Le temps est venu de répondre partiellement à une question qu’on dirait galvaudée tellement elle est récurente à travers la blogosphère.
Pourquoi chaque jour ou presque me dis-je : Ah, tiens, je pourrais le blogguer ça !
Rien qu’aujourd’hui, par exemple, devant le 13 h de TF1 (je suis chez mes parents), je me suis dit que je pourrais parler de mes larmes qui sont coulées, celles engendrées par quelques extraits de
Au Monde de
Joël Pommerat, metteur en scène. Dire l’émotion que m’a transmise
le reportage, les images, le commentaire exalté de la journaliste :
Si bien que si lemonde venait à s’endormir, au réveil, il se souviendrait d’un spectacle de Joël Pommerat.
Et puis ce monsieur est autodidacte, je pourrais dans ce blog parler de mon rêve de devenir moi-même metteur en scène, parce que je sais que c’est ça que je suis… Enfin tout ça.
Alors pourquoi? Ce besoin de vomir en public.
Ne se cache-t-il pas en cette attitude de se gargariser devant l’internet la quête d’un salut dans la numérisation de ses démons ? Ecrire ces choses, d’un goût et d’une qualité discutable, pour qu’enfin on vive, on reste, on devienne éternel. Comme ces autres grands écrivains, ceux qu’on publient, et qui vivent poussiéreux au dessus du canapé du bibliophile.
Je veux exister, vivre, alors j’écris, je blogue, je reste ainsi en suspends dans la blogosphère pour l’éternité, ataraxique.
Le blog est la trophalaxie salutaire, le déballage de ses organes génitaux pas géniaux dans le désir d’une immortalité indue.
Je blogue, donc je survis.
Ou bien, platonique, le blog est l’expression de l’amour, la quête d’un indigent du beau, une écriture de l’immortalité (oui, je lis Le Monde de la philosophie)
Ou bien, suis-je juste absurde, et est-ce une façon de pousser ma bille de granite du bout des doigts, Sysyphe heureux de pacotille. Oui, je lis Camus.
Et toi, lecteur, qui es-tu, pourquoi lis-tu ces trucs de mauvaises qualité.
Oh, tu ne répondras pas, pleutre. Et te laisse. Retourne à mes reportages de TF1 qui font les larmes couler.
There’s only sorrow.
Parapluie