Parapluie

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Inconnu à l’appel des préposés.

In Uncategorized on avril 27, 2009 at 9:58
Cher Yanko,

Ce truc est incroyablement romantique.
C’est la version numérique de ma chasse à Toi. J’avais ma p’tite carte de France, et je cochais à chaque nouvelle lettre qui me revenait la ville fleurie où tu n’habitais pas. Là c’est pareil. Mais c’est toi qui coche, correspondant aphasique, muet lecteur de ces déboires Free Price.

Qui sait… Je te retrouverais p’t'être comme ça.

Parapluie, qui fait décidément tout comme dans le blog de Matoo.

Nos mortifères ébats ont deux ans.

In Correspondances Essoufflées on janvier 1, 2009 at 10:10

Deux ans, me viendrait-il l’idée de faire de ce premier jour de l’année, la fête de la naissance de ma mélancolie ? Et la perte de mes illusions cosmiques. A cause d’un garçon plus fort que moi, plus fort que la mort, du genre Superman.

Des choses ont changé :

  • je suis parisien, et dans le Cinquième ;
  • je suis en couple ;
  • je suis heureux ;
  • je suis malheureux ;
  • je vais voir beaucoup de garçons ;
  • j’ai pas envie d’en parler ;
  • j’ai un blog pour en parler ;
  • personne pour m’entendre ;
  • je fume, toujours ;
  • j’ai fêté un anniversaire, le mien ;
  • j’ai vendu ma voiture, après mon deuxième accident ;
  • je  vais au théâtre, régulièrement ;
  • j’ai (presque) tout lu Beckett, et j’ai découvert Béatrix Beck ;
  • je mets des cravates pour aller en cours ;
  • Tonton Pierrot est mort et Béatrix aussi.

Ce qui n’a pas changé :

  • mes amis sont loin, toujours, mais je suis plus entouré ;
  • j’écris toujours aussi mal, et je fais des fautes d’orthographe qui font froid derrière le genou au singulier ;
  • j’arrête le théâtre ;
  • j’arrête de fumer ;
  • j’ai peur de vieillir ;
  • la mort me fascine, et l’entrain que met l’humain à vivre encore ;
  • je suis toujours amoureux de vieux amants de passage ;
  • sinon moi, moi, moi, toujours.

Outch. I have lost myself again.

In Uncategorized on décembre 16, 2008 at 3:14

Je me souviens bien de mon enfance.

Et puis je suis devenu enfant, plus tard. Vers 20 ans, j’étais enfant, je jouais à l’enfant, ce qui ne m’empêchait pas de rire comme tel. On montait dans les mauvais bus, et s’y endormir, te souviens-tu, de nos courses, à travers champs et béton, armé jusqu’aux dents des illusions.

Ce soir j’ai mal, car je ne joue plus à l’enfant. Je ne vois plus des fées d’enfants, je ne me réveille plus les matins ensoleillés. Peut-être est- ce l’hiver ? Raison de plus pour s’envoyer en l’air. Je pensais aux promenades dans les sous-bois. Je pensais au poussin géant, médiocre résidu d’une imagination altérée par l’âge et l’adolescence, mais qui nous avait amusé. Quelques jours, ou secondes.

Je pense que je suis en régression. J’avais 20 ans, et j’étais enfant, j’en ai 25, je deviens bébé. Une bulle de chewing gum, de bonbon, avec des entrées, des sorties, un algorithme de conservation de la masse, un autre de l’intelligence, un peu, du sommeil, du sperme, et puis une dépendance à la cigarette, qui m’assure celle au second principe de la thermodynamique. Assujetti à la vie, à l’accroissement de la richesse et à ma bite.

Souvent je réservais cette histoire aux amis. Les quelques-uns, sur les doigts d’une main. Un seul, un jour, m’a dit, je ne pourrais pas comprendre, mais je peux comprendre ta souffrance.

Je fais souvent semblant d’avoir mal. Pas consciemment. La mascarade se révèle en moi quand on m’entoure, quand on me réconforte. Je me dis que je suis un bel enculé.

Je crois que j’ai eu mal, ce jour-là. Oh, c’est bête, mais il n’y eut personne pour le voir. Première douleur volontaire, le jeûn, le poing dans la porte de l’armoire. J’allais écrire mur, mais non, tout raconter, ne rien cacher. Ca n’a plus d’importance. Tout cela ira au vide-ordure avec le reste.

Yanko, le mot est dit. J’en avais 20, lui 17, et déjà je me questionnais sur la pédophilie. Ou presque. Deux ans ans plus tard, il mourrait, un ami à lui me l’annonçait un mois après. C’était, c’est lui qui l’a dit, une volonté. J’aime pas la mort, j’aime pas les dernières volontés, c’est pour les zêlés. Et je sais que ce garçon, que j’ai nommé par un Y, n’est pas du genre dernière volonté. Tout au plus quelques murmures, chuchotements, pour une dernière cigarette. Un dernier joint. Faut pas déconner. Non ces dernières volontés, ça doit être une histoire, the show must go on. Qu’il ait laissé ses identifiants yahoo, qu’on eût pu me retrouver au hasard de pérégrinations dans les archives. Je le conçois. Mais pas de dernières volontés. Le spectacle, je préfère quand c’est moi qui en suis le responsable. Ce doit être une histoire honteuse de vanité, de la part de l’ami qui m’annonça la nouvelle.

Je ne me rappelle plus du nom de la jument. J’ai envie de pleurer. Il me disait la monter nu. Que c’était la sienne. En fait, non, c’était celle à l’autre qui dit sa mort. Tout cela était mensonge. N’empêche, j’ai oublié son nom. Je me dis que la jument, que l’on m’ait dit qu’elle était fausse, ça ne change rien. Tout a été faux, je ne saurais jamais si j’ai bien fait de pleurer, voire de consacrer le reste de ma vie au souvenir d’un garçon que je ne connais pas. Avec qui je n’aurais pas de souvenir. Je vais en inventer quelques-uns, je me disais, et plus tard, j’aurais oublié qu’ils sont inventés. Et je serais heureux parce que j’aurais le droit d’être triste.

Quand on commence à écrire sur les choses de la tristesse, de la perte, de la mort, de ces trucs qui font chialer dans les chaumières, je me dis qu’il est difficile d’éviter le pathétique. J’aime le pathos, par nature, les morts des animaux au cinéma m’ont toujours fait pleurer. Un jour j’ai même pleuré devant la – soit-disant – mort d’un robot. C’était les téléfilms débiles de la une, avec Anne et Foucault. Il y en avait un qui parlait d’une petite fille dont la mère mourrait. Elle la retrouvait sous la forme d’un mannequin de plastique, dans un centre commercial. Le mannequin s’éveillait. Et ça pleurait sous ma chaumière.

Pleurer, je l’ai fait pour de vrai deux fois. Il m’arrivera de pleurer, dans le futur, à cause de la mort. Pour le moment deux fois. La première était pour madame Roux, qui s’occupait de l’atelier dessin, le mercredi après-midi, à Saint L. des V. Je me souviens très bien son odeur, ses cheveux. Il fallait dessiner un chateau, j’avait dessiné un chateau fort en deux dimensions, vue du dessus. J’avais produit la représentation du chateau fort de façon très efficace, en quelques secondes. Madame Roux, bienveillante, tourna la feuille et esquissa en des traits plus fins une façade classique, avec des tours rondes. Je n’avais pas compris la nécessité du beau en dessin. La bienveillance de Mme Roux ne l’empêcha pas de mourir d’un cancer l’année suivante. Ma mère me dit “Tu sais, madame Roux, et bien, elle est morte”. Moi, je devais jouer à la console. Je ne sais plus. J’ai rien dit. Je m’en foutais. Je me souvenais d’elle avec un bonnet comme les juifs, mais qui descend sur les oreilles. Et j’avais déjà fait le lien entre le cancer et ce truc. Deux jours après, ou bien était-ce plus tard, quelques années. Je m’asseyais sur le lit, et pleurai. Je ne la reverrai plus jamais. On peut découvrir le beau dans l’art avant les larmes dans la mort. Je l’ai fait.

nouveau jouet

In Uncategorized on décembre 15, 2008 at 3:57

j’ai retrouvé un ancien nouveau jouet aujourd’hui, on est un petit ver, et il faut user d’armes toutes plus spéciales et dévastatrices les unes que les autres afin de tuer ses acolytes lombrics. à la fin du jeu, il n’y a plus qu’un seul ver.

In Uncategorized on décembre 13, 2008 at 4:39

je regarde les gens dans ce métro et aucun ne me paraît beau. ils ont tous plus de vingt-cinq ans. j’ai pas envie de vieillir. je me dis, j’ai eu un quart de siècle hier, et c’est peut-être trop tôt pour penser au suicide.
Je ne veux pas vieillir. Je prends des photos devant le miroir, comme pour me souvenir, dire dans dix ans, à l’imparfait, ma jeunesse. Je m’achète des crèmes qui font le teint juvénile, et du noir pour les yeux. Discrètement, je dis adieu à l’enfance et plonge dans la vieillesse.
Mais mon dieu, ne me fais pas adulte, ne me fais pas ridé.
Ce matin, j’ai vu deux fleuves, asséchés, comme ceux qu’on voit sur Mars, qui suivaient le tracé de mes yeux. Peut-être sont-ce des considérations de jeune demoiselle, oh non, savoir rester jeune, c’est le moteur du monde. De la sexualité. Sans jeunesse, plus de désir, que du sexe et des fluides.
J’ai pas envie de vieillir.
Tout cette réflexion de bas étage à cause du ipod que je lui ai volé, et qui contenait du Lynda Lemay.

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In Uncategorized on novembre 30, 2008 at 2:16

Quand on commence à écrire sur les choses de la tristesse, de la perte, de la mort, de ces trucs qui font chialer dans les chaumières, je me dis qu’il est difficile d’éviter le pathétique. J’aime le pathos, par nature, les morts des animaux au cinéma m’ont toujours fait pleurer. Un jour j’ai même pleuré devant la – soit-disant – mort d’un robot. C’étaient les téléfilms idiots de la une, avec Anne et Foucault. Débile que j’étais, je n’en loupais pas un : il y en avait un qui parlait d’une petite fille dont la mère mourrait. peu avant Noël. Elle la retrouvait sous la forme d’un mannequin de plastique, dans un centre commercial. Le mannequin s’éveillait. Et ça pleurait sous ma chaumière.

D’une façon générale, j’ai toujours été fasciné par la mort et par Noël.

(ex)-citation

In Uncategorized on novembre 25, 2008 at 1:13

Ma soeur, à mon père :

- J’peux mettre un peu la clim ?

- Pourquoi, t’as chaud ?

- Oui.

- Arf, vous êtes tous les mêmes.

Je n’écris pas très bien, pourtant, quand j’écris, ça fait comme la pluie, qui tomberait, sur le sol, ou les toits, en cuivre, verts. M’autorisera-t-on à écrire si j’en ai besoin, et que c’est laid ?

Rêves cette nuit, rêve de la Poterne, sa place, sa statue de la Paix, dont j’observais la coiffe, de dos, où nous avions fait la paix, ou éviter la guerrre, je ne sais plus. Rêves de phénolphtaléïne et dans mon oeil, aveugle, s’éclatent des hymens masculins, en boutons de rose, comme je les aime. Dernières barrières, avant la fin, la mort, de l’un, de l’autre, mais ce sera toujours l’autre.

Rêves cette nuit, qui me rappellent qu’on s’ennuie de tout, même de l’ennui. Et ce qui nous sauve.

Si toutes les masses soumises à l’attraction disparaissent, la loi de l’attraction ne s’en trouverait pas détruite, mais elle resterait simplement sans application possible

Albert Camus, in Le mythe de Sisyphe.

Les Dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

Albert Camus, in Le mythe de Sisyphe.

poterne

Le “je-on”.

In Darianism on novembre 23, 2008 at 8:00

Il serait présomptueux de ma part, au sujet de mes petites faiblesses, an parlant des raccourcis que des déterminismes ont créés, d’imaginer, comme l’aurait dit Freud, qu’elles disparussent au moment de leur découverte.

Mais quand j’écris “je”, ce n’est pas le “moi” qui parle, celui qui vote, celui derrière l’état civil de ma carte d’identité. Ce “je”-là, je l’imagine de la grégarité du “on” de certains papiers, de certaines chansons, de certains romans. On paye ses impôts, on prie Dieu ou Nicolas Sarkozy, on vote Chirac, on critique Royal.

Ce “je-on“, c’est celui que je déteste, celui que j’aimerai enfermer, ou faire sortir, de moi, de cette carcasse calomniée de préjugés, inculte. Ce “je-on” est le signe de ma décadence intellectuelle, de ma vieillesse, de l’enfance, mes lèvres charnues, ma peau souple qui s’en vont.

Ce “je-on” est le spectre du sujet de certais infinitifs. Ce “je-on” serait capable de croire à Dieu, à l’Argent, à l’Amour, au Bonheur. Ce “je-on” se tue quand il fume, vote à droite parce qu’il n’a qu’une vie, balance les piles à la poubelle parce que, hein, ils viendront pas les y chercher, ou se dit, quand des hommes pénètrent dans le cinéma par la sortie de secours, sans l’avoir payer : “Ah, ils sont noirs”.

Alice in Wonderland.

In Haïkuciné on octobre 11, 2008 at 10:00

Je découvre que Tim Burton prépare une adaptation cinéma du livre pour fillettes, prévue pour 2010.

Alice, dans sa version Walt Disney, me terrifie. Tous les personnages, Alice exceptée, sont mus par un vent de folie imprévisible, sans logique, sans intelligence. Et cette folie, même si elle semble désorganisée, construit le mécanisme pernicieux de l’exercice totalitaire du pouvoir, et la mort par exécution.

Le chat est terrifiant. C’est lui la cause de l’exécution promise à Alice. Chat enjôleur et souriant qui, parce qu’il sait se rendre transparent, se permet de se jouer de la reine. Un contre-pouvoir, donc, invisible et solitaire.

J’avais oublié la portée politique de cette oeuvre, et l’attention de Disney à la conserver. Un film pour enfants.

Je me rappelle juste que j’avais “fait la comédie” un soir où Arté diffusait l’adaptation en téléfilm noir-et-blanc. Ma soeur voulait voir ça, et moi Alien 3 sur France 3. J’avais pleuré, car mes parents appuyaient ma sœur.  A l’époque, nous n’avions ni magnétoscope, ni deuxième télévision. Alors, il fallait se battre et vendre son programme télévisé aux parents pour qu’ils acceptent de laisser la primeur du prime à l’un des enfants.

Rame, rame, rameur.

In Darianism on septembre 30, 2008 at 10:00

J’avance à rien dans ce canoë. Entre mon iscription à l’agreg, indiquant que je veux passer du statut de prof de collège de merde à celui de prof de lycée, et celle à un atelier de théâtre, indiquant que je veux passer du statut d’intermittent de la prétention artistique à celui de comédien amateur.

Tout ceci va se terminer en juin par une jolie déculottée, suivie d’une fessée en public.

Où l’on découvre que Parapluie n’est qu’une canne pour aveugle.

Tonton est au fond.

In Uncategorized on septembre 9, 2008 at 7:27

Tonton Pierrot est au fond du trou. Le premier oncle à m’avoir offert deux livres “d’un coup”, deux Walt Disney, ce devait être Le roi et le pauvre et Rox et Roucky. L’avoir lu avec ma cousine Claude, au coin du feu, j’ai souvenance. Un grand poelle, noir, qu’il fallait éviter de toucher tellement c’était chaud.

Je me souviens du sapin immense qui touchait le plafond de la maison de leur domaine. Je me souviens des moutons noirs qui arrivaient quand il les appelaient. Je me souviens de la vieille 4L – est-ce que cela s’écrit de cette façon ? – qu’on avait investie avec ma sœur, et moi qui démontais les petites ampoules (déjà) et qui passais les vitesses.

Il m’avait dit qu’il préférait qu’on lui dise “Bonjour tonton”, plutôt qu’un simple “Bonjour”, impersonnel. Je m’en souviens très bien, parce que j’avais rougi. Ce genre de ravissement verbal n’est pas mon genre, mais depuis ce jour, j’avais toujours accompagné mon salut d’un clin d’oeil patronymique.

Tonton est au fond. Première fois que je suis sur le parvis. Les muscles des joues se contractent à cause du soleil. Pas de soleil. Le cercueil est dans un boîtier climatisé. Un frigo. Naître à 37 et crever à 0 degré Celsius. L’ironie de bas étage. Le cercueil est à roulettes. Le cerceuil fait face à Jésus, légèrement incliné, Jésus, dans sa gangue de rouille séculaire. La famille a des places réservées. Quel privilège, on dirait Cannes, mais sans les flashs. Le curé parle, curé qui les baptisa, les communia, les maria. Qui aurait parié qu’il enterrerait le premier ? Les chant sont beaux. Je n’ai pas les réflexes des catholiques, je ne dis pas “Amen” quand il faut, ou “Avec votre esprit”.

Le parvis. De nouveau. Petits pavés collés. Je regarde mes pieds.

Marche derrière le break Mercedes. Arrêt. On place le cercueil juste au-dessus du trou.

Tata Jeannine s’agite. On a creusé au mauvais endroit. Il faudra faire semblant de l’enterrer, et l’exhumer demain. S’il ne pleut pas, dit le croque-mort.

Toute la famille, les amis, et le reste jouent le jeu. Ils ne savent pas que c’est l’imposture. On dirait un vrai enterrement. On y croirait, à son dernier voyage.

On scelle. On fuit. On va dans une salle, on boit. Les rires reviennent. La vie reprend. Les cravates tombent, les chemises s’entrouvent.

Je bois un double café. Vraissemblablement, ça l’aurait fait marrer d’être enterré au mauvais endroit.

Le temps qui passe.

In Darianism on septembre 8, 2008 at 10:23

Le temps qui passe m’a permis de me rendre compte de pas mal de choses, choses de la vie que je n’avais pas ou mal saisies, enfant.

  • Mes parents vont mourir.
  • Mon chien va mourir.
  • Jérémy va mourir.
  • Je ne sais pas écrire.
Je suis rentré en province, comme j’ai le droit de dire, maintenant que je suis … enfin bref. Train TEOZ. J’ai le souvenir de ces trains encore neufs. Le tissu aurait besoin d’être refaits. Je pourrais m’en occuper, moyennant finance. Oh, je ne dis pas que je saurais le faire, ou même que j’en aurais l’envie, le temps (placer ici un mot que je ne comprends pas ferait décidément trop Beckett. On confond bien le skaï avec quoi déjà).
Bref, un enterrement, en province. L’occasion de mettre mon costume, acheté 200 euros, il y a juste une semaine. Les choses sont vraiment bien faites, car le costume, en plus d’être chic, est noir. C’est le dressing code, j’ai cru comprendre.

La Chambre Verte, Truffaut.

In Uncategorized on septembre 3, 2008 at 4:43

Sixième, en comptant Farenheit 451, que j’avais offert à Cristof.

Je ne peux pas écrire sur la Chambre Verte. Je n’ai écrit que sur la Chambre Verte.

Je crois que la mort, quand elle entre dans nos vies, marque les plus faibles d’une cicatrice, au fer blanc. Faire semblant après que tout aille bien, jusqu’à la fin, jusqu’à sa mort. Les hypocrites et les vivants sont les mêmes personnes.

Je suis de ceux-là. J’ai toujours pensé à la mort, et depuis que le garçon que je n’ai ni vu, ni connu, dont je ne connais pas même le nom, est mort, c’était pire.

Il y a des films qu’on ne peut faire qu’en ayant goûté à la mort. Qu’en ayant goûté au vide des boîtes aux lettres, au silence du téléphone, au siège de cinéma relevé à côté du sien.

Oh, je ne ne veux pas que tu meures.

La chambre est verte, le titre le dit. Le vert n’est-il pas la couleur de l’espoir ?

Combien de films ont dans le titre une chambre ?

Il arrive un âge où l’on connaît plus de morts que de vivants.

Je ne peux pas écrire sur la Chambre Verte. Je ne fais qu’écrire sur le Chambre Verte.

Pink Martini – La Soledad

Folie domestique

In Uncategorized on août 19, 2008 at 10:31

Je me souviens du double-miroir de l’armoire, dans la chambre de mes parents. Son originalité venait du fait que le double miroir était lié par une charnière centrale, si bien que, pendant que ma mère repassait, je joignais les battants pour former l’angle suffisant qui me permettait de glisser la tête. Dans ma cabane réfléchissante, les milles reflets de ma tête pensante me laissaient pantois. Et quand je haussais les sourcils, tirais un peu la langue, ou agitais mes doigts sur le chambranle d’une des portes, j’eusse juré que le reflet le plus éloigné du reflet direct avait du retard sur mon action.

Plus tard, je me questionnais sur le miroir de la salle de bain. Il était écaillé à l’un des coin, comme un miroir pouvait l’être car, à vrai dire, je n’avais aucune idée de la façon dont “marchait” un miroir. Je comprenais à peu près comment les autres objets fonctionnaient et s’agençaient entre eux pour former un monde perceptible – à l’exception peut-être du système de fermeture de la barrière du jardin, dont la languette tortueuse et qui disparaissait derrière un cylindre en acier m’intriguait – mais le fait que la main de la l’homme eût pu concevoir un miroir m’apparaissais comme pure magie.

Vers 14 ans, j’imaginais une pièce circulaire et couverte de miroirs. Qu’y verrait-on ? Il suffisait d’un seul coup d’oeil pour que la chose qu’on eût vu s’évanouisse en le reflet propre au regard interrogateur. Décidément, les miroirs étaient pleins de bizarrerie.

C’était peut-être dans ces moments de mon adolescence que je pris conscience de l’aspect peu classique du monde. Comme un gros mot, je découvrais un monde quantique.

Traîner aux Vieilles Charrues

In Non classé on juillet 22, 2008 at 11:23


La vieillesse m’a pris. Je n’ai pas profité des Vieilles Charrues comme les autres festivaliers. Je n’ai pas bu. Je n’ai pas passé mon temps à discuter avec des gens. J’ai juste entendu la musique. Du matin, au soir parfois.

Les journalistes parlent peu des Vieilles Charrues du soir. Celles d’après 20h, celles d’après les concerts “public bon enfant”, une image qui colle à ce festival comme sa réputation qu’il y pleut à chaque édition (on a même eu du soleil dimanche). Les Vieilles Charrues non des Vanessa Paradis et des Etienne Daho, mais les Vieilles des Wax, des Psy4, des Gogols.
Après 20h, c’est l’alcool qui fait son show, qui envoie une jeunesse ennivrée se jeter les uns contre les autres, à s’en ouvrir les tempes, au devant des scènes. Il s’y joue de la musique que personne n’écoute. Malsain. Cela me fait peur. La Nature s’empare du festival.

Je hais les gens bourrés.

J’ai été profondément choqué par ces messieurs qui, une demi-heure avant leur concert des Dub Incorporation, m’ont pourri la fin de celui de Brisa Roché par des

Dub In ! Dub In !

répétitifs et bêtes.

J’ai été agréablement surpris (pardon pour l’expression toute prête, il est tard et ceci est le blog des expression formatées) par le théâtre de rue, notamment Tony Clifton’s Circus et ses clowns pour adultes.

J’ai failli vomir une fois, après avoir entrouvert le porte d’une des cabines à chiottes.

J’ai souri quand j’ai vu plusieurs cendriers de poche qui trônaient à terre, parmi les déchets. La marque sponsor voulait qu’ils évitent les mégots jetés. C’est cette camelote inrecyclable qu’on balance.

J’aime toujours autant Camille. Je suis tombé amoureux de Constance Verluca et Brisa Roché. Je retire tout ce que j’ai dit de mal au sujet des The Do.

Finalement,mes top 3 :

  • Top 3 des meilleurs performances Live
    • 1 – Camille
    • 2 – The Do
    • 3 – The Wax Taylor
  • Top 3 des trucs les plus dégueu
    • 1 – Ne pas prendre de douche pendant 4 jours, et ne se laver qu’avec des lingettes pour bébés.
    • 2 – Les toilettes chimiques qui débordent de merde
    • 3 – Un mec bourré qui pissait sur le pantalon arraché d’un autre, pendant Gad Elmaleh qui parle de musique marocaine.
  • Top 3 des trucs les plus cons
    • 1 – La vente des ballons en forme de Bob L’éponge, et ceux qui les achètent pour le plaisir de les libérer sous les cris de la foule “Libérez, Bob L’éponge !”
    • 2 – La publicité du tri sur le festival, tournée en ridicule par l’attitude déplorable des festivaliers (des bourgeois occidentaux pour la plupart) qui laissent des tonnes d’ordures derrière eux.
    • 3 – Christophe Maé qui débute son concert par “Ça va les Francofolies ??!!”

C’était pas mal.

Cinéma illimité

In Haïkuciné on juillet 22, 2008 at 11:01

J’ai vidé mon portefeuille.
Et, je fais la réflexion – inavouable – que j’ai déménagé sur Paris afin de profiter pleinement de ma carte UGC illimitée.

Régime spécial

In Non classé on juillet 15, 2008 at 7:46

Matinée de m….
Me suis trompé de métro, et j’ai raté les oraux de physique !

Tiens, J. remplit ses papiers pour la sécu sociale étudiante. Amusant, mais les seuls à ne pas la payer sont les fils de cheminots. Rien concernant les couples de gays qui galèrent avec un salaire de prof à Paris.

La vie est mal faite.

Ingrid : et la suite ?

In Non classé on juillet 4, 2008 at 11:02

Chez une collègue, hier :

- De toute façon, c’est sûr, ils feront une suite.
- Ouais, genre le fils caché qui ré-apparaît pour la saison.
- Attends, on a attendu six ans pour la saison un !
- Oui, mais bon, j’imagine bien, tu vois, le fils caché, et Ingrid obligée de se faire capturer de nouveau pour le sauver.
- Ah, et là, elle retrouve le père, un fark, et ils se remettent ensemble.
- Euh, ils laissent peut-être ça pour Ingrid 3, le retour.
- Mais, si ils peuvent plus faire de marche silencieuse pour sa libération, vous croyez qu’ils vont faire des marches silencieuses pour refaire des marches silencieuses ?
- Le fils Bettancourt, c’est un sacré bonnard !

Que c’est bon d’être cons.

Les ex et le deuil.

In Non classé on juillet 4, 2008 at 2:40

On ne devrait plus utiliser ce mot d’ “ex”. On devrait le brûler, avec le reste, et brûler aussi cette ex-pression : “faire le deuil”.
Flinguer les créateurs de Facebook, les tag en tous genres, ceux qui vous ramènent à une vie passée qu’on voudrait oubliée.

Sage chanson de Camille. Les ex, les ex, c’est sexy.

J’aime trop les boîtes et les souvenirs qui s’y cachent pour savoir le faire, le deuil. Ce déménagement, et l’euphorie, sans doute s’y cache la volonté d’en finir avec le deuil.

Je voudrais être sans mémoire.

Hier, j’ai mis une heure à trouver ma voiture, et le fait que je sois en vélib, sans vraiment m’avancer, ajouta une heure à mon retard sur le sommeil car il fallut trouver une station de retour. Mais Paris, la nuit, ça a de la gueule.
J’ai descendu Mouffetard, les cheveux dans le vent, les yeux inondés et salés par l’air en mouvement. Enfant, j’aimais mes cheveux longs pour que, lorsque je saurais voler, ils fassent comme les drapeaux : flotter.

Ce soir, cheveux en berne.

Mais chut. Ma lettre préférée m’attend.

Je hais mes colocs.

In Non classé on juin 10, 2008 at 1:32


La banlieue, la colocation et la voiture, trio monstrueux qui me fait la vie infernale, triptyque infâme que je m’en vais quitter pour une vie écolo – en ville, c’est entendu.

L’écologie, c’est le domaine de mes colocs. Mes colocs sont sympas et nombreux. La plupart, d’ailleurs, ne m’adressent la parole que rarement, glissant entre deux verrous un “Salut”. Ceux que j’appelle mes colocs, ce sont L. et O., couple hétéro-national : lui est français, elle est québecquoise.

Comme tout Québecquois qui se respecte, et comme tout couple de moins de 25 ans, mes colocs sont bio : ils mangent bio, trient bio (un truc censé faire de l’humus traîne dans le jardin), parlent bio !

Leur souci, c’est que leurs trucs bio prennent de la place. Alors, à la veille de leur départ défintif pour le Québec, j’imagine que la vue de la pile de verre – fier résultat d’un an de tri – les effraya, ou tout au plus, leur fit reconsidérer leurs convictions roots. Bien-sûr, ils eussent pu (forme de pincette) prendre leur courage à deux mains (une expression qu’on utilise trop peu) qu’ils auraient parées de beaux sacs recyclable CHAMPION, et vider gentiment leur vaisselle usagée et autres bouteilles d’huille bio à la benne à verre.

Non.

Mieux valait pour eux déposer ces sacs au bas des poubelles, dans l’espoir que le lutin des poubelles qui ne se nourrit que de verre à recycler viennent consommer ces quelques rebuts.

Le lutin, c’est moi et J., qui déplacèrent 50 kg de verre de nos petits bras, avec ma clio, verre que je cassai avant d’arriver au but.

Je hais les gens.

Besoin de m’électroménager.

In Non classé on mai 2, 2008 at 1:24
Jérémy,

Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment.

Je pense appartement, peinture, lave-linge et lave-vaisselle (le rêve de toutes mes études, sur le point de se réaliser).
Je regarde le prix des apparts, des loyers, je compare le prix du mètre carré avec les autres capitales.
Quand je vais faire caca chez mes parents, je ne prends plus T7J à lire mais Prima Maison (dont sont issues les photos, d’ailleurs).
Je m’intéresse même au prix dans les Monoprix, m’interroge sur la nécessité d’une voiture, l’obligation de la carte orange.
Je dis “Je vais vivre là-bas” et soupire avec les gens quand ils disent “j’irais bien aussi, mais tu comprends, avec des enfants”.
J’apprends à situer les arrondissements, à dire “Il se fait pas chier !” quand à la télé on entend “Seizième”, ou encore “Ouh la la” quand on entend vingtième. Ca m’avait toujours fasiné chez les autres, ce don d’associer un nombre à une expression.
J’imagine un budget sur mon salaire de fonctionnaire, ce que je n’ai jamais fait, avec 600 euros de loyer en moins.
Je cherche un F2 pour deux, avec une seule chambre.
Je suis… Enceint, je crois.

De la capitale, mon cher.

Ou de toi !

Oh my god !

Plus que trois mois.

Parapluie

Les derniers fumoirs

In Non classé on janvier 14, 2008 at 11:28
A Combs La Ville,
Le Lundi 14 Janvier 2007.

Cher,

Week-end parisien. Je suis fatigué. Beaucoup de sexe, peu d’alcool, The Rocky Horror Picture Show, de la vapeur et des rollers.
A vrai dire, les rollers ne sont pas son truc. Deux cents mètres en 1h30, c’était assez fastidieux. Rollers, je vous garde en souvenir.

Ah ! Lire Duras et Beckett sur une terrasse dans le Marais, mater ceux qui te matent. Ah.

C’est souvent.

Pour fumer à Paris, dans des lieux habités, c’est le choc thermique : la terrasse en plein hiver ou le hammam masculin.

Allez, au collège !

Parapluie.

Nos mortifères ébats ont un an.

In Non classé on janvier 1, 2008 at 10:10
Le 1 janvier 2008,
A Saint Léger des Vignes.

Dear Frog,

Bien sûr cette vidéo a un an, et je crois j’y avais posté un premier commentaire bidon.
Savez-vous, dear frog, que ce feeling of déjà-vu m’ennivre. Parce qu’en ces images de la ville dont désormais je connais la lumière, je vois se condenser quelque buée de choses passées.
Navrantes ou pathétiques, je ne sais.

Bonne Année 2008.

Parapluie.

In Non classé on décembre 19, 2007 at 6:37
Samedi 20 Janvier 2007

A Clermont Ferrand, dans un cyber café (celui près du lycée).

Cher petit khâgneux

C’est fort regrettable, mais en cette soirée où vous couchez avec Alain, j’ai peur que vous ne vous mépreniez à mon égard. Le choc de ce mensonge en forme d’Alain m’affecte profondément. Je n’aime pas les menteurs.

Pour vous convaincre, voici cette liste :

1 – Vous ne serez jamais mon petit ami
2 – Je n’ai d’espoir que de faire de vous un grand ami de passage
3 – Je ne serais jamais Hubert
4 – Je suis adepte des rencontres imprévues, c’était la fin de mon vagabondage nocturne, ce soir.
5 – J’étais bien à 24h01
6 – Quelles que soient les préjugés et autres a priori, vous vous méprenez
7 – Je n’ai pas faim, mais me baignerais bien dans une fontaine pétrifiante, pour voir
8 – Je vous aime bien
9 – J’ai horreur de ces gens qui se sentent obligés de se justifier
10 – Je regrette de vous avoir rencontré dans un moment de négation de ma part. Un moment où j’ai nié la réalité pour me blottir en des bras incertains.
11 – Je suis heureux de vous avoir rencontré, et me contrefiche de la réciprocité de cette quelconque énumération
12 – il fallait un autre point quelconque avec cet épithète. le voici
13 – si nous venions à suffisamment nous méprendre pour ne plus nous croiser, alors sachez que la proposition faite en une soirée d’un dimanche tiendra jusqu’à ma mort.
14 – Le temps se prend.

Au plaisir.

Parapluie.

Minute sur pilotis

In Non classé on décembre 10, 2007 at 8:39
A Clermont Ferrand,
Le Vendredi 19 Janvier 2007.

Bonjour, cher ami,

Comme il est difficile de vous croiser, pour je ne sais quelle raison obscure mais forcément mauvaise (pléthore de travail vous disiez? Les minutes sont remplies de vide entre 24h00 et 24h01), j’en viens à ces moyens dégueulasses pour vous accrocher. Comme un enfant se hisse sur les pointes de pied pour atteindre le paquet de gâteaux planqué par une interdiction maternelle, je m’élève au dessus de la médiocrité ambiante pour vous saluer !

Salut donc !

Sachez que je ne désespèrerais pas (loin de là, je suis devenu véritablement indestructible comme une deux chevaux qui tousse) de ne vous parler en direct, et à moins que vous n’égratigniez par de lacrymales insultes le semblant de relation que nous n’entretenons pas, je garderais cet espoir !
Il y a beaucoup de choses dont j’aimerais vous parler, des contes à écouter sous la couette ou même dans un bateau moustique. Si le rasoir d’Ockham vous ignore, partez de ces endroits où les silences sont d’or, et venez crier comme des demeurant dans la course du temps !
J’enquille les mots comme de la viande sur des brochettes, tout ceci est de mauvaise qualité.
A bientôt peut être.
Voici nombre de courts messages économisés.

Parapluie

Tu te trompes

In Non classé on octobre 8, 2007 at 10:35
A Paris,
Dans le RER, un dimanche.

T. comme toi,

Comme mes mots te sont interdits, je te donne ceux des autres. Oh non, je ne suis pas heureux. Car privé d’espoir, mais pas désespéré. A ce sujet :

“On ne mérite nullement un privilège sur Terre et dans le Ciel lorsqu’on a mené sa chère petite douceur de mouton jusqu’à la perfection : on en continue pas moins à être au meilleur cas un cher petit mouton ridicule avec des cornes et rien de plus – en admettant même que l’on ne crève pas de vanité et que l’on ne provoque pas de scandale avec ses attitudes de juges.”

Don Juan
J’ai un ami qui dit que le dictionnaire est son premier livre de chevet.

A plus tard.

Parapluie.

The one i love

In Non classé on septembre 28, 2007 at 7:36
A Saint Léger des Vignes
Le Vendredi 28 Septembre 2007.

L’amour, l’amour, l’amour,

Comment ai-je pu m’enfferer en ce lieu commun. Comment avons nous pu, mon cher Troy, toi et moi, deux individus assez équilibrés, si l’équilibre réside dans le minimum légal d’éducation légale, tomber amoureux ?

Je ne suis pas une adolescente de 16 ans. Les “Je t’aime, moi non plus”, les “Tu veux sortir avec moi” ou encore les “je t’aime” caressés au fond de l’oreille ne me font plus bander. Bien que l’expression soit galvaudée, je ne crois pas en l’amour. Pas en ce marasme qui hante chaque chanson de la radio, qui s’étale au cinéma et se raconte sur un banc du lycée. Ce que je crus appeler “amour” n’était qu’une envie mystérieuse, un instinct naturel de conservation et de reproduction.

Car dire amour, c’est avant tout dire toujours. Dire Entier. Dire Unité. Qu’on employât amour à sa juste valeur et c’eût été le suicide des rimes faciles. Depuis un mois, entendre “je t’aime” dans la bouche d’un mortel me met mal à l’aise.

Dire “Amour”, c’est dire “Eternité”, “Bonheur” ou “Liberté”. S’ils existent, ne reste qu’à Dieu le loisir de les employer en connaissance de cause. Oh, je ne dis pas que je n’aime pas. J’aimais ma mère, alors en l’utérus, et puis je suis devenu un. Si elle était morte alors en cloque, je l’aurais acompagné six pieds sous terre. Parce que je l’aimais, nous étions un, liés à la vie et à la mort. Sans elle pas de moi. C’est l’amour, mon cher.

Alors j’avais l’indécence de lister ceux pour qui j’étais prêt à mourir. En vain. Mourrez donc,mes amis, mais je garderais la vie. Parce que je ne vous aime pas. Je me suis épris de vous, j’ai de l’intérêt et un plaisir immense à être à vos côtés. Mais quant à jouer avec les faux de l’Amour et vous méprendre, pas pour moi. J’apprécie la comédie quand elle est jouée par de bons comédiens.

Mais tout ceci n’est qu’un souci. De vocabulaire, à vrai dire. Quand d’autres me diraient je t’aime, il me dit “j’ai du goût pour vous”. Et alors, j’ai la chance d’apprendre à vivre.

So i keep taking care. But if you can’t understand, i am not going to die. I’ll merely… let it go.

See you my dear.

Parapluie.

PS : je pensais à mes anciens amants. La fausse bonne idée fut de croire les aimer. Il me le rendirent bien.

Sandrine Bonnaire aime sa soeur.

In Non classé on septembre 14, 2007 at 9:08

Le Vendredi 14 Septembre,
A Saint Léger des Vignes.

Cher Jeremie,

A deux doigts de m’indigner. Je viens de rentrer de Combs, et redécouvre la joie de la télévision en l’antre familière.

Celui qui alluma France Inter cette semaine sait que la Sandrine nationale – celle qui fait des films avec des gens tristes dedans et même que ça se finit mal à la fin, ou ça se finit pas, du genre Charles-Rémy ouvre la porte, et là le facteur passe, le sourire aux lèvres puis Générique de fin – Sandrine Bonnaire donc, dont je parlais avant la plus infâme des appositions de toutes nos correspondances réunies, a réalisé un téléfilm sur sa soeur autiste.
Tu le sais bien, je fais partie de ces gens branchés sur France Inter (je travaille pour l’Education Nationale, ce n’est pas pour rien). Alors quand je suis rentré ce soir et ai trouvé la mater larmoyante devant la déconfite Sandrine, cela me fendit le coeur. Puis j’entr’apreçus Mireille Dumas, et fus rassuré : elle lui demande si, selon elle, l’état de sa sœur est due à sa maladie ou à son enfermement en HP.
Cette pauvre dame, celle avec la sœur autiste (pas celle avec la même coiffure que Polnaref), lui répondit sans hésiter que ce sont les médicaments qui, plutôt que de canaliser la violence que l’autisme avait figé en sa sœur, l’avaient piégé dans le jeu des effets secondaires. Que si celle-ci n’avait plus conscience de son corps, c’était entièrement à cause des médicament qui se finissent en -ique qui, selon Docteur ès psycho, Sandrine Bobo, lui faisait passer sa tension de 12 à 8.
Du larmoyant à souhait. Cela me faisait penser à ces premiers physiciens, du temps d’Aristote, qui faisaient de la physique avec le cerveau plutôt qu’avec les mains. Selon eux, les choses fonctionnaient selon le sens commun. Ils ne pouvaient considérer qu’un phénomène dérogent à ce sacré sens commun. Pour exemple, les objets tombent tout simplement parce que toute chose tend à retourner d’où elle vient.
Sandrine s’affaira en direct à réaliser une jolie masturbation du sens commun. La ménagère de moins de cinquante ans, remuée par l’heure de reportage qui précédait, ne pouvait qu’adhérer à la thèse conspiratrice : les psys s’amusent à enfermer les dingues en HP pour les gonfler de médocs à s’en taper contre les murs.
Un psychiâtre était sur le plateau, représentant tout un corps de métier hyper-qualifié et diplômé, mais personne pour l’entendre. Les arguments scientifiques sont de piètres contrepoids face au levier des consciences bien pensantes.

Parce que c’est tellement mieux de se faire pisser les yeux devant une malade que c’est même notre faute si elle comme ça. Plutôt que d’imaginer que si ces gens sont “enfermés” dans des HP (qui ont le mérite d’exister, malgré parfois leurs allures carcérales), c’est que comme nos vieux dans les hospices, personne n’est à la hauteur de leur regard de personnes différentes.

Tu me rétorquerais que je n’ai pas vu le reportage. On y voit certainement Sandrine faire des mamours à soeurette qui, si le moment est bien choisi, bâve un peu. Je crois que la dernière image du reportage, qui a été rediffusée, résume toute l’horreur de la situation médiatique et aculturé de la société. On y voit une fille malade, qui, tout en regardant des images d’elle plus jeune en maillot de bain, pleure. Elle précise alors “Je pleure de joie”. C’était sans compter sur Mme Dumas de rétorquer que certainement ces larmes étaient l’expression d’une intense tristesse. Une autiste qui pleure de joie, ça n’existe pas, en tout cas dans les émissions de Dumas.

Le jour où mes chers concitoyens assumeront leur intelligence, apprenant que le bon sens n’est pas philosophique, que le sens commun n’est pas la voie de la raison, alors peut être laissera-t’on les malades se faire soigner, et les régimes spéciaux de retraite se réformer.

D’ici là, il y a dimanche, et Brigitte Fontaine à la Balle au Bond.

A dans deux jours, donc.

Parapluie.

Francilien !

In Non classé on septembre 10, 2007 at 10:24
A Combs La Ville
Le 31 août 2007.

Francilien !

Ca veut dire que je vis dans la sphère parisienne, à portée des joies de la capitale mais suffisamment loin pour payer un loyer décent.

J’y découvre l’intérêt des automobilistes pour les immatriculations “58″, leur habilité à coller leur pare-choc avant au mien arrière, comme pour dire, hohant la tête : Encore un conard de la province qui connait rien à la vie, qui ne sait pas que le temps c’est de l’argent, et qu’en ville on roule à 70.
Parce qu’on est Francilien en Ile de France. On bosse tous sur Paris, et puis le soir on rentre dans nos cités dortoir. Des cités muettes. Mais on s’en moque parce qu’on ne sait plus entendre.

Ah! Et je goûte à Paname. Que j’aime ma capitale. Les expos, les théâtres qui jouent du Ionesco depuis trente ans, les gens qui lisent au Lux, les clodos qui vendent des livres dans le 5ème, les églises hétéroclytes et le reste homophilisant ! L’expo Pierre et Gilles pour commencer, au Jeu de Paume. Sans intérêt, sinon celui de voir quelques minets à poil. Je ne garderai de cette exposition de peinture sur photo (ou de photo sur peinture, ou de photoshop mal imprimé) que la vision assez érotique d’un éphèbe vacher qui urine dans un pré. Quant au reste, on se croirait dans un magasin de cadres. Tu sais, ces magasins qui mettent de fausses images dans les cadres pour les vendre.

Et puis le Sun City. Bof. Pas pire, pas mieux que quelques autres lieux de volupté de province. Sauf qu’en province, le garçon qui mate les allers et venue ne te propose pas de la cocaïne.

Je m’amuse terriblement. Parce qu’accompagné de la plus belle manière qui soit. Ou pas. Mais libre.

A bientôt.

Parapluie.

Tu crées ?

In Non classé on août 21, 2007 at 12:38
Le Mardi 21 Août 2007
A Saint Léger des Vignes.

Mon cher ami,

Tu me demandas cet après midi si je créais. Je ne crée rien sinon quelques correspondances essoufflées. La rentrée approche et dans deux semaines, je débarque à Créteil, que je sache ou non le collège où je suis affecté.
Je n’ai pas décidé encore à quoi j’occuperai mes nuits de solitudes.
De trop nombreux projets. En voici la liste :

function desactiveFormv11(f) {
if (document.all || document.getElementById) {
for (i = 0; i < f.length; i++) {
var t = f.elements[i];
if (t.type.toLowerCase() == “submit” || t.type.toLowerCase() == “reset”)
t.disabled = true;
}
}
return true;
}

function checkv11(f) {
res = desactiveFormv11(f);
return true;
}

Que faire à la rentrée ?

Apprendre le tennis
Reprendre l’escalade
Apprendre à monter un cheval
Apprendre le latin et l’espagnol (CNED, classe de seconde)
Apprendre le chinois par cours accélérés
Monter une boîte de cours particuliers pour prolo
Faire du Théâtre de Rue Beckettisant
Apprendre le solfège et le saxophone

résultats »

Fonds et images

Qu’en penses-tu ?

Parapluie.



Les "Si" en bouteille

In Non classé on août 20, 2007 at 2:47
Le dimanche 19 Août 2007,
A Nevers.

Chère Vanessa,

Merci encore pour ce prêt salutaire d’appartement. J’ai fuit l’autorité. J’ai fuit les rôdeurs. Dehors.
La nuit dernière, encore, je les entendais. Ils grattent au seuil de ma sagesse, jettent des carcasses dans la flasque aux alouettes. Ils vont même jusqu’à l’attentat, oh oui, ils osent, les attentats àla pudeur! Les pleutres !Ils s’affichent en petite tenue à la fenêtre, feignant l’indifférence, et mon regard. Et mon regard s’y perd.

Ces rôdeurs ne sont pas dangereux. Ils ne sont qu’ombres délaissées, déportées, à achever. Seulement ils remplissent le vide des verres à demi pleins, aiguisent le coin du meuble dans lequel je me cogne chaque matin, perdent ma page dans ces livres où on ne ne la retrouve pas.
Cache leur ces mots, je me dis, cache leur. Fais de ces lettres immatérielles des formules intemporelles. Qu’ils s’y perdent à jamais et n’y reviennent !
Ah ! Les entends-tu, ma belle ? Là,il y en a un. Je sens son regard. Il lisse les mots. Il cherche des réponses, ce soir. Je l’imagine désespéré. Triste. Stoïque.
Déchiffre les lettres, mon bourreau. Abaissez larmes ! A guise, aiguise Armes ! Citoyens.

Je folie. J’ai pris les deux vents, dans mon bateaux à lettres. Là bas, sur le A de Atlantique, on m’a dit. J’ai placé des “Si” dans des bouteilles vides. Commes les poires pour faire de la goutte. Il faut prendre les petits Si, encore verts pour qu’ils rentrent par le goulot. Attends trop et ceux là muriront hors de la bouteille.Puis pourriront.

Transparence. Protection. Gestation. Maturité.

” Délicatement, fait pénétrer le si dans le verre. Il ne faut pas qu’il se détache, sinon c’est foutu !”, ont-ils ajouté. hier, en pleine nuit, dans la vapeur, j’ai placé des si en bouteilles. Lorsque le vent se lève, les bouteilles s’entrechoquent.
On entend “Et si, et si, et si…”.
Quand le si sera mûr, il se détachera. Mais avant, j’espère qu’à la vue de ces conjonctions particulières,les mauvais rôdeurs prendront la poudre d’escampette. Qu’ils s’y shoutent. Ca fera marcher le commerce local.

Que faire de bouteilles de “si” ? Je ne sais pas. S’ennivrer.

Parapluie

The one who left

In Non classé on août 18, 2007 at 3:25
Le Samedi 18 Août,
A Nevers.

Cher T.,

Dans la ville de mon lycée, de mon premier baiser, de ma première clope.

Nevers n’est pas Sans Francisco. Quoique je ne connaise pas Francisco, mais à ce qu’on dit, il est de bon parti.

Je remplis des formulaires. A longueur de journées. Je trie, je compare et j’analyse.
Mon collège d’affectation de l’année prochaine ? Et bien le choix est fait en fonction de son taux de population défavorisée. Statistique très cynique sur un site d’IUFM. Mais rassurante.
Une colocation. Hétéro ou homo. Fumeur, ou contrarié ? Je serais votre voisin de pallier, si tu coches les bonnes cases.
Des formulaires pour une voiture. La marque, l’année mini, le prix maxi, diesel ou essence.
Des formulaires pour un mec. Actif, passif. Parisien, ou non. Désespéré, ou philosophe. Rêveur tel un balai à chiottes, il exprime ma mélancolie dans un profil, en 160 caractères.

Je vis entouré de petites cases. Je coche et décoche, j’achète du sulfurisé, de l’analysé, du triphasé. Du prêt à enfiler. C’est très pratique.

Sauf que je fuis. De celui qui reste, je suis devenu celui qui part.

Barry Malheur au pays des pédés. Le premier chapitre sera The one who left.

I miss you, je crois.

Anyway…

On s’en fout.

Parapluie

Rame, rame, rameur, ramez, on n’avance à rien….

In Non classé on août 4, 2007 at 8:52
Samedi 4 août 2007, à 10h
A Saint Léger desVignes.

Cher Troy,

Départ demain. Juste le temps de poster cela. En espérant que cela te parvienne. Infantilisation. Je suis un gamin. J’ai pas les pattes solides. Les épaules encore moins.

Je pars en canoé, comme dans la chanson d’Alain Souchon. Rien à voir, mais JUSTICE est annoncé comme le renouveau de la scène électro française. C’est amusant. La plupart des mecs et nanas qui écoutent de l’électro le font lors de leur fitness//footing qui pemet d’avoir les fesses fermes. Je trouve cela absurde. Le renouveau de la scène française. Et pourquoi pas l’album de la maturité ?

Ca ne t’est jamais arrivé d’imaginer un monde où rien ne serait à découvrir, tout aurait été fait et refait et rerefait par d’autres avant toi. Ce jour arrivera irrémédiablement, un jour triste où même les moins idiots se rendront compte qu’ils sont las. Las de mater la télévision qui vend des aspirateurs, las de lire Télérama ou les inrocks qui vend des aspirateurs, las de vivre. Pour acheter des aspirateurs, et courir le dimanche matin avec JUSTICE dans le pavillon.

Je vais descendre l’Allier en canoë. Ca va être vie en communauté et Kho Lanta assuré. Je vais revenir avec une indigestion de riz et la forme d’un mélanome géant. Ca va être marrant.

Il n’est pas certain que je trouve grand nombre de boîte aux lettres en plein milieu de Pas grand chose. Je t’écrirai quand même et posterai tout d’un coup à mon retour.
Voici l’itinéraire :

Lundi : Départ de Vichy au Pont Boutiron. arrivée à Varennes Vauzelles.
Mardi : Réserve de Varennes jusqu’à Moulins sur Allier.
Mercredi : Moulins sur Allier jusqu’à Le Veurde.
Jeudi : Le Veurde jusqu’à Fourchambault.
Vendredi : Arrivée à La Charité.
Si je te manque, tu peux discuter avec mon Skaaz, parce que si personne parle avec, on va manquer la scène ultra pathétique des gens qui viennent lui parler le jour de ma mort. On dira, à l’église “Ses dernières volontés : qu’on parle à son Skaaz…”.

Allez, à Ciao, bon dimanche !

Parapluie.

Dans les cartons, la bêtise.

In Non classé on juillet 31, 2007 at 1:49
Le Mardi 31 juillet de 2007,
A Saint Léger des Vignes.

Cher D.,

Les cartons, les cartons, les cartons. Partout, ils s’empilent, j’en vide pour en remplir d’autres de façon plus ordonnée et logique. Parfois je remonte à l’étage pour mettre en vente un truc sur priceminister (mon vieux lecteur CD, mon vieux casque sans fil, des CD sans intérêt…).

Et puis parfois, je retrouve des choses qui me font (re)bondir. La semaine dernière, c’était l’émission “On ne peut pas plaire à tout le monde” de Marc-Olivier Fogiel consacrée à Brigitte Bardot qui m’avait occupé le reste de la soirée. J’avais mis ça dans le vieux magnétosocope qui lit même pas les mp3, et j’étais resté scotché. Comme la première fois, l’envie de vomir sur cette pseudo-icône. J’ai été voir sur YouTube, la vidéo n’est pas disponible. Je la ripperai pour vous montrer, si vous ne la connaissez pas déjà. Sinon, il existe un retranscription écrite.

Et aujourd’hui, je suis tombé sur ce vieux bouquin d’Aldous Huxley, Retour au Meilleur des Mondes. Avez-vous lu Le Meilleur des Mondes (A brave new world) ? C’est le très bon livre d’anticipation, écrit en 1931. Le génie de l’auteur lui fait décrire une société fondée sur l’eugénisme, dont les dirigeants (les “alphas”) sélectionnent leur progénitures par une sorte de manipulation biologique. C’est de la génétique avant l’heure. Une telle capacité d’anticipation oblige au respect.
Il y a quelques années j’avais découvert qu’il avait écrit un autre truc sur le sujet. Non pas une “suite” mais un essai où il donne son avis sur tout et sur rien. Genre je me la pète, j’ai écrit Le Meilleur des Mondes en trois mois, et matez ça : la philosophie de bistrot, je gère tout autant ! Car on est dans un vrai bistrot, et pas des mieux famés. Ca se dispute sur de la science à deux francs et et ca dit avoir de la raison mais sans cervelle. Il y a des choses sur le futur parce qu’il croyait réitérer l’exploit de son chef d’oeuvre. Seulement il se plante d’un façon lamentable. Et bête. C’en est presque incompréhensible qu’un tel être puisse fournir deux oeuvres que tout oppose.

A l’époque, j’avais corné une page, pour me souvenir de déconseiller ce livre. Je vous livre l’extrait en fin de lettre. Quoique… J’ai toujours un peu de mal à déconseiller les choses. C’est pour cela que ce bouqin, je ne vais pas le vendre. Je veux le garder, en souvenir de Mr Huxley, dont la bêtise sait rayonner dans mon étagère sur les Camus, les Gide et les Beckett. Tenez, mon cher D., un extrait de Paludes d’André Gide, l’un de mes auteurs favoris (homosexuel, cela pourrait combler votre culture gay-friendly) que j’ai retrouvé sous le caca littéraire d’Huxley :

Martin et moi nous échangeâmes nos feuilles, tandis qu’Alexandre attendait.
Sur ma feuille on lisait :
Etre aveugle pour se croire heureux. Croire qu’on y voir clair pour ne pas cherche à y voir puisque : L’on ne peut se voir que malheureux.

Sur sa feuille on lisait
Etre heureux de sa cécité. Croire qu’on y voir clair pour ne pas cherche à y voir puisque : L’on ne peut être que malheureux de se voir.


André Gide, Paludes

Je vous laisse ruminer. Même si je ne vous connais pour l’instant que “de vue”, je prend un plaisir infini à me prendre pour des lunettes.

Au petit bonheur.

Parapluie

Dans cette seconde moitié du vingtième siècle, nous n’intervenons pas scientifiquement dans notre reproduction, mais à notre manière anarchique et chaotique, nous ne sommes pas seulement en train de surpeupler notre planète, nous avons l’air de faire en sorte que ces êtres sans cesse plus nombreux soient d’une qualité biologique inférieure. Au mauvais vieux temps, les enfants souffrent de vices héréditaires graves ou même bénins survivaient rarement; aujourd’hui, grâce à l’hygiène, à la pharmaceutique et à la conscience moderne, la plupart de ces diminués atteignent la maturité et propagent leur espèce. Dans les conditions actuelles, tout progrès de la médecine tendra à être contrebalancé par un accroissement correspondant des chances de survie d’individus affligés de quelque insuffisance génétique. Malgré les nouvelles drogues-miracles et des traitements plus efficaces (on peut même dire en certain sens, grâce à eux) la santé physique de la masse ne s’améliorera pas, au contraire, et un déclin de l’intelligence moyenne pourrait bien accompagner cette détérioration.
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes

Déménagement

In Non classé on juillet 30, 2007 at 9:41
A Saint Léger des Vignes
Le Lundi 30 juillet 2007.

Cher Troy,

Clermont Ferrand m’offre un joli bouquet final en guise de pot de départ. Des larmes, du sexe, des ex, du drame passionnel, des gros cons du CAPES… Un beau florilège des quatres années passées en son sein.

Tu l’auras compris : c’était aujourd’hui mon déménagement. Cela explique que ma chambre d’enfant, celle chez mes parents, ressemble à une boutique de dépôt vente. Avec toute ma vie en carton et sur les étalages. Je pourrais facilement me créer une petite cabane, et m’y cacher pour me masturber ou pour lire.

J’ai toujours aimé les cabanes. Cela fait quatre ans que je cherche quelqu’un pour bâtir une cabane avec moi sur ma terrasse et s’y cacher pour la nuit. Tous ont refusé. Je les ai tous plaqué, ces pleutres. Hier, en balançant tout par le balcon, la forme particulière qu’a prise mon matelas de clic clac m’a ramené à ces fantasmes casaniers. Dans l’antre de mousse que formait l’attirail, j’ai glissé la tête puis le reste de mon corps, J’ai placé de chaque côté de ma tête un matelas pour que mes voisins ne me voient pas. Et je me suis isolé. Pour rêver. Au chaud, mais à l’ombre.

Sais-tu que mes voisins sont gays ? C’est hallucinant pour un pédé de découvrir que le couple qu’il mate depuis un an n’est pas composé que de proprets colocataires. Cela explique le regard complaisant et complice que l’un d’eux t’avait lancé quand nous prenions le petit déj’ en slip. Les gens sont d’un sans gêne… C’est un des cadeaux de Clermont Ferrand, une façon de me dire : “tu vois il reste pleins de trucs marrants “.

C’est comme les rues. J’ai l’impression qu’elles se sont mises en fouillis et qu’elles ont amené quelques copines pour que je m’y perde. J’ai encore découvert lors de ma dernière vadrouille du vendredi après-midi (Wax Taylor dans les oreilles, lunettes de soleil et apparail photo dans le sac) des magasins dont je ne connaissais pas l’existence, retrouvé ces lieus que je t’ai dit connaître mais que j’ai été incapable de retrouver. Toute la ville clignait de ses deux yeux, m’envoyant en flashes rupestres de rugueux souvenirs. Sur les pierres noires s’étalaient des instants de joie, où nous nous empruntions des bisous, où il me tenait par la main, où nous nous sommes engueulés, où je lui ai dit que je l’aimai, où il s’est envolé, où je l’ai attendu. La pathétique énumération. J’ai même failli inhumer un ex-petit copain. Mais celui-là avait un cerveau.

Parce que ce sont les éternelles questions qui me font fuir la ville. Celles qui commencent par “C’est quoi l’amour” et se terminent par “sinon le besoin naturel d’assurer une descendance et la rente d’une maison de retraite quand j’aurai Al Zeimer” ?

Adieu Clermont Ferrand, ville de mes études.
Bonsoir Paris.

Adieu anciens problèmes.
Bonsoir les nouveaux !

Parapluie

Parlez après le Skaaz, ou la comère post-mortel

In Non classé on juillet 23, 2007 at 9:11

Mon cher,

Je me dis… Si je meurs, lui restera. J’en connais certains qui ont bien fait de clamser avant l’invention des Skaaz. Car d’autres aurait noyé leur chagrin dans d’imbéciles discussions avec ce bonhomme en pixels post-mortel.
Qui vivra verra.

Parapluie

Racism on the rocks

In Non classé on juillet 1, 2007 at 9:09
Mardi 26 juin 2007
A Clermont Ferrand
Cher Troy,
Tu me demandais si j’écrirais au sujet de ce qu’il se passa samedi soir. Je ne sais pas quoi en dire. Je ne sais pas quoi quoi en penser. Mon cerveau n’a pas réponse à tout. Mon idéal de société non plus. Sarkozy encore moins.
Nous étions sur le quai de la voie de tramway, à acheter deux billets pour aller au théâtre. Des glaçons tombèrent. Aucun danger, je suis Parapluie, mais néanmoins je regardai c’était du ciel que l’eau solide avait chu. Non. Beau soleil de début d’été, 20h00. Le monde souriait. Pas les hommes.Pas ces trois hommes qui tenaient des bouteilles à la main, et qui nous jetaient des glaçons. L’un d’eux souriaient. Un sourire d’enfant, le regard serein. Cela ne pouvait venir d’eux. On s’est retournés, et l’un des glaçons te toucha. J’ eus peur. Tu réagis violemment, et ils arrêtèrent. Moi, tétanisé. La violence me tétanise. Ce sont des images de mon enfance qui reviennent. Je contrôle pas ça. D’autres auraient retroussé leur manches pour leur passer un savon. Moi je tremble comme une feuille sèche. Je pourrais les tuer si je voulais. Je l’ai déjà fait. Ma nature qui frôle ma philosophie. Comme ces sources d’eau bouillante qui affleurent en Islande dans de magnifiques panaches de vapeur, des doutes malsains embuent mon esprit critique que je croyais sage. Aphasique, la bouche bée. La sentinelle au repos.
Leur violence est gratuite. C’est un fait. Qui sont-ils ? Pourquoi prennent-ils la peine de consommer quelques calories pour actionner leurs muscles et catapulter des glaçons vers deux garçons qu’ils ne connaissent pas ? Sont-ce des poètes pragmatiques, désirant faire rimer garçons et glaçons dans l’acte ?Ils sont d’origine africaine, du genre Afrique du Nord, celle qu’on fustige, celle qu’on a cloitré dans les immeubles aux abords des villes, celle qui construit nos bureaux dans le centre de ces mêmes villes. Dans ma tête les amalgammes cristallisent. On s’assoit. Je crois reconnaître le “patois du chantier” dans leur phrasée. Quelques expressions typiques des travailleurs du batîment. Pourquoi nous avoir choisis ? Tu m’avais dit peu de temps avant que je faisais PD. Tu es assez asiatique dans ton genre. Serait-ce le simple racisme, la fameuse homophobie, celles dont on parle dans les livres ? Je ne comprends pas.ALors je pense, je projette, je fais les terribles amalgammes. Comment ne pas en faire ? Je ne suis pas ataraxique, et même si j’aspire vers la sagesse, voilà de belles illusions remises en cause par une petite agression de rien du tout.
Je vais donc me taire. Oublier que je vais certainement enseigner aux enfants de ces pleutres l’année prochaine. J’ai manqué de courage, celui qui m’aurait fait traverser la voie de tramway pour leur demander : Pourquoi?
Parapluie.