
Oncle Boonmee, de Apichatpong Weerasethakul
Palmé en or, le mérite-t-il ? Difficile d’échapper à la question. J’ai tout entendu dessus, des critiques extrèmement négatives parlant d’ennui extrème (on m’a même conseillé sur twitter de prendre un guronssan), ou alors des choses très positives, sortes de critiques de bobos qui ne savaient pas trop ce qu’ils avaient vu.
Je ne sais pas trop ce que j’ai vu.
Je me rappelle d’une Palme d’or, Rosetta, j’avais envie de jeter quelque chose dans l’écran tellement je m’ennuyais. Ici le sentiment est différent. J’aime ce film, je sais que je n’ai pas la capacité culturelle et intellectuelle pour l’apprécier encore plus. Il y a dans la façon dont est filmée l’amour et le deuil quelque chose qui se rapproche de l’essence même de ces thèmes universels.
Quelque chose qui en fait une oeuvre d’art.
Et puis, j’aime quand un film nous montre des choses jamais vues. Je n’avais jamais vu un moine bouddhiste prendre une douche, je n’avais jamais vu un moine bouddhiste checker son téléphone pour y lire l’heure, je n’avais jamais vu un poisson-chat faire l’amour à une princesse qui ne veut pas vieillir.
Décrire ces quelques souvenirs et je repars ailleurs, dans les mots de lumière, celle de la lampe du projcteur, dans l’orthographe infernale du réalisateur, dans son monde que personne ici ne comprendra.
J’ai les yeux ouverts mais je ne vois rien.
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