Quelle différence existe-t’il entre un événement et un non-événement ?
Entre quelque chose qui se passe, qui s’est passée, qui ne s’est pas passée ?
Ce week end fut lunaire : pleine dans le ciel, double dans Murakami. Livre II fini. Moins fascinant que le premier tome.
A la gare j’achetais des romans [de gare]. J’ai définitivement épuisé les livres lisibles. Je lis actuellement Eric-Emmanuel Schmitt. Je ne ressens aucun plaisir. Je poursuis ma lecture de son Concerto à la mémoire d’un ange pour découvrir ce qui fait d’une bonne histoire un mauvais roman.
Pourquoi Murakami et pas Schmitt. Et pas moi.
D’ailleurs.
Je suis enfermé dans les toilettes d’un Intercité. Je pense à Francois Hollande dont le visage a dû apparaître à la télévision. Je n’ai pas de réseau. À 20h, je traversais le train, défiant les visages, en quête d’un sourire, je ne sais pas, une émotion qui voudrait dire : je connais le nom du nouveau président. Rien. Un garçon regarde un film sur son ipad. Une fille grasse dort. Je crois qu’elle bave. Personne ne semble être au courant de l’élection.
Et cette question, quand je m’asseyais sur le trône en aluminium. La différence entre quelque chose qui se passe, et quelque chose qui ne se passe pas. Pas grand chose.
La fille grasse dort et le monsieur tape sur son iPad. Rien n’a changé.
La légèreté de la réalité m’angoisse. Et je pense à la vie que je mène. Je voulais être un super-hero, avoir un bateau et un avion. Je n’ai rien de tout ça. Si je ne bouge pas, je vais me fossiliser et dans 40 ans, je mourrai, incapable de crier, pris dans mon cercueil de normalité m.
Il faut réagir au plus vite.







