Le Samedi 5 Mai 2007,
A Saint Léger des Vignes,
Voici le nouvel espace virtuel, soluble dans la blogosphère, où je te propose de me suivre et me lire. Tu découvres certainement par cet intermédiaire ce qu’est un blog. Tu en avais entendu parler sur TF1 ou France 2, au journal, un jour où l’actualité internationale n’était pas assez vendeuse et que le journaliste, conscient que qu’il doit vendre des lessives (disons des “recettes publicitaires”), préférait pondre un joli sujet sur le “phénomène blog”. Un reportage qui aurait l’effet de captiver au moins l’adolescent de la famille, avant que le père change de chaine pour “Plus Belle La Vie”, il crirait “Eh ! Ca m’intéresse!”.
Voici donc mon blog, ma petite maman. C’est gênant, n’est-ce pas, ce sentiment que ces mots te sont destinés mais que d’autres les liront… A vrai dire, l’histoire des Correspondances Essouflées est longue. Disons que c’est l’aboutissement d’une réflexion périlleuse sur ce phénomène Blog. J’ai, il y a quelques années maintenant, rencontré et aimé un garçon qui faisait un blog très fourni. Hélas, cette relation a perdu de se verve et de son sens avec le temps, et nous nous sommes séparés. Malgré le fait qu’il disparût de ma vie, son blog restait accessible. Sa vie, ses réflexions, les livres qu’il lisait, la musique qu’il découvrait, les gens qu’il aimait, tout, je le savais grâce au blog. Un peu comme si je recevais, à chacun de ses posts, une lettre qui ne m’était pas destinée.
C’est impudique ! Je le pensais, peut-être le pensè-je encore aujourd’hui. Néanmoins, je lisais. Je pleurais, parfois, car des mots me blessaient. Comme s’ils m’étaient vraiment destinés. J’ai eu très mal d’une façon imbécile. J’avais conscience de cette bêtise, mais ma raison très faible devant la descente masochiste et indiscrète que me proposait la consultation de ce blog.
De là est née l’envie vengeresse d’ insulter et de dénoncer ce monde entier qui m’obsédait, me repoussait. M’effrayait. J’ouvrai un blog sur u-blog, qui a duré deux semaines. Je n’avais rien à dire. J’étais vide. Ce n’était pas la bonne solution. Toute ma vie, j’ai écrit, et là je fustigeai mes démons en les étripant en public.
Ca n’a pas duré.
Un jour, j’ai créé un fichier texte sur mon ordinateur. J’ai entamé une lettre que je n’enverrais pas. Je le savais pertinemment. J’ai écrit. J’ai signé Parapluie. Je l’ai posté en un endroit incongru : un blog. De là, de sentiments pleutres et vils sont nées ces folles correspondances.
Elles ne sont pas impudiques. Contrairement à bon nombre de bloggers qui expose leur vie (Resto, voyage, petits copains), j’essaie en ce lieu (dans la continuité de celui-ci ) d’apporter une brique bénéfique à quelqu’un. Moi, souvent, le destinataire de la correspondance, rarement, un inconnu, pourquoi pas. Je suis un ajournaliste de terrain, contant des expériences qui ne résonneront dans le cerval que d’un(e) privilégié(e).
Créées à partir d’un sentiment immature et débile, j’en fis un lieu d’expiration. En anglais, on dit “Exhale”. En ce lieu d’exaltation, je traduis approximativement mais calmement des influx nerveux qui agitent mes synapses. Et qui s’échappent sous mes doigts.
Ou pas.
Parapluie.


Le vent est si doux ce soir… Juste de quoi faire décoller légèrement un parapluie de ma paume.
If happy little bluebirds
fly beyond the rainbow,
Why
Oh why
Can’t I ?
Enfin un vrai blog !
nous remplaçons nos journaux intimes par des textes aux lettres déjà dessinées pour nous. Visibles aux yeux du monde, ou planqués dans une chambre ces mots iront rarement au-delà d’un ou 2 cervals. L’effet est le même dans l’un ou l’autre des cas. Quoique…
J’aime comme tu écris; enfin “j’aime”- vraiment j’aime lire ici- j’aime comment tu vois le monde, ce que tu en dis. Comment tu m’intégres à l’intérieur, ton regard en vers/ vers moi; tout ça est important pour moi.