditeurs de Ségolène Royal qui, profitant de l’audience incroyable de ces soirées électorales, en profitent pour un coup de pub formidable ? Les journalistes semblent dans le coup, car ils dégainent immédiatement quelques études commandées à des instituts de sondage (Qui peut succéder à F. Hollande ? Strauss-Kahn pour le Français moyen, Ségolène Royal pour le sympathisant de gauche).

Tout ceci annonce une semaine à venir riche en rebondissements. Quelques sabres vont être dégainés, et sans doute quelques têtes vont tomber. La première victime de la soirée fut Juppé. Un bonheur. J’ai toujours aimé les gens qui perdent, et qui partent avec la classe d’un vainqueur.

As-tu entendu notre concitoyen, Brice Hortefeux, répondre à ses opposants :

” Vous savez combien de contribuables français quittent la France ? C’est un voire deux par jour, et ce pour le compte du Luxembourg et du Royaume Uni”

Pour ceux qui auraient un doute sur la proximité de Brice avec le peuple d’en bas, voici des rollex remises à l’heure. On sait à quoi il pense quand il visite les centres d’accueil d’immigrés en s’étonnant de leur niveau de français. Sarkozy s’est trompé ! Ce n’est pas un Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale qu’il fallait donner au Clermontois, mais de l’Emigration et de la Fraude Fiscale. Ainsi, plutôt que de virer les noirs en trop qui font peur à la ménopausée de plus de 60 ans, il travaillerait légalement à ce qui semble l’obséder : le bonheur des riches et leur rapatriement dans l’identité fiscale, euh nationale de la patrie. Comme le reste de ses amis de droite.

Bienvenue dans la France de droite !

Parapluie

Mise à jour : Ségolène Royal n’a pas fait-elle même l’annonce hier soir, l’info est une fuite AFP. La socialiste avait prévu d’attendre mardi matin pour s’exprimer via un entretien exclusif donné à France Inter qui a finalement été diffusé ce matin.

Mise à jour (lu sur rue89) : En fait, la double révélation du livre et de son contenu étaient prévues lundi matin, selon les termes d’un “plan com” décidé entre l’AFP, où travaillent les deux auteurs du livre, et l’éditeur. Ce plan a été torpillé par une “fuite” sur le site de Marianne révélant que Ségolène Royal annoncerait la séparation lundi matin sur France Inter. L’AFP a décidé de sortir sa dépêche dimanche soir pour ne pas se faire “griller” par cette concurrence du web, donnant l’impression de faire un “détournement” de soirée électorale… Dans la soirée de dimanche, Ségolène Royal a déclaré par téléphone à Reuters que “cette divulgation a été faite dès ce soir malgré mon opposition par certains médias”. Elle a annoncé un communiqué commun pour lundi matin.