je regarde les gens dans ce métro et aucun ne me paraît beau. ils ont tous plus de vingt-cinq ans. j’ai pas envie de vieillir. je me dis, j’ai eu un quart de siècle hier, et c’est peut-être trop tôt pour penser au suicide.
Je ne veux pas vieillir. Je prends des photos devant le miroir, comme pour me souvenir, dire dans dix ans, à l’imparfait, ma jeunesse. Je m’achète des crèmes qui font le teint juvénile, et du noir pour les yeux. Discrètement, je dis adieu à l’enfance et plonge dans la vieillesse.
Mais mon dieu, ne me fais pas adulte, ne me fais pas ridé.
Ce matin, j’ai vu deux fleuves, asséchés, comme ceux qu’on voit sur Mars, qui suivaient le tracé de mes yeux. Peut-être sont-ce des considérations de jeune demoiselle, oh non, savoir rester jeune, c’est le moteur du monde. De la sexualité. Sans jeunesse, plus de désir, que du sexe et des fluides.
J’ai pas envie de vieillir.
Tout cette réflexion de bas étage à cause du ipod que je lui ai volé, et qui contenait du Lynda Lemay.


Hum. Tu as une chance et une malchance: une chance, de te rendre compte à quel point la jeunesse est une grâce, une malchance, c’est de ne pouvoir imaginer de vieillir comme une liberté (C’en est une, au moins pour moi (pour l’instant, du moins. Mais c’est toujours ça de pris.))