
premier contact
je pars souvent dans des pays avec un i grec mal placé. Reykjavik, par exemple, dont l’orthographe fut un vrai calvaire.
je pars en Malaisie, en décembre prochain. Il n’y a pas de i grec en français.
premier contact aujourd’hui avec le pays, à travers 2 sites de rencontre pédée (gayromeo et couchsurfing)
me suis créé un profil spécial voyageur ; c’est hallucinant le nombre de contacts reçus. je pense pouvoir m’amuser là bas, même si l’idée de partir seul aussi loin m’angoisse terriblement.
Que représenté-je pour ceux là qui me voient tout blanc et débarquant dans leur pays ? Un garçon actif, musclé, et certainement muni d’un grand pénis.
j’aimerais ne pas être angoissé, faire partie de ces globe trotters – quelle horreur – qui font tel ou tel pays, en parlent à leur collègues au retour, en disant “moi, cet hiver, j’ai fait l’Asie”.
Quand on a sillonné toutes les mers, on n’a fait que sillonner sa propre monotonie. J’ai déjà sillonné plus de mers qu’il n’en existe au monde, j’ai vu plus de montagnes qu’il n’y en a sur terre. [...] Si je voyageais, je ne trouverais que la pâle copie de ce que j’ai déjà vu sans jamais voyager.
in Le livre de l’intranquillité, de Fernando Pessoa
je n’arrive pas à ” faire l’Asie “.
Je me fais pas mal d’Asiatiques, tout au plus. Le sexe est pour moi, vecteur social – il m’emmène vers l’autre. Il manquait le sexe lors de mon voyage à Londres. Je n’avais parlé à personne pendant huit jours. je me rappelle avoir été, à cette époque, épris d’un Croate.
Ne pas oublier que ce pays est musulman. Ne pas oublier qu’on pourrait se faire arrêter – moi et mon zizi – parce que j’ai été dans des fesses avec lui. C’est très triste.
Je parle rarement de sexe ici. J’en parlais beaucoup plus avant ; que se passerait-il si les gens du monde réel lisait ça ? Je crois que je suis assez vieux.
Bref, je me dis qu’il faut retrouver l’esprit libre que j’avais au tout début, quand je n’étais pas connu sur FB. Quand je ne nageais pas dans un club gay. Quand je n’avais pas vendu mon corps pour un lave-vaisselle – que j’arbore fièrement preuve de l’ascencion sociale à laquelle mon pénis m’a permis d’accéder.
Il faut de nouveau s’éparpiller, le temps que l’Homme de ma vie daigne remontrer le bout de son mini-zizi. Oui je parle de toi Sherman.
