Parapluie

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En attendant Godot, à l’Athénée.

In Uncategorized on mars 6, 2009 at 12:43

J’ai lu le théâtre de Beckett avant l’avoir vu. Je me rappelle, la première fois, j’étais en première. M. Uribe nous avait montré une version avec Rufus dans le rôle de Vladimir, je crois.

Je n’avais pas compris que  Vladimir était incontinent. Je ne faisais que peu la différence entre Vladimir et Estragon. Lequel des deux était handicapé social. Je ne savais pas.

La mise en scène est une lecture. Les bonnes mises en scène sont celles des bons lecteurs. Je dois avouer que, sorti de celle-ci, je crois avoir compris tout  “En attendant Godot”. Toutes les répliques qui me semblaient absconses, que je n’avais su lire, lui, Bernard Levy, le garçon qui boite un peu et qui est venu salué avec ses comédiens pour cette première, nous la fait lire. Comme il faut lire Beckett.

En commençant par les mots. En terminant par Rideau.

Exceptionnel.

Au théâtre Louis-Jouvet, 24€, dans la corbeille.

Le Dépeupleur, de Samuel Beckett, au Théâtre de la Colline.

In Uncategorized on décembre 17, 2008 at 11:54

Comment mettre en scène ce tube littéraire de Beckett, en forme de pied de nez à tout ceux qui disent son oeuvre incompréhensible ?

Le ton choisi par le comédien, Michel Didym, est celui d’un monsieur Loyal essoufflé, au ton sarcastique et impérieux. Le ton questionne le spectateur : est-il le bon, le ton, le ton est-il bon, comme lire l’indicible que S.B. s’est acharné à écrire ?

Je me la suis posée, quelques minutes, et je suis rentré dans le jeu. Du comédien. Je ne sais pas si j’ai aimé, j’ai redécouvert ce texte, c’est sûr. Pour le reste, subsistent quelques doutes.

13 €, au Théâtre de la Colline (XX)


Fin de partie, au Théâtre de l’atelier.

In Uncategorized on décembre 3, 2008 at 1:13

Fin de partie.Je suis incapable de dire ce qui m’a manqué dans cette proposition. Tout y était, me semble-t-il, cette mise en abîme affreuse, les grandparents dans les poubelles, les deux petites lucarnes. L’absurde.

Etaient-ce ces deux vieux aussi âgés que leur jeu ? Les silences trop poussés, trop en quête de sens, ou le jeu bizarre de Berling ? Je ne sais pas. J’en saurai plus dans dix ans, quand j’en aurai plus lus et vues.

Quelques moments intenses. Le texte est pas mal, dira-t-on.

Fin de partie, de Samuel Beckett, au Théâtre de l’Atelier. 10 € pour les moins de 26 ans (se présenter à 20h, c’est à dire une heure avant le début du spectacle)

Shampoing aux oeufs.

In Uncategorized on septembre 8, 2008 at 10:24

On fabrique bien des shampoings aux oeufs. L’idée m’a traversé l’esprit, fait-on du gel douche au lard ? Autre chose, mais décidément liée aux tensio-actifs qu’on dirait comestibles, si je mets un peu de mon shampoing premier prix au fond d’une poelle, est-ce que mon petit déjeuner devient anglais ?

Malone meurt. C’est le deuxième tome de la “trilogie” romanesque de Beckett. J’a rencontré Beckett dans ” ineffant”. Un mot que je ne connais pas, qui n’est dans aucun dictionnaire, et qui ne possède q’une seule référence dans google : l’extrait de Malone meurt qui le contient.

J’ai donc trouvé un mot qui n’existe pas dans Beckett. Je refuse d’entendre les voix qui diront “Oh, mais des néologismes, il y en a à la pelle”. Je sais, je ne sais pas, je m’en moque, les néologismes ont beau se ramasser à la pelle, je choisis cet “ineffant” comme lien particulier avec l’auteur mort. F. A. disait qu’elle avait rencontré M. Duras dans les virgules. J’ai rencontré Beckett dans son sommeil ineffant.

J’essayai par la suite, pendant un certain temps, de me dégoter une âme soeur parmi les races inférieures, rouges, jaunes, chocolat, etc. Et si les pestiférés avaient été d’un accès moins malaisé je me serais faufilé parmi eux, roulant les yeux, réprimant des gestes, ébauchant des rictus, ineffant et conatant, le coeur battant.

Samuel Beckett, in Malone meurt.

Je crois que Beckett est un des auteurs, avec quelques-uns de sa génération (Artaud, Duras), qui réussit à approcher, à force de mots, au bord des limites du dicible. Après, ce n’est plus de la littérature.La suite se trouve chez les  Bram Van Velde, pour lesquels Beckett avait une grande admiration.

 

Peut-être, â, l’adverbe, peut-être, après ça, pour en finir encore, les mots se délient, s’enlisent en tâches boueuses, des limbes verbales. Combien des personnages de Beckett sont des handicapés, des manchots, des cul-de-jattes, des gens enfermés dans des poubelles, pris dans la boue, alités à jamais ? Je pense même au caillou dans la godasse d’Estragon. Quand tout finit, il reste une zone de liberté, un battement suffisant, un sac à main, un baton, une bicyclette, un Godot providentiel, qui fait qu’on vit et qu’on finit pas, et qu’on écrit qu’on n’en finit pas.

Plus possible qu’à l’état de chimère. Plus tenable. Elle et le reste. Plus qu’à fermer l’oeil une fois pour toutes et la voir. Elle et le reste. Le fermer tout de bon et la voir à mort. Sans éclipses. Au cabanon. Par la caillase. Dans les champs. Dans la brume. Devant la tombe. Et retour. Et le reste. Une fois pour toutes. Tout. A mort. En être délivré. Passer à la suite. A la chimère suivante. Ce sale oeil de chair le fermer tout de bon. Qu’est-ce qui empêche ? Attention.

S. Beckett, in Mal vu mal dit.

J’ai fini Molloy.

In Culturization on août 24, 2008 at 10:25

Est-ce à dire que je suis plus libre maintenant ? Je ne sais pas. J’apprendrai. Alors je rentrai dans la maison, et j’écrivis. Il est minuit. La pluie fouette les vitres. Il n’était pas minuit. Il ne pleuvait pas.

1947

J’ai fini Molloy et j’ai envie de pleurer. Il y a un parapluie dans Molloy, un qui justifie l’attente de celui en dessous. Quelqu’un arrive et l’autre fuit. Cette sympathie pour les parapluies. Je n’y croirais pas si j’en avais seulement, un peu, de sympathie, pour qui que ce soit, ma mère peut-être, qui m’envoya en début de soirée un SMS qui disait “drôle d’été, cet été 2008, tu ne trouves pas?”. Mais je n’éprouve pas de sympathie.

Et si j’étais capable de pleurer depuis la dernière fois qu’il est mort, alors oui, j’aurais pleuré.

C’est bien, Beckett.

Le reste est ludique. Ca vend du papier.

Il faut apprendre à se taire.

Extrait de Molloy, de Samuel Beckett.

In Culturization on août 21, 2008 at 10:47

Et chaque fois que je dis, Je me disais telle ou telle chose, ou que je parle d’une voix interne me disant, Molloy, et puis une belle phrase plus ou moins claire et simple, ou que je me trouve dans l’obligation de prêter aux tiers des paroles intelligibles, ou qu’à l’intention d’autrui il sort de ma propre bouche des sons articulés à peu près convenablement, je ne fais que me plier aux exigences d’une convention qui veut qu’on mente ou qu’on se taise.

C’est bien, Beckett.

Fragments, de Samuel Beckett,, mis en scène par P. Brook

In Non classé on avril 23, 2008 at 11:18

Cher Jérémy,

Je voulais voir ce que cela faisais de mettre en titre une de ses sorties culturelles, histoire de faire mousser, pleurer ou bander la petite vingtaine de pédé-lecteurs qui choient sur ce blog. C’est pas beau d’être jaloux !
Vois, par exemple, le stoïcisme avec lequel il me faut lire les quelques épisodes de la vie miaulante du plus célèbre des bloggeurs, quand monsieur raconte un jour ses sorties théâtre à la Comédie Française ou ses concerts par l’orchestre philharmonique viennois (comme le café, ça doit être gage de qualité !)

FUCK YOU !

Matoo n’est pas le seul pédé qui fasse des sorties super cultivisantes et intéressantes, de ces soirées dont on fait des articles que personne ne lit ! Moi, par exemple, ses articles, et bien je les évite. Oui, je lis le titre, et au fond de moi, je me dis “Oh mon beau salaud…”. DEpuis cette fois où j’ai appris qu’il avait été invité au concert de Chris Garneau, et bien, je fuis ce genre d’articles.

Bref. Beckett. Bouffes du Nord.
Si l’on fait abstraction du de la propension des sièges à 12 euros d’être situés derrière un mur ou un poteau, c’était très bien. Vraiment, chouette, les gens jouaient bien, le texte était connu par coeur, et tout le monde a applaudi à la fin. Peter Brook est un bon metteur en scène.
Ah !

Tu vois !

Moi aussi, je sais critiquer le théâtre parisien ! Fuck you (à prononcer à la façon Brian Kiney) !

A plus tard, et vive Samuel.

Parapluie

PS : Il y avait cette comédienne, une sorte de Jeanne Moreau en jeune et en vivante. Exceptionnelle.

Les derniers fumoirs

In Non classé on janvier 14, 2008 at 11:28
A Combs La Ville,
Le Lundi 14 Janvier 2007.

Cher,

Week-end parisien. Je suis fatigué. Beaucoup de sexe, peu d’alcool, The Rocky Horror Picture Show, de la vapeur et des rollers.
A vrai dire, les rollers ne sont pas son truc. Deux cents mètres en 1h30, c’était assez fastidieux. Rollers, je vous garde en souvenir.

Ah ! Lire Duras et Beckett sur une terrasse dans le Marais, mater ceux qui te matent. Ah.

C’est souvent.

Pour fumer à Paris, dans des lieux habités, c’est le choc thermique : la terrasse en plein hiver ou le hammam masculin.

Allez, au collège !

Parapluie.