Parapluie

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a Biaphine story

In Carrie-Bradshawism on août 12, 2008 at 2:02

Tout autre jeu de mot autour des poils, des pédés et des centres d’épilation laser aurait convenu. J’ai évité le “Sale attente” (voire le “salle à tantes”) et préfère continuer mes détournements de titres de film.

Première séance de désherbage, hier. 1h d’attente. 10 minutes de faisceau. 80 euros. C’était une dame avec l’humour de Valérie Damidot qui tenait le laser. Vue la douleur, c’était heureux.

J’étais arrivé à l’heure, de cellophane enrubanné, afin de protéger de l’air la crème anesthésiante. Les canapés en cuir n’avaient pas bougé. Salle d’attente.

Il n’y avait que des femmes, jeunes pour la plupart, qui patientaient et qui me dévisagèrent à mon entrée. Leur regard inquisiteur, d’insinuer “On me l’avait bien dit que des mecs venaient se faire épiler !” et moi de leur signifier “Et oui, ma grosse !”. Mon jeu favori des salles d’attente, c’est deviner pour quoi les gens sont là. Chez le médecin, c’est difficile. Il faut être attentif au moindre mouchage de nez, au moindre gargarisme gluant. Ici, le jeu est plus simple. Que ces dames sont venues épiler ? Il suffit de chercher le petit morceau de cellophane, qui dépasse d’une manche, d’un bas, ou d’un décolleté.

Deux garçons rentrèrent. Des pédés, c’est évident. L’un ressemblait à un acteur de film olé-olé, habillé en VRP. L’autre, noir, portait des Timberland en cuir.

Attente.

Ces Timberland me regardent. Je m’y enfonce tout doucement, me promène sur les languettes de cuir, évite les petits piques du scratch. Je dévale le lacet. Ce ne sont plus des chaussures, je ne connais plus la forme. Dans le détail, l’objet disparait, ne reste que l’absurdité de son existence. Le monsieur noir ne bouge pas.

Au centre de la pièce, un immense arbre, les racines apparentes façon bronzai.

C’est à moi.

Epilation, mon amour.

In Carrie-Bradshawism on août 6, 2008 at 3:03

La douleur je l’attendais, aigue. Pas à la déco, on croirait un abattoir décoré par Valérie Damidot. Dans la salle d’attente, des dames aux jambes enrubannées comme autant de rouleaux de printemps, le regard interrogateur.

Ce qui m’a le plus étonné, c’est l’odeur de cochon grillé. Aujourd’hui était mon entretien d’information – gratuit – et le test de réaction de ma peau aux radiations LASER.

Après une heure d’attente, on vous fait remplir un formulaire et recopier un morceau de phrase, stipulant que le patient a bien été mis au courant des risques (très faibles). Prochain rendez-vous : lundi. Cette fois-ci, c’est la bonne, et le cochon, ce sera moi.

Epilation, j’écris ton nom.

In Carrie-Bradshawism on juillet 28, 2008 at 12:24

Pas de métaphore dans le titre.

L’une de mes préoccupations du moment, je dois bien l’avouer, est de trouver une méthode efficace, pas chère et sans douleur d’épilation du torse. J’avais déjà testé l’épilation des jambes, et même remarqué que nos voisins européens se préoccupaient eux aussi de leurs jambes lisses. Bien sûr il y a l’épilation laser, celle dont on fait la publicité dans les magazines gays et qui s’exposent dans les saunas (je n’y crois pas, moi, à une clientèle exclusivement imberbe).

Mais, le jeune prolo que je suis ne peut s’offrir les rafales d’ondes courtes. L’épilation Low Cost existe-t-elle ? Quand j’étais plus jeune, j’étais très rasoir pour faire la figue belle à mes prépubères folicules. Et là, bien-sûr, la voix de ma meilleure amie s’était élevée :

Si tu coupes, ça repoussera plus dru ! Tu es fou !

Plus dru, plus dru, soit. Alors, oui, ça a repoussé. Pas tellement plus dru, en fait, je crois que c’est la très ignoble légende urbaine. J’ai laissé poussé, sans que mes envies du retour de mon torse adolescent ne se soient envolées. La mauvaise idée, ça a été d’écouter mon autre meilleure amie, qui me proposa d’utiliser son épilateur (le truc en plastique avec des dents devant), non sur mes jambes mais sur mes frêles pectoraux.

Erreur. Douleur. Les petites dents qui arrachent par paquets mes poils, plus vigoureux que ceux d’une dame, je ne le voudrait pas même à mon ex-petit copain – par contre, à mon pire ennemi, oui, je pense à Romain, qui, en maternelle, m’avait ouvert le menton. Celui-ci arbore d’ailleurs une cicatrice depuis. Non, l’épilateur fraîchement acquis grâce à la complicité de la jeune femme sus-citée – qui m’avait accompagné au supermarché pour faire “couple hétéro qui décide de faire des travaux de jardinage – fut vite oublié en bas d’un meuble de salle de bain poussiéreux.

Restèrent les poils. Il y a une semaine, j’ai attaqué au rasoir. Rasage, gommage, hydratage quotidiens, ça fonctionnent à peu près, même si le résultat n’est pas parfait.

Mais je ne désespère pas. La séance laser, c’est 80 euros. Et il en faut 5 à 10 pour un truc définitif…

L’espagnol s’épile.

In Non classé on août 21, 2007 at 11:18
Cher Fcrank,

Je suis très content d’apprendre que le pays des Chupitos et des Litros me suit dans ma quête des jambes rasées.
Une fois encore, je suis le précurseur d’une mode. Je précise que je portais des vestes ringardes et des pulls à carreaux roses avant tout le monde, des pantalons de lin depuis trois ans et des slims quand j’en avais 16.

Qui m’aime me suive. Le gay 2008 sera épilé. Et croyez-moi. Le frotti frotta de jambes sans bulbes, c’est du Fanta pour qui n’aime pas l’Orangina.

Suite au jeu le plus foireux de la blogaysphère ce soir, je me retire sous l’alcôve rejoindre Harry et Hermione qui vienne de retrouver Ron…

Parapluie.

Claire Bennett et l’épilation

In Non classé on juin 5, 2007 at 10:07
A Clermont Ferrand,
Le mercredi 6 juin 2007.

Cher Pierre-Marie,

Comme je sais que mes histoires de poils te passionnent, et si le cas était contraire je te prierais de me laisser bercer par cette belle illusion, j’ai fait une grande découverte aujourd’hui : j’ai du poil dans les oreilles.
Non ! Pas les gros poils noirs qui sortent des oreilles des vieux qui sont des gens sales qui souvent n’ont plus de dents du tout (je ne serais jamais vieux car d’ici-là, “ils” inventeront le remède à la sénilité) ! Non, je parle des poils auditifs, qui me permettent d’écouter. Tout le monde en a, à vrai dire, mais les autres, je m’en fous. C’est mon prof de physique qui m’a expliqué cela ce matin. J’attendais une petite taquinerie (le prof est taquin, c’est connu) au sujet de ma phobie pilaire, car je le soupçonne d’ouvrir mon courrier parfois. Mais rien.

Ces poils là sont inaccessibles à mon épilateur, j’en ai bien peur. Et puis, mon intelligence exacerbée me prédit que je serais assez ennuyé par la perte de l’ouïe, même si c’est au nom de la Guerre contre le Poil. Je les laisse donc vivre au fond de mon coquillage auriculaire. Ils mourront comme le reste, de toute manière, mais le plus tard possible, hein ? En tout cas après toi.
A ce que j’ai compris, ces poils sont sensibles au spectre sonore : c’est notamment grâce à ce gazon de kératine qu’on perçoit les fréquences, mais non les déphasages. Peu importe.

Je t’entends d’ici ! Non, de non, que vient faire la greluche dans cette histoire? Tu l’as reconnu, c’est Claire, de la série Heroes, qui s’est terminée il y a deux semaines aux Etats-Unis et que tous les gens branchés (oui, Toi, Moi… Les gens branchés) ont déjà vu, ou en tout cas ont fait semblant de voir parce que diffusée en américain (je connais mêmeun garçon qui l’a vu sous titré en malais, et qui faire genre “Ah ouais, je parle cinq langues, dont le malais !”).
En dehors du fait que cette série déchire sa mère (expression issue d’un patois auvergnat, dans une contrée où ils ont majoritairement voté De Villiers, et qui collent ses affiches sous le viaduc avec leurs bras géants.), elle me pose de nombreux problèmes philosophiques, épistémologiques, voire adiabatiques. Tu te souviens de son pouvoir : c’est d’ailleurs l’ouverture de la série. Dans le premier épisode, on découvre que quelques américains ont hérité d’une tare génétique qui les fait voler, réparer,entendre etc… Tout un lot de capacités spéciales, de pouvoirs magiques en fait. Son pouvoir à elle, c’est se régénérer.

Ma question est : comment fait-elle pour avoir des jambes aussi nettes, frêles et délivrées de toute hostilité bulbeuse, alors que ses poils devraient cicatriser dès qu’on en coupe un morceau ?

Je te laisse sur ce point d’interrogation. J’espère t’y retrouver demain.

Parapluie

L’épilation n’est pas un truc de pédés

In Non classé on mai 13, 2007 at 7:02
A Clermont Ferrand,
Le dimanche 13 Mai 2007

Ma chère Liane,

Promets-moi que ces trois jours de souffrance sont les derniers que mes mollets subiront. Que si cela m’a fait aussi mal, c’est seulement parce que mes poils de jambes se prenaient pour des cheveux. J’ai sué à grosses larmes, j’ai prié, crié le nom de mon petit copain, j’ai repassé dans ma tête ce passage dans la petite sirène où Ariel fait ses premiers pas d’humaine, et tordue de douleur, on lui rappelle :
Il faut souffrir pour être belle.

Pour souffrir, jai souffert, quant à être belle ?
D’un point de vue purement politique, ne me manque que l’accouchement pour définitivement demander ma carte d’adhésion à “Ni putes ni soumises”. Vraiment, j’hallucine. Personne n’en parle, mais mesdames, et vous êtes des milliards, sur Terre, au XXI ème siècle, à souffrir en silence au fond d’une baignoire en vous arrachant les bulbes. Personne n’en parle.
Et puis, quel résultat: le point de vue esthétique est navrant. Hier, satisfait, c’était enfin fini, les deux jambes en trois jours, c’était tout doux, parfait, j’allais impressionner le petit malaisien. J’allais faire dodo très fier de moi. Ce matin, le petit déjeuner en plein soleil sur la terrasse manqua de m’achever définitivement. Je suis passé à deux doigts de l’apoplexie tellement ces ilôts de poils qui se baladaient me firent mal au coeur. Sans parler de l’hématome en haut de la cuisse gauche. Douces, mes jambes l’étaient, mais aussi bleues et piquées de poireaux résistants.
Bilan du week-end, deux pots de cire et un évier bouché plus loin :

Mon avenir dans ce pays sera poilu ou ne sera pas.

J’attends maintenant les remarques désobligeantes de mes amis mâles, et je leur balance 50 ans de féminisme et de parité dans leur petit machisme d’anancéphale. Ces poils que j’ai jetés dans l’évier (puis à la poubelle, l’évier bouché me rappelant que le lutin qui mangeait tout ce qu’on lui jetait et qui vivait dans le pied en céramique de l’évier était une invention de mon cerval) sont, plaisanterie mise à part, l’expression de cette fâcheuse habitude que j’ai à me dire, les soirs de solitude : “Et ça fait quoi si je fais ça”.
C’est de cette façon que j’ai commencé la divination (tarot de Marseille), le théâtre, le dessin, la masturbation et mon blog. Mais ça, c’est une autre histoire.
Sinon, j’ai beaucoup pensé à toi. J’ai vu cette image de Sarkozy en jean, et en prime celle magnifique en t-shirt NYPD pendant qu’il faisait son footing sur l’île de Malte.

Une idée de cadeau plus tard, je tape “Sarkozy t-shirt” sur google, et je tombe sur :

A bientôt.
Et n’oublie pas, JUMP ! (Jeunesse de l’UMP, ça ne s’invente pas).

Parapluie.

PS : Cette histoire tombe à poil pour inaugurer le libellé épilation, et ce post scriptum pour placer un dernier jeu de mots foireux.