Je ne sais pas critiquer une oeuvre, et si l’idée me venait, ce serait inutile. Lis le titre. Lis le dernier chapitre. Et tu as, en cinq minutes: lu les meilleurs passages et lu la meilleure critique.
C’était un roman réaliste, très contemporain, donnant des gages insensés à la modernité, sans détour poétique ni réelle écriture – exactement ce que je n’aimais pas en littérature
indique le narrateur au sujet d’un roman dans le roman.
C’est la cynique et sinistre mise en abyme. Pour dénoncer le tabou intellectuel et journalistique autour de la religion musulmane, Florian Zeller produit un roman… qui parle d’un écrivain maniaquo-dépressif en manque de sexe qui critique de façon ouverte et souvent malheureuse la religion musulmane dans un roman intitulé “La fascination du pire”. Etrange, fascinant, magique, comme toute mise en abîme. Et surtout parfaitement insolent à l’encontre des médias qui font le “Buzz” et prêche les bonnes paroles.
La fin macabre n’est-elle pas une anticipation du fanatisme religieux grandissant ? Peut-on, en 2007, fournir un écrit de fiction dans lequel un personnage fustige la religion de Mahomet ?
Rien que pour le léger frisson que procure le livre, le cynisme et l’humour à froid délayé dans le dernier chapitre, lis-le les yeux grands ouverts. La douce impertinence de ce jeune auteur est un délice à consommer avec grâce dans ce monde asseptisé par une pensée téléchaînée.
Et puis, j’admets que les quelques extraits du Coran remettent quelques unes de mes pendules à l’heure…
Les pages que j’ai cornées :
Au début du livre, l’avertissement :
Ce livre est une fiction : la plupart de ce qui y est dit est faux ; le reste, par définition, ne l’est pas non plus.
Dans le chapitre 4
Je me suis dit que ceux qui prétendent que le Coran n’invite qu’à l’amour et que seule une certaine interpétation du texte pousse parfois au mépris des femmes et à la violence, ceux-là, me suis-je dit, n’ont tout simplement jamais lu le Coran ou ont peur de dire des choses incorrectes. DE toute façon, me suis-je encore dit, il est désormais impossible de dire quoi que ce soit à ce sujet. Seul le silence règne. J’ai quand même relu à voix haute : Admonestez celles dont vous craignez l’infidélite ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les – Coran, sourate 4, verset 34.
Dans le dernier chapitre
Sur le plateau, une femme sortie d’on ne sait où expliqua, les larmes aux yeux, que le Coran était un très beau livre et qu’elle ne comprenait pas comment on pouvait tolérer que s’ajoutent à l’horreur de la situation internationale des récits si répugnants. Dans la salle, le public l’applaudit avec enthousiasme. J’ai alors pensé à cette phrase que j’avais lue, quelques jours auparavant, dans un essai formidable : Les maudits du XIXème l’étaient par l’ombre et le silence. Ceux d’aujourd’hui le seraient-ils par la lummière et le bruit ?
Tu as donc ma réponse, moi qui suis réticent envers les best-sellers, j’ai pris un plaisir certain à lire les quelques dernières pages de ce Florian Zeller. Quant au reste, c’est ennuyant. Un livre est une promenade : un but est décidé à l’avance, mais il importe peu. L’important est le voyage intellectuel qui est proposé. Ici, les neurones restent à l’arrêt. Au mieux,on a affaire à un reportage du Monde. Au pire, des discussions de comptoir.
Parapluie.
PS : J’en suis p326 de Harry Potter and the Deathly Hallows… Vive Hermyyyoneee !

