Mon ami infundibuliforme ne dit jamais le mot “nana”. Ce mot vulgaire m’est propre, je dis toujours “il y a une nana qui…”.
Pourtant, j’ai le souvenir qu’il prononça un jour :
Il y a une nana qui a retranscrit tous les cours de Compagnon, au Collège de France.
Bien-sûr, aucune idée de qui était ce garçon, au nom charmant. Quelques évocations supplémentaires ont suffi à me faire atterrir sur le blog de Véhesse, pseudonyme dont je perçais le secret un peu plus tard. Et puis un jour, ce garçon qui partage ma vie m’indiqua :
Tu sais, la nana qui tape les cours de Compagnon… Elle a un autre blog ! Et Matoo la connaît ! C’est dingue.
Oui, c’est dingue, d’autant plus que je suis lecteur assidu de ce consommateur (qui m’est toujours anonyme, malgré mon déménagement parisien) de cataire, et il suffit d’un jour où l’on évoquait Alice pour qu’un lien vers son Alice du fromage apparaisse chez l’herbivore. L’infundibuliforme ami poursuivait, lui, dans ce culte d’Alice/Véhesse, la nana qui dit ça, la nana qui a lu Renaud Camus (toutes les notes que j’évite sur le blog Véhesse), la nana qui n’achète des beaux livres, la nana qui elle a des étagères pour ranger ses livres de poche. Pour asseoir ce culte, qui irrémédiablement se terminerait par la rencontre de l’Alice en chair et en bas blancs, nous allions jusqu’à sortir du cinquième arrondissement pour nous rendre en banlieue et visiter cette librairie à côté du Louvre qui ferma récemment ses rayonnages. Alice, ou Véhesse – je ne retrouve pas la note – , avait indiqué qu’elle la dévalisait régulièrement.
Voici comment j’ai connu Alice, et comment, inconnue, elle partagea et partage encore nos vies, nos discussions, et il faut l’avouer, quelques joies quand, dans les marges de nos blogs respectifs, son avatar bigarré apparaît.


Alice_ c’est ma copine à meuaaaah !
Jamais n’ai voisé “nana” ! Le décorum est quant à lui avalisé. Mais rien que trois Pater et deux Ave ne puissent absoudre. Alice, merci et pardon.
Et un joyeux non-anniversaire à tous, évidemment !
Le petit monde fermé des bloggeurs parisiens….
et je rajouterais “parfaitement détestables”.
C’est exactement l’objet du blog, et le statut de son auteur.
Détestable.
Ben dis donc! Comme dirait Dumbledore, «heureusement qu’il fait noir, je n’ai jamais autant rougi depuis le jour où Mme Pomfraiche a admiré mes cache-oreilles!»
(Ne pas écouter M., il est tellement jaloux qu’il a préféré fermer son blog.)
Salut Alice,
J’ai pas vraiment fermé mon blog, alors de là à dire que je suis jaloux… Je suis jaloux de ne pas te connaître mieux, ça je l’avoue….
Oups, excuse-moi, c’est ta signature qui m’a trompée, je t’ai pris pour melismes (cf twitter: http://twitter.com/melismes).
Cette fois-ci, en voyant ta réponse, j’ai cliqué sur ton nom …