Parapluie

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Nausicaa de la Vallée du Vent, à la Filmo.

In Uncategorized on avril 19, 2009 at 1:22

Je me rappelle cette conférence aux Arts & Métiers sur le réchauffement climatique, mesuré par l’intermédiaire de carottages dans les glaces des pôles.
Je me rappelle le spécialiste qui disait qu’il n’existait pas de processus naturel qui compenserait une surproduction de carbone atmosphérique. Que le phénomène irait en s’amplifiant, le taux de CO2 participant à l’effet de serre, la température augmentant, diminuerait la solubilité du dioxyde de carbone dans l’eau, qui réduirait par là même la capacité d’absorption du plancton.

25 ans avant, Miyazaki inventait une forêt de moisissures qui consomme les restes de la pollution des hommes. Hommes toujours aussi cupides pour s’entretuer et vouloir détruire la forêt. On est vraiment une espèce à la con.

Demain, Le Château Ambulant, 15h50, Filmo.

Gran Torino, de Clint Eastwood.

In Haïkuciné on février 26, 2009 at 2:57

J’ai aimé.

Oui, le schéma du film est prévisible, la chute cousue de fil blanc, les blagues racistes et les situations répétitives. Mais à aucun moment on s’ennuie.

Il faut dire qu’il est tellement rare de voir un film américain D’Américains. Visage de l’Amérique, celle des banlieues noyées dans le chômage et les gangs. Fantasme de l’Amérique, la rédemption des conflits passés par la main tendue aux enfants des patries exterminées. Cynisme truculent du vieillard bardé de ses insignes de consommation et ses insultes de vétéran.

Je me rappelle de Clint E., Walt dans le film, sortant de son pick-up et s’adressant au chien de cette façon : C’est la dernière fois. Oui, c’est peut-être le dernier. Film.

De plus, le chinois du film est super mignon. Et les quelques références aux opus de jeunesse de Clint, tout du moins ceux que je suppose (L’inspecteur Harry me semble-t-il), sont délicieux et d’une ironie formidable (quel autre épithète).

Entre les murs, de Laurent Cantet.

In Haïkuciné, Uncategorized on septembre 25, 2008 at 1:24

J’ai des choses à faire à l’Ecole, je ne peux donc soumettre un avis objectif sur ce film.

J’ai néanmoins quelques précisions, et de me joindre au débat, pour faire “polémique”, si vous me permettez.

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on lui reproche sa Palme d’or : il ne la mériterait pas, parce que ce serait une Palme “politique”, voire démagogique.

Toutes les palmes sont politiques, toutes les palmes sont subjectives et n’impliquent que le jury qui les décernent. Laissez-moi néanmoins douter du fait que M. Darcos se soit entretenu avec le jury inernational du festival dans le but de les sensibiliser aux problèmes des établissements scolaires français.

Ce film n’a pas de valeur universelle, c’est à dire, dans trente ans, il apparaîtra comme désuet. C’est juste. Ce n’est néanmoins pas une raison valable pour lui retirer toute valeur, ne serait-ce que celle d’être touché par un sujet quotidien.

Ce film a une valeur quotidienne. Sans dire réaliste. Quotidien. Ordinaire, plutôt qu’extraordinaire comme l’aurait annoncé Sean Penn (c’est à lire sur les affiches : “absolument extraordinaire”. Chose étrange, ces propos n’ont été retranscrits à aucun endroit d’internet…). Et ça me touche, comme je peux concevoir que d’autres soient touchés par les pérégrinations amoureuses d’ados dans un lycée du XVI. Je suis plus sensible aux enjeux d’une oeuvre devant ceux de l’autre.

A lire : une chronique de P. Meirieu au sujet de la pédagogie du prof de Français filmé par Cantet.

Entre les murs, un film de Laurent Cantet, à l’UGC Gobelins.

20 minutes de bonheur, d’Oren Nataf et Isabelle Friedman.

In Schneidermannism on septembre 19, 2008 at 10:06

 

Cette image, un paradoxe en pellicule, une élucubration journalistique.

Une image, dans l’image, celle de la télévision, diffusée sur grand écran, la même image qui subjugue le téléspectateur unique, la ménagère de moins de 50 ans, celle de deuxième partie de soirée.

 

20 minutes de bonheur est un documentaire, sans commentaires, consacré à la production de l’émission Y’a que la vérité qui compte, diffusée sur TF1 jusqu’en novembre 2006. Ce film est diffusée à l’Espace Saint Michel. C’est donc joué d’avance, le film ne trouvera jamais son public, sinon les quelques parisiens qui semblaient découvrir l’émission de Bataille et Fontaine avec ce reportage. Ils disent ne pas avoir de télé.

Ce film est un document, déjà historique, sur une émission  mangée et digérée par une audience faiblissante,  et par des polémiques à répétition : une journaliste de Télérama qui se fait passer pour candidate, ou cette femme agressée par son ex-conjoint quelques jours après la diffusion de l’émission.

20 minutes de bonheur est loin de ce bazar. Ce film n’amène et n’amènera plus de polémique. On peut le regarder sereinement, puis en discuter. Même si, de la bouche des réalisateurs (qui semblaient un peu fatigués), on sait qu’il y avait d’autres films à faire, certains plus durs encore, plus spectaculaires. Ils ne les ont pas fait. 175 h de rushes.

Ce document est un petit bijou. Une caméra est posée sur l’épaule accueillante des acteurs de la télé-VRP (celle qui vend du temps de cerveau disponible pendant ses coupures pub), et sans un commentaire, le spectateur devient voyeur de la réalité quotidienne d’une émission diffusée par TF1.  On touche aux limites incompressibles du travail de journalisme, comme ces personnages qui, parce qu’il y a une caméra, se mettent en scène. Je pense par exemple à Bataille qui fait un debriefing musclé et en caleçon, ou encore le rédacteur en chef Serge Richet qui prépare un gâteau d’anniversaire improvisé pour l’un des témoins.

Ses limites, aussi, dans le fait que le seul protagoniste invisible, c’est TF1, qui achète les programmes produits par Bataille et Fontaine. Comme un oeil invisible, on sent leur regard par l’intermédiaire des courbes médiamétrie, épée de Damoclès contractuelle qui les fait vaciller.

Film qui réhabilite dans mon esprit Bataille et Fontaine, que d’autres ont traînés dans la boue suite à des propos qu’on disait homophobes, quand ce ne sont que des vendeurs d’aspirateurs qui tentent de refiler chaque semaine un modèle identique à une ménagère sur-équipée. Ils ne sont que des pièces d’un système, tous aussi responsables de la merde qu’ils produisent que leur si jolies assistantes qui répondent au téléphone, que Sam, le garçon bonard hôte d’accueil, au sourire angélique, ou que Richet, rédacteur en chef et philosophe de comptoir. Tous coupables, et irresponsables. S’ils ont “interdit” le reportage à sa sortie, c’est parce qu’ils étaient sur le trottoir, à chercher du travail. Saluons tout de même leur autorisation à tout filmer, en amont du “Le rideau, le rideau”, même si cette démarche cachait un calcul : ils étaient alors accusés par leurs détracteurs d’être responsables de l’agression évoquée ci-dessus, un tel reportage eût pu les blanchir. Les réalisateurs ont saisi cette chance. Le film est sorti au mauvais moment.

Aucune télévision, même après le procès perdu par Bataille et Fontaine, n’a acheté ce document.

Reste une interrogation : est-ce que c’est grave ? Est-ce que vendre de cette télévision prive certains d’une quelconque liberté, est-ce que d’autres souffriront ? Je ne sais plus. Je me dis que derrière Bataille et Fontaine, se cache toute l’armée de petits soldats capitalistes, là pour amasser à flux constant de l’argent et permettre, finalement, à l’occident de garder son rythme de vie, au monstre se nourrir et ne pas en finir.

Palindromes, de Todd Solondz.

In Culturization on août 7, 2008 at 9:35

Ce film sur Arté hier soir, est déstabilisant. Surtout à minuit, après deux heures de route et une demi-heure à chercher des clés cachées dans un jardin.

C’était l’histoire de Aviva, Bob, Otto…

En parler ici reviendrait à vous raconter un rêve.

C’est pourquoi l’inattention que prête une oreille étrangère au récit d’un de nos rêves se retrouve dans le mal que nous avons à convaincre un lecteur (…). Et même si le spectateur se laisse convaincre et se livre à notre onde hypnotique, il est rare qu’il ne résiste à un spectacle qui ne comporte aucune intrigue, c’est-à-dire la raie à la craie hypnotisant l’oeil des poules (…).

Jean Cocteau, in Le livre Blanc.

C’est l’histoire d’une grosse fille à la peau noire, qui dormait dans un bois. Elle est réveillé par un garçon de dix ans qui crache des glaires avant de se coucher, et qui lui propose de le suivre pour lui présenter Mama Sunshine, une Chrétienne qui…