Dans la matinée du 28 janvier, José Laboureur, professeur de technologie au collège Gilles-de-Chin de Berlaimont (Nord), avait jeté à terre les affaires de son élève de 6e, avant de le plaquer contre un mur. Le garçon avait alors traité de “connard” le professeur, qui l’avait giflé et à nouveau plaqué contre un mur. Après une plainte du père de l’adolescent, gendarme, l’enseignant avait été interpellé à son domicile et placé en garde à vue pendant 24 heures. Au cours de son audition, il avait reconnu et regretté les faits, et admis une “dépendance” à l’alcool. L’affaire avait suscité l’émoi dans le corps enseignant. Poursuivi pour “violences aggravées sur mineur”, José Laboureur encourait cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le parquet avait requis une amende de 800 euros à son encontre.
J’ai lu ça sur lemonde.fr.
J’ai eu dix ans. J’ai traité de connard la personne qui me plaquait au mur, qui me plaquait la tête au sol.
J’ai lu les commentaires, sous l’article. J’ai quelques nausées.
Bravo, à la rentrée tous les élèves de france et de navarre pourront enfin insulter leurs profs à volonté et en toute impunité, il était temps! j’espère que le père de cet élève martyre va bientôt avoir une promotion et qu’on élèvera une statue à ce pauvre enfant pour les souffrances qu’il à enduré… La justice française est une HONTE!
Un bon prof,ca devrait etre ca!Il devrait avoir la passion d’enseigner!
(…) je suis un papi adore par ses deux petits enfants mais il m’arrive de donner une claque quand ils manquent de respect et nous n’en faisons pas une affaire!
Je suis “soixante-huitard” et d’extrême gauche; quand j’étais gosse et que mon prof ou mon instit me flanquait une gifle ou un coup de pied dans le c.., mon père en faisait autant. je trouvais ça normal et je continue à le penser. l’autorité des enseignants loit être acceptée et non discutée.
Sont invoquées des questions de respect mutuel, des questions d’autorité à assouvir, des choses aussi sur la société et son déclin. Sombre décadence que celle d’une société dont la renommée s’est notamment construite sur du papier, paraphé par des Lumières au sujet de Certains Droits de l’homme. Que le coupable ait été alcoolique, que l’assaillant adulte fasse cinq fois le poids de sa victime, qu’il y ait, en plus, une relation hiérarchique entre les deux reconnue par la majorité de l’assemblée témoin de la scène, tout ceci se retrouve sous le tapis tissé d’airain du sens commun.
J’use de cette logique quand je coupe une ligne blanche parce que la route est désespéremnt vide. Pourtant, je paye mes 90 euros d’amende, en bronchant un peu. Mais c’est la loi. Malgré le fait que je sois stressé par les autres usagers de la route, pas de clémence.
De la même manière, si ce professeur avait frappé non l’enfant, mais le parent, qui plus est, gendarme, l’issue aurait-elle été la même ? Allons, les professeurs sont des gens tout autant stressés par la hiérarchie parentale, d’une attitude ô combien présomptueuse vis-à-vis de l’éducation de leur enfants, que par la progéniture qui finalement, ne reproduit que discours entendus au foyer.
Mais comme on dit dans les cour de récré, dans les tribunal et dans le PMU du coin de la rue : une bonne baffe n’a jamais fait de mal à personne. Parlez-en à mon psy, mes pauvres gens !
Trop c’est trop! Déjà qu’on ne pouvait plus battre sa femme sans risquer le tribunal, que les flics ne peuvent plus cogner sans risquer des emmerdements, que les adjudants ne peuvent plus brimer les bidasses, voilà que les profs ne peuvent plus mettre de torgnoles aux sales gamins qu’ils s’évertuent à éduquer. Ah la tendre violence des familles! Ah la douce violence des écoles! On ne peut repenser qu’avec nostalgie à tous les coups qu’on a reçus étant gosse. Si on ne peut plus cogner, merdre!

Salut Parapluie,
Voilà, après l’épilation, un autre sujet sur lequel je ne partage pas vraiment ton point de vue.
Il est certain que la réaction du professeur n’est pas du tout professionnelle*… mais de là à entrainer un procès !!! J’estime qu’une procédure interne aurait largement suffi et que, surtout, il n’y avait pas lieu de faire un tel barnum dans la presse.
Il nous arrivera probablement de nous faire traiter de connard (peut-être même, après tout, de pédé), nous verrons alors comment nous réagirons. Sans être alcoolique, je n’exclue pas un réflexe malheureux. Je ne jetterai donc pas la première pierre.
Bises et à bientôt.
Nicolas
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* Encore que, après l’affaire du “casse toi, pauv’con”, on peut se demander ce qu’est “être éthique et responsable” pour un professeur.
Hum. Ce qui m’étonne, c’est que le récit du Monde est bien plus dramatique que ce que j’avais lu ou entendu jusqu’ici.
Jusqu’ici, on avait l’impression que l’élève avait insulté le prof alors que celui-ci lui avait fait une simple remarque. Le prof exaspéré (selon le principe de la goutte qui fait déborder le vase) lui aurait mis une gifle: geste regrettable pour un adulte censé se contrôler, mais qu’en tant que parent souvent exaspéré, je comprends.
Le récit que tu rapportes n’a pas du tout la même tonalité: réaction d’un enfant devant un geste violent de son professeur, à laquelle répond une réaction totalement disproportionnée du prof qui de toute évidence devrait se reposer ou se faire soigner… et certainement pas avoir trente élèves devant lui.
@Nicolas
Ici, point de réflexe malheureux. L’alcool n’est-il pas une circonstance aggravante dans le cas d’accident de la route ?
Bref, justice est faite. Hélas, rien n’est dit quant à sa pérennité dans ce corps de métier.