
L’amour fou, de Pierre Thorreton.
By: Parapluie
Tags:cinéma, l'amour fou, pierre bergé, pierre thorreton, yves saint laurent
Catégorie: Culturization, Haïkuciné
J’ai pu assister grâce à une invitation du magazine TETU à l’avant-première, au cinéma L’Arlequin (Paris VI), de L’amour fou, réalisé par Pierre Thorreton.
Je pense que ce film est raté, mais présente l’intérêt de rentrer dans la psychologie d’un homme de pouvoir et d’argent, Pierre Bergé, un homme de talent et amoureux d’un génie. Il était d’ailleurs présent à la fin du film pour répondre à quelques questions.
L’amour soi-disant fou présenté n’est pas celui entre Pierre et Yves, mais plutôt l’amour que tous d’eux portaient à l’art. Comme un fil rouge, les plans sur le démantèlement de leur collection et de sa mise en vente sont nombreux, appellent à une certaine mélancolie, mais n’arrivent pas à tirer la larme de l’oeil (malgré les appels du piano).
Je n’arrive pas à voir autre chose qu’un vieux monsieur qui revend des oeuvres pour s’en mettre pleins les poches. Et je crois que ce doux cynisme de la vente aux enchères n’apparaît pas, ou si peu dans le film. Sauf une scène, formidable, ou un fauteuil de créateur s’arrache à une vingtaine de millions d’euros, et l’on voit Pierre Bergé, comme un enfant qui découvre un cadeau un jour où ça n’est ni Noël, ni son anniversaire, qui applaudit…
Le film est autocentré sur Yves Saint Laurent et sur cette vente aux enchères, sans jamais évoquer les autres créateurs qui ont fait la mode à cette époque. Jamais un autre nom n’est prononcé, si ce n’est celui de Dior, le maître d’Yves.
Une pseudo-poésie de comptoir, à la française, faite de plans fixes sur Pierre Bergé seul dans la salle des ventes (au Grand Palais), ou de Pierre Bergé seul au bord de la mer, bref, Pierre Bergé seul et qu’on imagine mélancolique (même s’il se défend ardemment de toute nostalgie… j’en doute), avec la musique lancinante qui va bien.
L’artiste n’est pas Pierre (Bergé), mais Pierre Thorreton, celui-ci se faisant manger par le thème consensuel de son film. Il eût été mal venu d’évoquer des aspirations cynique (de la part du monde l’art) dans une oeuvre qui traite de la mort d’un génie, surtout quand devant la caméra, on recueille les confessions de son amant.
L’argent ne fait pas le talent, l’envie ne fait pas le génie. Et ce film est raté. Le nombre de photos utilisées dans ce film fait d’ailleurs penser à un diaporama Windows, un beau diaporama. Mais pas du cinéma.
