Parapluie

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pseudo-motifs

In Darianism on mars 1, 2009 at 4:20

Mardi matin, un monsieur de la police m’amène une convocation judiciaire. Ca fait bizarre de recevoir ce papier, cacheté en deux fois “Police Judiciaire”.  Le motif est abscons : Audition dans une affaire vous concernant. J’eus été très surpris qu’on me convoquât pour une affaire ne me concernant pas.

Je téléphone une fois, me demandant quelle chose que je ne me reproche cette police-là me reproche. Le premier monsieur à képi (ou à casquette, oui, les policiers français ont des casquettes) me répond qu’ils ne donnent pas les motifs par téléphone. Dommage, remarquez, ils ont manqué une occasion de le donner par écrit.

Je me renseigne sur internet, je découvre ce que je pensais : le droit européen interdit ce que la police française se permet : convoquer les citoyens sans motif. Je téléphone de nouveau, même réponse, j’indique que j’ai contacté un avocat. Deux secondes plus tard, j’ai mon motif. Le policier en profite pour me dire qu’il en envoie des centaines des comme ça, et que si tout le monde téléphonait, ce serait une perte de temps, et que si c’était grave, ils seraient venus me chercher, et qu’ils avaient jamais mangé personne. Je dis que sur la centaine de cons convoqués et qui se taisent, il y en a un, moi en l’occurrence, qui fait jouer ses droits.

Nous raccrochions, cordialement. L’audition est toute aussi cordiale, une histoire d’assurance qui ne fait pas son travail. En arrivant, cependant, il me dit :

Ah, oui, c’est vous qui avez appelé pour cette histoire de pseudo-droit. Vous savez, on n’indique jamais les motifs.

Sur le vomi.

In Darianism, Uncategorized on février 10, 2009 at 10:01

Une belle apologie de la vomitude publicitaire, de la condescendance dégueulasse et de ces gens qui s’étonnent encore qu’un dir com filme tout ce qu’il peut pour apâter le chaland.

Je hais l’Homme.

Par exemple, je parle de Pascal Duquenne, le trisomique devenur “de service” pour la marque de forfait qui l’emploie. Et je pense à tous ceux qui en profitent pour commenter et re-commenter cette différence qui les fait bander, mais que très vite, on trouve “presque normale”.

Ecoutez le ton de la journaliste, les mots choisis pour le commentaire. On croirait Jack Bauer en reportage dans une maternelle :

Que ceux qui m’aiment rallient le lobby gay !

In Brian-Kinneism, Darianism on septembre 10, 2008 at 8:34

Depuis deux semaines, j’essaie de me faire violence sur un blog catholique, sobrement appelé “Veille éducation”. Je vous invite à le visiter, et poster ici vos commentaires sur les articles, vu que ceux qui viennent de laïques sont modérés. Je compte ainsi, par cet article, faire vivre ce lobby gay qui fait si peur à l’auteur du blog. Ames sensibles, s’abstenir.
Mon commentaire, donc, à l’article X. Darcos et le catholiscisme.

L’UMP n’est pas de droite, je suis bien d’accord et pire, le PS non plus, on le lit partout, ce doit être vrai, et pareil pour Jésus, pas sûr qu’il soit chrétien, après tout.
Bref, encore un qui donne son avis, citant de forcément très nombreuses références, sans jamais faire poindre un lien html. Quel dommage.
Deuxième chose, que vous croyiez qu’il y ait 5000 orphelins dans le monde est votre affaire, mais comprenez que je ne puisse admettre cela. Ca s’appelle de la bêtise.
Troisième chose, les homos qui revendiquent le droit à la parentalité le font parce qu’ils estiment que c’est leur liberté, en tant qu’homme, de bénéficier du droit à être parent. Comme un hétéro. De la même façon, qui parle d’adopter ? Quand les droits parentaux, au sein du couple homo, seront reconnus, alors oui la question de l’adoption pourra être posée. Mais pour l’instant, un couple homo (oui, couple signifie deux personnes) ou lesbien dont l’un des deux est parent “par les voies du seigneur” (je ne parle pas de l’oreille, hein) ne peut pas faire que pour son compagnon soit reconnue une autorité parentale. Pour l’administration, c’est de la colocation.
Alors, hélas, vos critiques ont encore un peu en avance. Mais je ne désespère pas, le lobby homo avance. Aujourd’hui, maire de Paris, demain…

Dent pour oeil.

In Darianism on août 14, 2008 at 8:43

Dans la matinée du 28 janvier, José Laboureur, professeur de technologie au collège Gilles-de-Chin de Berlaimont (Nord), avait jeté à terre les affaires de son élève de 6e, avant de le plaquer contre un mur. Le garçon avait alors traité de “connard” le professeur, qui l’avait giflé et à nouveau plaqué contre un mur. Après une plainte du père de l’adolescent, gendarme, l’enseignant avait été interpellé à son domicile et placé en garde à vue pendant 24 heures. Au cours de son audition, il avait reconnu et regretté les faits, et admis une dépendance” à l’alcool. L’affaire avait suscité l’émoi dans le corps enseignant. Poursuivi pour “violences aggravées sur mineur”, José Laboureur encourait cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le parquet avait requis une amende de 800 euros à son encontre.

J’ai lu ça sur lemonde.fr.

J’ai eu dix ans. J’ai traité de connard la personne qui me plaquait au mur, qui me plaquait la tête au sol.

J’ai lu les commentaires, sous l’article. J’ai quelques nausées.

Bravo, à la rentrée tous les élèves de france et de navarre pourront enfin insulter leurs profs à volonté et en toute impunité, il était temps! j’espère que le père de cet élève martyre va bientôt avoir une promotion et qu’on élèvera une statue à ce pauvre enfant pour les souffrances qu’il à enduré… La justice française est une HONTE!

Un bon prof,ca devrait etre ca!Il devrait avoir la passion d’enseigner!

(…) je suis un papi adore par ses deux petits enfants mais il m’arrive de donner une claque quand ils manquent de respect et nous n’en faisons pas une affaire!

Je suis “soixante-huitard” et d’extrême gauche; quand j’étais gosse et que mon prof ou mon instit me flanquait une gifle ou un coup de pied dans le c.., mon père en faisait autant. je trouvais ça normal et je continue à le penser. l’autorité des enseignants loit être acceptée et non discutée.

Sont invoquées des questions de respect mutuel, des questions d’autorité à assouvir, des choses aussi sur la société et son déclin. Sombre décadence que celle d’une société dont la renommée s’est notamment construite sur du papier, paraphé par des Lumières au sujet de Certains Droits de l’homme. Que le coupable ait été alcoolique, que l’assaillant adulte fasse cinq fois le poids de sa victime, qu’il y ait, en plus, une relation hiérarchique entre les deux reconnue par la majorité de l’assemblée témoin de la scène, tout ceci se retrouve sous le tapis tissé d’airain du sens commun.

J’use de cette logique quand je coupe une ligne blanche parce que la route est désespéremnt vide. Pourtant, je paye mes 90 euros d’amende, en bronchant un peu. Mais c’est la loi. Malgré le fait que je sois stressé par les autres usagers de la route, pas de clémence.

De la même manière, si ce professeur avait frappé non l’enfant, mais le parent, qui plus est, gendarme, l’issue aurait-elle été la même ? Allons, les professeurs sont des gens tout autant stressés par la hiérarchie parentale, d’une attitude ô combien présomptueuse vis-à-vis de l’éducation de leur enfants, que par la progéniture qui finalement, ne reproduit que discours entendus au foyer.

Mais comme on dit dans les cour de récré, dans les tribunal et dans le PMU du coin de la rue : une bonne baffe n’a jamais fait de mal à personne. Parlez-en à mon psy, mes pauvres gens !

Trop c’est trop! Déjà qu’on ne pouvait plus battre sa femme sans risquer le tribunal, que les flics ne peuvent plus cogner sans risquer des emmerdements, que les adjudants ne peuvent plus brimer les bidasses, voilà que les profs ne peuvent plus mettre de torgnoles aux sales gamins qu’ils s’évertuent à éduquer. Ah la tendre violence des familles! Ah la douce violence des écoles! On ne peut repenser qu’avec nostalgie à tous les coups qu’on a reçus étant gosse. Si on ne peut plus cogner, merdre!

Traîner aux Vieilles Charrues

In Non classé on juillet 22, 2008 at 11:23


La vieillesse m’a pris. Je n’ai pas profité des Vieilles Charrues comme les autres festivaliers. Je n’ai pas bu. Je n’ai pas passé mon temps à discuter avec des gens. J’ai juste entendu la musique. Du matin, au soir parfois.

Les journalistes parlent peu des Vieilles Charrues du soir. Celles d’après 20h, celles d’après les concerts “public bon enfant”, une image qui colle à ce festival comme sa réputation qu’il y pleut à chaque édition (on a même eu du soleil dimanche). Les Vieilles Charrues non des Vanessa Paradis et des Etienne Daho, mais les Vieilles des Wax, des Psy4, des Gogols.
Après 20h, c’est l’alcool qui fait son show, qui envoie une jeunesse ennivrée se jeter les uns contre les autres, à s’en ouvrir les tempes, au devant des scènes. Il s’y joue de la musique que personne n’écoute. Malsain. Cela me fait peur. La Nature s’empare du festival.

Je hais les gens bourrés.

J’ai été profondément choqué par ces messieurs qui, une demi-heure avant leur concert des Dub Incorporation, m’ont pourri la fin de celui de Brisa Roché par des

Dub In ! Dub In !

répétitifs et bêtes.

J’ai été agréablement surpris (pardon pour l’expression toute prête, il est tard et ceci est le blog des expression formatées) par le théâtre de rue, notamment Tony Clifton’s Circus et ses clowns pour adultes.

J’ai failli vomir une fois, après avoir entrouvert le porte d’une des cabines à chiottes.

J’ai souri quand j’ai vu plusieurs cendriers de poche qui trônaient à terre, parmi les déchets. La marque sponsor voulait qu’ils évitent les mégots jetés. C’est cette camelote inrecyclable qu’on balance.

J’aime toujours autant Camille. Je suis tombé amoureux de Constance Verluca et Brisa Roché. Je retire tout ce que j’ai dit de mal au sujet des The Do.

Finalement,mes top 3 :

  • Top 3 des meilleurs performances Live
    • 1 – Camille
    • 2 – The Do
    • 3 – The Wax Taylor
  • Top 3 des trucs les plus dégueu
    • 1 – Ne pas prendre de douche pendant 4 jours, et ne se laver qu’avec des lingettes pour bébés.
    • 2 – Les toilettes chimiques qui débordent de merde
    • 3 – Un mec bourré qui pissait sur le pantalon arraché d’un autre, pendant Gad Elmaleh qui parle de musique marocaine.
  • Top 3 des trucs les plus cons
    • 1 – La vente des ballons en forme de Bob L’éponge, et ceux qui les achètent pour le plaisir de les libérer sous les cris de la foule “Libérez, Bob L’éponge !”
    • 2 – La publicité du tri sur le festival, tournée en ridicule par l’attitude déplorable des festivaliers (des bourgeois occidentaux pour la plupart) qui laissent des tonnes d’ordures derrière eux.
    • 3 – Christophe Maé qui débute son concert par “Ça va les Francofolies ??!!”

C’était pas mal.

Le Monde et le Red Bull vodka.

In Schneidermannism on juillet 15, 2008 at 10:06

Malgré la photographie en médaillon, ce journaliste du Monde a confondu le Red Bull et la canette enflammée du Burn, boisson ne contenant pas de taurine.

Un prétexte dont j’use afin d’évoquer cette publicité qui me fait avoir des problèmes de respiration intense au cinéma. Un monsieur qui travaille à La Défense reçoit une fiente de pigeon sur son costume. Après avoir consommé de la boisson aux couilles de taureaux, le voici qui, sous l’effet de la taurine, prend son envol pour se venger et uriner sur l’objet à plume délictueux.
Ah, bien-sûr, il y a la loi du Talion, chose assez exécrable quand elle est donnée d’une façon si naturelle. Mais ce qui fait de mon bouchon un projectile prêt de s’envoler (mais sans avoir consommé de R.B.), c’est le fait que le garçon prout-prout, avant de s’envoler, jette sa cannette ailleurs que dans une poubelle. Et ça, c’est vraiment pas bien.

A se demander si ça n’est pas de l’extrait de couille de boeuf qu’il y a là-dedans.

Ailleurs :
[miamz]

Ces gens-là.

In Darianism on juillet 12, 2008 at 3:59

La particule adverbiale ci est une forme réduite de ici qui marque la proximité de quelque chose dans l’espace ou dans le temps par rapport à la personne qui parle.

Je n’ai rien contre ces gens-là, mais enfin, quand-même, ils sont sans-gène.


La bourgeoise blonde et blanche s’adresse à ma voisine et moi-même qui, difficilement, gardons porte ouverte à la poste bondée de Combs-La-Ville. Ces gens-là, que la blonde éloigne de moi en m’en parlant, ce sont les noirs. Une, en particulier, cheveux bouclés, très grande dame au boubou peut-être trop coloré pour que la blanche la considère comme son égale.

Pourtant, ce sont deux bourgeoises. L’odeur de leur portefeuille eût pu les ramener à la raison, et éviter la prise de bec, parce que l’une serait passée devant l’autre.

Scène de racisme primaire, désespérément classique. J’ai honte. J’ai vu ce regard au fond de la dame blonde, un regard condescendant, le regard qui cherche le consentement, qui exprime… Le sens commun, je crois, le bon entendement, de ceux qui se disent “On se comprend” et qui ne savent pas parler, s’exprimer.

Pendant ces quelques instants, je voulais être noir. Etre noir, pour être anonyme, pour être non de ces gens-là mais de ceux-ci, tout près. Près de la dame en blond, trop près pour qu’elle me rentrer dans une particule adverbiale, et ma couleur l’aurait cloîtrée dans son marasme dont elle ne m’aurait aspergé.

Paris 90210

In Non classé on juillet 7, 2008 at 2:56

Un peu de kitchissime… Je vous laisse remarquer où les costumiers ont disposé le béret institutionnel.
Dans quel quartier sont-elles ? Parce que c’est vraiment laid. Bercy village ?

Ingrid : et la suite ?

In Non classé on juillet 4, 2008 at 11:02

Chez une collègue, hier :

- De toute façon, c’est sûr, ils feront une suite.
- Ouais, genre le fils caché qui ré-apparaît pour la saison.
- Attends, on a attendu six ans pour la saison un !
- Oui, mais bon, j’imagine bien, tu vois, le fils caché, et Ingrid obligée de se faire capturer de nouveau pour le sauver.
- Ah, et là, elle retrouve le père, un fark, et ils se remettent ensemble.
- Euh, ils laissent peut-être ça pour Ingrid 3, le retour.
- Mais, si ils peuvent plus faire de marche silencieuse pour sa libération, vous croyez qu’ils vont faire des marches silencieuses pour refaire des marches silencieuses ?
- Le fils Bettancourt, c’est un sacré bonnard !

Que c’est bon d’être cons.

Le clip de Justice n’est pas raciste.

In Non classé on mai 10, 2008 at 5:14

Le clip Stress de Justice, montrant de jeunes hommes dont le peau est colorée, a fait buzz sur dailymotion. Maintenant que le buzz est retombé comme les sarcoptes périssent par les effluves d’ascabiol, je peux poster ce petit truc inutile, fruit de ma réflexion d’alors.

En France,dès lors qu’une oeuvre, qu’un film ou qu’une émission de télévision montre des gens colorés (et jeunes), la clique intello se questionne sur le racisme de l’auteur. A croire la nécessité d’un néologisme bancal pour décrire cette thèse absurde de voir le racisme partout : le racismisme.
Dans ce clip, je vois surtout la pauvreté et la “ghettoïsation” d’une partie de la population qui tire vers la violence ces victimes les plus faibles.
Oh, oui, le clip de justice est raciste : provoquant, il filme la réalité de plusieurs décennies de racisme institutionnel envers les noirs, les jaunes, les juifs, les Belges, les handicapés, les pédés, les vieux, les gros, les jeunes et les roux.
Oh, non, le clip de Justice n’est pas plus raciste qu’un film américain qui choisit de représenter les dirigeants des puissances mondiales par des hommes gros et blancs.

Raconter ma laïfe

In Non classé on avril 23, 2008 at 10:14
Chère Emilie,

Je pars pour Madrid demain.
Je laisse en France le père qui ne veut pas encore entendre que son fils est PD. Je ne veux plus expliquer. J’en ai marre de faire le pédagogue pédé, le pédégogue, marre de colporter la bonne parole humaniste dans les contrées reculées de la Nièvre, marre de combattre le foutu déterminisme des bouseux.
Ici se reproduit la pire espèce de racistes, d’homophobes et de gauchistes de France. Ca me débecte. Je n’en peux plus de souffrir de me taire, de vivre ma sexualité et tout le reste d’une manière tout aussi ordianire et banale que mes concitoyens léogartiens. J’ai le droit d’avoir une vie chiante ! C’est tout de même bizarre que chaque jour passé dans la Nièvre ressemble à un épisode de Queer as folk ! Et non aux séquences avec Brian, crois-moi !

Je te raconterai.

Parapluie.

PS : Lis ça, c’est bien.

Exclusif : une faut d’orthographe dans Le Monde !

In Non classé on avril 21, 2008 at 3:09


Qu’est-ce qu’une information ?
Que-ce que l’Information ?
Aujourd’hui, encore M. Edouard Leclerc à la télévision , invité pour s’expliquer sur sa campagne de pub qui balance (Nous, les gentils défenseurs des prix bas, on va faire baisser les prix en baisant les pharmaciens !), et je regarde, avec Père à côté. Elise Lucet essaie tant bien que mal de le coincer, mais c’est une greluche. Elle se fait manger. Est-ce une information ? Est-ce que le fait qu’un industriel décide de lancer une campagne de pub, visant à faire parler de sa marque, et que cette campagne, accrocheuse et jugée insultante par toute une profession, riposte par une autre campagne de pub, visant à vanter la philosphie d’un corps de métier, est une information ?
Surtout quand il est si facile de rappeler que la dite pub a été interdite !
Mais non, Elise oublie, Elise est… Comment le dire sans être vulgaire ?

Encore une fois, la presse, les JT et toute la blogosphère est passée à côté de l’information qu’il ne fallait pas manquer. Le Monde a fait une faute d’orthographe dans des titres, une faute à J.K. Rowling, que le journaliste orthographie “J.K. Rawling”.

Mais, ça, personne n’en parle , trop occupés que nous sommes à acheter du paracétamol au supermarché.

Parodie de la pub sus-citée :

Decize : Le Noir et La Loire

In Non classé on février 29, 2008 at 12:36
A Saint Léger des Vignes,
Le vendredi 29 Février 2008.

Cher Monsieur VALLET,


Je suis Decizois depuis 24 ans et jamais je n’ai été aussi déçu par la ville qui m’a vu naître. Homosexuel, je pourrais être habitué aux quolibets de mes concitoyens, mais l’orientation sexuelle ne se juge pas à une frisure de chevelure ou à une couleur de peau.

Je suis rentré en la campagne nivernaise ce week-end, accompagné de mon réunionnais de petit ami. Je n’ai pu calmer ma fougue exaltée et l’envie de lui faire affronter ces remparts, ces deux Loire, ces pierres qui pavaient mes promenades collégiennes. Mais d’un affront imaginé notre escapade qui se voulait mélancolique et amoureuse n’a été que source d’un constat stupéfiant. Et pesant. Car pesants sont certains regards indigènes sur la peau sombre de mon copain. L’attitude de vos concitoyens, de vos administrés, est détestable.

Demain, nous rentrons en région parisienne, avec l’idée que la campagne nivernaise est emplie de ces électeurs de gauche racistes et incultes. La proximité d’élections municipales sera, j’espère, l’occasion de rappeler quelques valeurs fondatrices de notre République.

De là, je compatis au marasme et plains les derniers Nivernais sensés qui sont soumis à la fréquentation de cette France d’en bas. Celle qui juge, qui pense tout haut, celle qui regarde.

Parapluie

99 F, Begbeider et Guy Mocquet

In Haïkuciné on novembre 4, 2007 at 8:47
A Combs La Ville,
Le Samedi 3 Novembre.

Cher PM,

Je n’aime pas le cinéma français quand il prend la forme d’un 99 F.

Pourtant j’ai ri. Beaucoup ri. La médiocrité du jeu de Jean Dujardin n’enlevant rien aux quelques vannes gracieusement (grassement ?) disséminées dans le film. On retrouve cet humour corporatiste qui avait fait la grandeur de ce que les audacieux appelaient alors “L’esprit Canal” (avant que ces mêmes audacieux n’accèdassent à la vérité qui dit que CANAL+ est notamment une boîte privée dont les dirigeants doivent répondre devant un conseil d’administration). Seulement, Beigbeder n’est pas les nuls. Juste un monogame compulsif : il s’aime lui et veut le montrer en se montrant.
La réalisation, directement inspirée des spots publicitaires autour desquels est construit le film, pique les yeux. Une autre source d’inspiration est les films des années 80/90, je pense à Naqoyqatsi pour les scènes rapides et Trainspotting ou Las Vegas Parano pour les scènes de junkies. Copier n’est pas tromper, tout le monde le fait, non ?

Non, ce qui me gêne dans ce film, c’est qu’une catégorie forcément nombreuse de Français puisse en sortir avec le torse dressé et le ventre serré, et chansonner :”La pub, c’est de la merde, et que c’est flippant, mais moi, je suis pas un chien de capitaliste !”, sans doute mu du même sentiment dont rayonnent quelques lâches qui laissent des pièces jaunes dans les mains qu’on leur tend dans le métro. Le sentiment de ne pas en être, de s’élever, d’être un apôtre de la sagesse. Et des lieux communs hélas. En ce sens, la fin du film est exaspérante : d’une critique grossière mais au second degré divertissant, la sauce qu’on nous sert prend vite l’aspect d’une mayonnaise McDo goût Grillé. Le film conclut par une complainte néomoraliste selon laquelle 10 pour cent de l’argent consacrée à la pub dans le monde (500 millions d’euros) réduirait de moitié la pauvreté. Mais si l’argent était la solution à la pauvreté, mon cher Jan Kounen, les dons fournis par exemple lors de la catastrophe du tsunami (300 millions d’euros récoltés) l’auraient résolue à 40 % (à quelques noirs près). Remarque, le garçon n’est pas bête, et qui sait lire les statistiques (tu es de ces gens qui aiment les chiffres) peut y déceler un doute de leur créateur en la vérité proférée : pourquoi dire dix pour cent sauverait la moitié, et non vingt la totalité ?
Ce peut cacher un problème un plus complexe, et qui dépasse de loin l’un et l’autre des deux cons pères du film. Le message en blanc et qui défile sur le fond noir est l’expression des nouveaux lieux communs, de la nouvelle sagesse collective que tout un chacun se doit d’apprendre et répéter pour ne pas oublier. Le réalisateur ne se trompe pas : en empruntant la réthorique des associations de prévention (sida Mettez des capotes où vous mourrez malades ; sécurité routière Mettez la ceinture où vous mourrez écrasés ; alcoolisme Mettez vous une murge mais laissez votre meilleur pote planter la caisse à votre place) et autres ONG (Action contre la fin du monde etc), il participe à une pratique d’infantilisation propre à la communication qu’il eût été intelligent de dénoncer.

C’est dommage.

Bref, pour 8 euros, j’allais le lendemain voir l’exposition Giacometti à Beaubourg. Et c’était vachement bien.

Ah oui ! Guy Mocquet ! Je pensais que faire un bon film à partir de l’idée de Frédéric Beigbeder eût été une lettre de Guy Mocquet alternative. Plutôt que de justifier grâce au mal-souvenir (aussi évident qu’il puisse apparaitre à ce bête président) d’un évènement de non-résistance le symbole d’une nécessité de rigueur en l’éducation nationale, pourquoi ne pas indiquer un jour de réflexion sur les objets graphiques et la propagande télévisée, et ce dès le collège ? Ces jeunes-là, qui pour la plupart n’iront pas en première L ou terminale S, n’auront eu aucune formation critique à ce sujet. C’est regrettable. Alors, oui, si ce film peut par hasard se faire questionner un ou deux de mes gamins au sujet de ce qu’on leur balance entre deux épisodes de la Star’ Ac, qu’on n’en parle plus et qu’on y coure tous !

Parapluie

PS : Une chose formidable dans le film est la critique, hélas uniquement dirigée vers le PDG de Danone (et non vers les “créatifs” qui passent pour des victimes du système, pauvres petites putes parisiennes), du casting à tendance blanchissante qui est utilisé dans les pubs pour les yaourts (Une fille châtain clair blanche à forte poitrine plutôt qu’un homme brun vieux et moche (excepté Richard Berry, ça vous étonne ?)). Ce me rappelle cette vidéo que je t’invite à visionner dans laquelle Bataille et Fontaine décrivent la fameuse ménagère qui fait son repassage pendant que le mari se tripote devant la télé avec une bière dans chaque main :

C’est quoi, le lobbying ?

In Non classé on octobre 3, 2007 at 8:24
envoyé par lilalilou

A Combs La Ville,
Le 03 octobre 2007.

Mon cher Nicolas,

Plus de nouvelle, bonne nouvelle.

Mais peu importe. Télespectateur du dimanche, tu as remarqué que Paul Amar squatte désormais la tranche horaire encore salutaire l’an dernier. Mais ils ont supprimé Arrêt Sur Images, ces “ILS” qu’on aimerait indéfinis, mais qui sont les patrons de chaînes publiques.

Plutôt que de revenir sur la polémique, je te propose de visiter ce nouveau site alterjournaliste. Il y a de grandes chances pour que tu aies déjà visionné la vidéo jointe. Je te précise que je suis au bord de m’indigner. C’est dire.

Et puis, on me vola mon antenne de Clio. Cela se passa à Nevers… Loin des banlieues malfamées que j’eus l’occasion de croiser sur la route. Bref, loin de la radio, loin de Sarkozy ! Je n’étais même pas au courant qu’il avait chapeauté sa succession à Neuilly. Cela valut bien un reportage sur l’édition de FRANCE 3 nationale. A quand un reportage sur la mairie de Nevers ? Ah ok, il y a moins de riches, moins d’anciens présidents dans les anciens notables locaux et c’est tellement plus loin des caméras centralisées des médias français ! Nous avons tout de même un ancien premier ministre dans la manche (ou plutôt dans la botte) !
Ah mince, il est suicidé…

Bref, tout cela m’inspire l’Islande. Les cervaux. Un chalet dans la neige. Et le silence.

Je t’embrasse.

Parapluie.

The one i love

In Non classé on septembre 28, 2007 at 7:36
A Saint Léger des Vignes
Le Vendredi 28 Septembre 2007.

L’amour, l’amour, l’amour,

Comment ai-je pu m’enfferer en ce lieu commun. Comment avons nous pu, mon cher Troy, toi et moi, deux individus assez équilibrés, si l’équilibre réside dans le minimum légal d’éducation légale, tomber amoureux ?

Je ne suis pas une adolescente de 16 ans. Les “Je t’aime, moi non plus”, les “Tu veux sortir avec moi” ou encore les “je t’aime” caressés au fond de l’oreille ne me font plus bander. Bien que l’expression soit galvaudée, je ne crois pas en l’amour. Pas en ce marasme qui hante chaque chanson de la radio, qui s’étale au cinéma et se raconte sur un banc du lycée. Ce que je crus appeler “amour” n’était qu’une envie mystérieuse, un instinct naturel de conservation et de reproduction.

Car dire amour, c’est avant tout dire toujours. Dire Entier. Dire Unité. Qu’on employât amour à sa juste valeur et c’eût été le suicide des rimes faciles. Depuis un mois, entendre “je t’aime” dans la bouche d’un mortel me met mal à l’aise.

Dire “Amour”, c’est dire “Eternité”, “Bonheur” ou “Liberté”. S’ils existent, ne reste qu’à Dieu le loisir de les employer en connaissance de cause. Oh, je ne dis pas que je n’aime pas. J’aimais ma mère, alors en l’utérus, et puis je suis devenu un. Si elle était morte alors en cloque, je l’aurais acompagné six pieds sous terre. Parce que je l’aimais, nous étions un, liés à la vie et à la mort. Sans elle pas de moi. C’est l’amour, mon cher.

Alors j’avais l’indécence de lister ceux pour qui j’étais prêt à mourir. En vain. Mourrez donc,mes amis, mais je garderais la vie. Parce que je ne vous aime pas. Je me suis épris de vous, j’ai de l’intérêt et un plaisir immense à être à vos côtés. Mais quant à jouer avec les faux de l’Amour et vous méprendre, pas pour moi. J’apprécie la comédie quand elle est jouée par de bons comédiens.

Mais tout ceci n’est qu’un souci. De vocabulaire, à vrai dire. Quand d’autres me diraient je t’aime, il me dit “j’ai du goût pour vous”. Et alors, j’ai la chance d’apprendre à vivre.

So i keep taking care. But if you can’t understand, i am not going to die. I’ll merely… let it go.

See you my dear.

Parapluie.

PS : je pensais à mes anciens amants. La fausse bonne idée fut de croire les aimer. Il me le rendirent bien.

La viande, partout.

In Non classé on septembre 17, 2007 at 6:16
A Combs La Ville,
Le lundi 17 Septembre 2007.

Cher Cristof,

J’eusse assez aimé que le garçon à moto me draguât différemment.
Imparfait du subjonctif mis à part, et qui d’ailleurs me hante depuis la discussion d’hier, je fus ce matin l’acteur d’une scène assez formidable. Et parisienne, puisse-t’il en être autrement ?

Je cherchais ma voiture, garée dans le Vème arrondissement. A un feu piéton rouge, un garçon en moto me frôla, et nos regards. Un beau garçon, je pense. Il rangeai sa moto derrière moi pendant que je patientais, et m’interpella : “Eh ! Dis moi, j’peux te poser une question ?”
Je me retournai et me rapprochai. Il expliqua : “Dis, j’ai une question hyper indiscrète à te poser. Prends-le pas mal, mais… T’es gay ?”
Suite à ma réponse affirmative, il me questionne ardemment :
” -Et tu fais quoi dans la vie ?
- Prof de physique.
-Ah ! C’est bien ça ! Et t’es de Paris ?
- Non, je suis prof en banlieue…
- Ah OK… Et tu faisais quoi sur Paris ?
- Hier j’étais au concert de Brigitte Fontaine.
- Seul… ?
- Euh… Non. Enfin, avec un ami.
- Ah OK. Bon, t’es pas de Paris, c’est dommage. C’est vraiment pas possible. Salut !

Et le bonhomme se détourna, retournant à ses occupations quelconque de coursier. Je m’éloignais, avant qu’il ne s’assurât que je n’avais pas mal pris son refus incompréhensible. Je lui répondai que j(avais trouvé cela amusant. Après une petite réflexion, je ne peux que rapprocher ce contact assez cavalier (ou plutôt motorisé) des relations qui naissent sur MSN. C’était pendant longtemps les messageries instantannées qui imitaient le réel. On se demandait son prénom, parfois on disait “Enchanté” et on discutait, avec bien évidemment l’arrière pensée au fond du slip. Et puis, il a fallu rentabiliser ses contacts. Dorénavant, c’est “salut, ASV? Act ou Pass ?”

Qui sait si la question de mon attitude sexuelle n’ait été posée si j’avais été parisien. Rencontrer un beau garçon, qui n’en n’a pas rêvé ? Qu’il s’arrête et engage de lui-même la conversation… Miam ! Mais un tel manque de correction se chargea de revoir mon jugement : ce fut amusant, mon ami, mais vous êtes détestable.

Bref. Le concert de la vieille était loufoque et absurde. Le personnage de Brigitte Fontaine, dans sa robe de corbeau, me plaît, finalement. Quel plaisir ce fut que d’assister à un tel spectacle sans en connaître l’artiste ! C’est comme aller au cinéma voir un film dont personne n’a parlé. Je n’avais pas un souvenir très net de ce qu’était Brigitte Fontaine, de son absurdité, de son amour des beaux mots.
J’ai passé une soirée formidable et très fluviale, même si la péniche La Balle au Bond ne se prête guère aux performances acoustiques de la vieille dame.

Au plaisir.

Parapluie

Sandrine Bonnaire aime sa soeur.

In Non classé on septembre 14, 2007 at 9:08

Le Vendredi 14 Septembre,
A Saint Léger des Vignes.

Cher Jeremie,

A deux doigts de m’indigner. Je viens de rentrer de Combs, et redécouvre la joie de la télévision en l’antre familière.

Celui qui alluma France Inter cette semaine sait que la Sandrine nationale – celle qui fait des films avec des gens tristes dedans et même que ça se finit mal à la fin, ou ça se finit pas, du genre Charles-Rémy ouvre la porte, et là le facteur passe, le sourire aux lèvres puis Générique de fin – Sandrine Bonnaire donc, dont je parlais avant la plus infâme des appositions de toutes nos correspondances réunies, a réalisé un téléfilm sur sa soeur autiste.
Tu le sais bien, je fais partie de ces gens branchés sur France Inter (je travaille pour l’Education Nationale, ce n’est pas pour rien). Alors quand je suis rentré ce soir et ai trouvé la mater larmoyante devant la déconfite Sandrine, cela me fendit le coeur. Puis j’entr’apreçus Mireille Dumas, et fus rassuré : elle lui demande si, selon elle, l’état de sa sœur est due à sa maladie ou à son enfermement en HP.
Cette pauvre dame, celle avec la sœur autiste (pas celle avec la même coiffure que Polnaref), lui répondit sans hésiter que ce sont les médicaments qui, plutôt que de canaliser la violence que l’autisme avait figé en sa sœur, l’avaient piégé dans le jeu des effets secondaires. Que si celle-ci n’avait plus conscience de son corps, c’était entièrement à cause des médicament qui se finissent en -ique qui, selon Docteur ès psycho, Sandrine Bobo, lui faisait passer sa tension de 12 à 8.
Du larmoyant à souhait. Cela me faisait penser à ces premiers physiciens, du temps d’Aristote, qui faisaient de la physique avec le cerveau plutôt qu’avec les mains. Selon eux, les choses fonctionnaient selon le sens commun. Ils ne pouvaient considérer qu’un phénomène dérogent à ce sacré sens commun. Pour exemple, les objets tombent tout simplement parce que toute chose tend à retourner d’où elle vient.
Sandrine s’affaira en direct à réaliser une jolie masturbation du sens commun. La ménagère de moins de cinquante ans, remuée par l’heure de reportage qui précédait, ne pouvait qu’adhérer à la thèse conspiratrice : les psys s’amusent à enfermer les dingues en HP pour les gonfler de médocs à s’en taper contre les murs.
Un psychiâtre était sur le plateau, représentant tout un corps de métier hyper-qualifié et diplômé, mais personne pour l’entendre. Les arguments scientifiques sont de piètres contrepoids face au levier des consciences bien pensantes.

Parce que c’est tellement mieux de se faire pisser les yeux devant une malade que c’est même notre faute si elle comme ça. Plutôt que d’imaginer que si ces gens sont “enfermés” dans des HP (qui ont le mérite d’exister, malgré parfois leurs allures carcérales), c’est que comme nos vieux dans les hospices, personne n’est à la hauteur de leur regard de personnes différentes.

Tu me rétorquerais que je n’ai pas vu le reportage. On y voit certainement Sandrine faire des mamours à soeurette qui, si le moment est bien choisi, bâve un peu. Je crois que la dernière image du reportage, qui a été rediffusée, résume toute l’horreur de la situation médiatique et aculturé de la société. On y voit une fille malade, qui, tout en regardant des images d’elle plus jeune en maillot de bain, pleure. Elle précise alors “Je pleure de joie”. C’était sans compter sur Mme Dumas de rétorquer que certainement ces larmes étaient l’expression d’une intense tristesse. Une autiste qui pleure de joie, ça n’existe pas, en tout cas dans les émissions de Dumas.

Le jour où mes chers concitoyens assumeront leur intelligence, apprenant que le bon sens n’est pas philosophique, que le sens commun n’est pas la voie de la raison, alors peut être laissera-t’on les malades se faire soigner, et les régimes spéciaux de retraite se réformer.

D’ici là, il y a dimanche, et Brigitte Fontaine à la Balle au Bond.

A dans deux jours, donc.

Parapluie.

Dans les cartons, la bêtise.

In Non classé on juillet 31, 2007 at 1:49
Le Mardi 31 juillet de 2007,
A Saint Léger des Vignes.

Cher D.,

Les cartons, les cartons, les cartons. Partout, ils s’empilent, j’en vide pour en remplir d’autres de façon plus ordonnée et logique. Parfois je remonte à l’étage pour mettre en vente un truc sur priceminister (mon vieux lecteur CD, mon vieux casque sans fil, des CD sans intérêt…).

Et puis parfois, je retrouve des choses qui me font (re)bondir. La semaine dernière, c’était l’émission “On ne peut pas plaire à tout le monde” de Marc-Olivier Fogiel consacrée à Brigitte Bardot qui m’avait occupé le reste de la soirée. J’avais mis ça dans le vieux magnétosocope qui lit même pas les mp3, et j’étais resté scotché. Comme la première fois, l’envie de vomir sur cette pseudo-icône. J’ai été voir sur YouTube, la vidéo n’est pas disponible. Je la ripperai pour vous montrer, si vous ne la connaissez pas déjà. Sinon, il existe un retranscription écrite.

Et aujourd’hui, je suis tombé sur ce vieux bouquin d’Aldous Huxley, Retour au Meilleur des Mondes. Avez-vous lu Le Meilleur des Mondes (A brave new world) ? C’est le très bon livre d’anticipation, écrit en 1931. Le génie de l’auteur lui fait décrire une société fondée sur l’eugénisme, dont les dirigeants (les “alphas”) sélectionnent leur progénitures par une sorte de manipulation biologique. C’est de la génétique avant l’heure. Une telle capacité d’anticipation oblige au respect.
Il y a quelques années j’avais découvert qu’il avait écrit un autre truc sur le sujet. Non pas une “suite” mais un essai où il donne son avis sur tout et sur rien. Genre je me la pète, j’ai écrit Le Meilleur des Mondes en trois mois, et matez ça : la philosophie de bistrot, je gère tout autant ! Car on est dans un vrai bistrot, et pas des mieux famés. Ca se dispute sur de la science à deux francs et et ca dit avoir de la raison mais sans cervelle. Il y a des choses sur le futur parce qu’il croyait réitérer l’exploit de son chef d’oeuvre. Seulement il se plante d’un façon lamentable. Et bête. C’en est presque incompréhensible qu’un tel être puisse fournir deux oeuvres que tout oppose.

A l’époque, j’avais corné une page, pour me souvenir de déconseiller ce livre. Je vous livre l’extrait en fin de lettre. Quoique… J’ai toujours un peu de mal à déconseiller les choses. C’est pour cela que ce bouqin, je ne vais pas le vendre. Je veux le garder, en souvenir de Mr Huxley, dont la bêtise sait rayonner dans mon étagère sur les Camus, les Gide et les Beckett. Tenez, mon cher D., un extrait de Paludes d’André Gide, l’un de mes auteurs favoris (homosexuel, cela pourrait combler votre culture gay-friendly) que j’ai retrouvé sous le caca littéraire d’Huxley :

Martin et moi nous échangeâmes nos feuilles, tandis qu’Alexandre attendait.
Sur ma feuille on lisait :
Etre aveugle pour se croire heureux. Croire qu’on y voir clair pour ne pas cherche à y voir puisque : L’on ne peut se voir que malheureux.

Sur sa feuille on lisait
Etre heureux de sa cécité. Croire qu’on y voir clair pour ne pas cherche à y voir puisque : L’on ne peut être que malheureux de se voir.


André Gide, Paludes

Je vous laisse ruminer. Même si je ne vous connais pour l’instant que “de vue”, je prend un plaisir infini à me prendre pour des lunettes.

Au petit bonheur.

Parapluie

Dans cette seconde moitié du vingtième siècle, nous n’intervenons pas scientifiquement dans notre reproduction, mais à notre manière anarchique et chaotique, nous ne sommes pas seulement en train de surpeupler notre planète, nous avons l’air de faire en sorte que ces êtres sans cesse plus nombreux soient d’une qualité biologique inférieure. Au mauvais vieux temps, les enfants souffrent de vices héréditaires graves ou même bénins survivaient rarement; aujourd’hui, grâce à l’hygiène, à la pharmaceutique et à la conscience moderne, la plupart de ces diminués atteignent la maturité et propagent leur espèce. Dans les conditions actuelles, tout progrès de la médecine tendra à être contrebalancé par un accroissement correspondant des chances de survie d’individus affligés de quelque insuffisance génétique. Malgré les nouvelles drogues-miracles et des traitements plus efficaces (on peut même dire en certain sens, grâce à eux) la santé physique de la masse ne s’améliorera pas, au contraire, et un déclin de l’intelligence moyenne pourrait bien accompagner cette détérioration.
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes