Mardi matin, un monsieur de la police m’amène une convocation judiciaire. Ca fait bizarre de recevoir ce papier, cacheté en deux fois “Police Judiciaire”. Le motif est abscons : Audition dans une affaire vous concernant. J’eus été très surpris qu’on me convoquât pour une affaire ne me concernant pas.
Je téléphone une fois, me demandant quelle chose que je ne me reproche cette police-là me reproche. Le premier monsieur à képi (ou à casquette, oui, les policiers français ont des casquettes) me répond qu’ils ne donnent pas les motifs par téléphone. Dommage, remarquez, ils ont manqué une occasion de le donner par écrit.
Je me renseigne sur internet, je découvre ce que je pensais : le droit européen interdit ce que la police française se permet : convoquer les citoyens sans motif. Je téléphone de nouveau, même réponse, j’indique que j’ai contacté un avocat. Deux secondes plus tard, j’ai mon motif. Le policier en profite pour me dire qu’il en envoie des centaines des comme ça, et que si tout le monde téléphonait, ce serait une perte de temps, et que si c’était grave, ils seraient venus me chercher, et qu’ils avaient jamais mangé personne. Je dis que sur la centaine de cons convoqués et qui se taisent, il y en a un, moi en l’occurrence, qui fait jouer ses droits.
Nous raccrochions, cordialement. L’audition est toute aussi cordiale, une histoire d’assurance qui ne fait pas son travail. En arrivant, cependant, il me dit :
Ah, oui, c’est vous qui avez appelé pour cette histoire de pseudo-droit. Vous savez, on n’indique jamais les motifs.
